Débat au tour du livre de Yaakov Malkin 
La foi athée des juifs laïques
 au Cercle Bernard Lazare
14/11/2002

    La foi athée des juifs laïques est une réflexion  abstraite, des application, des programmes dont on peut s'inspirer.     C'est la bible des juifs humanistes. En France le mot laïque n'a pas le même sens qu'en hébreu. Pour l'auteur, le laïque, crois en l'homme créateur de Dieu, qui rêve de devenir humain.

  L'athée a sa foi, qui peut aussi impliquer un comportement, des rites et des commémorations. Les croyances des athées concernent des valeurs morales qui sont universelles.  Il n'y a pas de valeurs juives, chrétienne car les vrais valeurs sont celles de l'humanité entière.    Je crois au respect de la vie, valeur humaine avec mes habits de juif, de musulman, ou d'autre. 

Yaakov Malkin imagine un dialogue entre Hillel et Kant : 
- Hillel "Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi"
- Kant "Ton prochain ne doit pas être un moyen, mais une fin". 
     La justice sociale passe avant les rites, surtout que la légitimité de certains rites est douteuse, l'air typiquement juif du Maoz Tsous de 'Hanouca, est un air de messe allemand du XVII ième siècle !  

   
     Yaakov Malkin est né à Varsovie en 1926, militant pour un judaïsme humaniste, il dirige avec le rabbin Sherwin Wine la fédération internationale pour un judaïsme séculier et humaniste. Fédération dont Albert Memmi et Yehouda Bauer sont les présidents honoraires. Yaakov dirige aussi un centre culturel judéo-arabe à Haïfa, il s'occupe de théatre, depuis 1994 il est directeur de "Meter", instsitut du judaïsme comme culture, en 1995 il a crée la revue "Judaïsme libre". Il est auteur de fictions et d'essai. 

    Yaakov Malkin a publié un livre qui vient d'être traduit en Français par Izio Rozenman, secrétaire de l'association des juifs humanistes et laïques  et qui a été publié par Rachid Aous qui dirige les éditions El-Ouns.

La conférence était présentée par Violette Attal-Lefi, présidente de  SEM (Synergie Euro-Méditerranée) . 
    D'emblée, elle a campé le problème : en matière de laïcité, Israël a presque tout à faire, mais dans le monde arabe, on a tout à faire !   

Mais c'est  Izio Rensenman qui  nous a surtout palé de Yaakov Malkin. 

 

   

     Dans le sanhédrine, il y avait des discussions, la démocratie existait dès les temps bibliques, le pluralisme st une partie de l'humanisme qui empêche le racisme, le fascisme et autres théories totalitaires. 
     L'unité dynamique est composée de contraires qui discutent. 
La vie spirituelle est importante chez les laïques, l'unité fait mourir le groupe, elle la prive de diversité. Les récits qui expliquent les valeurs universelles peuvent être juifs. Il y a donc une approche laïque de son propre héritage religieux.

 

   C'est par ce que je pense que ce livre est un modèle que j'ai pensé que ce livre doit être écrit à l'identique en remplaçant les références juives par des références musulmanes. Je suis fier, en tant qu'Algérien d'avoir publié un livre israélien. C'est par ces paroles que Rachid Aous a commencé son intervention. 

   Je suis un militant politique Algérien, économiste de formation et ancien directeur des affaires internationales à la Banque d'Algérie. 
    Les luttes ne doivent pas être un prétexte pour faire passer des couleuvres, je me suis longuement interroger sur les causes du déclin des pays musulmans, et j'ai compris qu'il n'y aura pas de développement possible si non touche pas aux fondamentaux de la doctrine islamique.  On peut même dater le déclin de la fin du IX ième siècle, lors de la défaite de l'école rationaliste arabe, lorsqu'on a affirmé en 852 que le Coran était la parole littérale de D ieu. A partir de cette date, toute la production intellectuelle est devenue apologétique.
(Apologétique: du grecque "apologètikosapologhtikoV". Qui concerne la défense de la religion... discipline ayant pour but de défendre la religion contre les attaques dont elle est l'objet... partie de la théologie ayant pour objet d'établir, par des arguments historiques et rationnels, le fait de la révélation dont la moquée la synagogue, ou l'église est  l'organes. )  

Toutes les dispositions rétrogrades ont été légitimées, les commentaires postérieurs ont formatés les méthodes, avec l'interdit de critiquer la parole coranique, et interdisant de penser librement.

   Il n'y a pas de compromis avec la Charia. Par exemple, je n'ai pas rencontré un seul commentaire qui remette en cause l'inégalité des sexes, telle qu'elle apparaît dans cette sourate : 

"34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu'Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu'ils font de leurs bien. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l'absence de leurs époux, avec la protection d'Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !"

 

    Si D ieu donne le droit à n'importe quel taré de taper sur sa femme, s'il ne peut pas comprendre l'évolution, alors, il n'est pas D.ieu. Pour retoucher cette sourate, il faut que les intellectuels osent dire qu'il n'est pas possible que le créateur ait voulu cela. 

    Or le discours conservateur non seulement justifie les textes, mais il les aggrave, en interdisant par exemple l'alcool. Le coran dit simplement qu'il ne faut pas s'approcher d'une mosquée lorsqu'on est ivre.

  Il faut militer pour que le religieux soit séparé de l'état. Pour entrer dans le cercle vertueux du développement,  il faut avoir les moyens de critiquer. Ce n'est donc pas un hasard s'il n'existe pas d'état musulman démocratique ni développés. Pour une révolution culturelle, il faut mettre fin à ce qui bloque l'esprit critique, c'est à dire l'esprit religieux.

       Les mêmes dérives guettent le judaïsme, ne remercie-t-on pas D.ieu de ne pas nous avoir fait femme ? Spinoza n'a t-il pas été excommunié par les rabbins d'Amsterdam ? mais la chance d'Israël est d'avoir vécu 2000 ans en Diaspora, l'esprit des lumières a davantage pénétré le monde juif.

 Toutefois, il faut protéger l'espoir religieux, mais la croyance ne doit pas être une vérité absolue. 

     On peut trouver une ressemblance étonnante entre la révolution algérienne, et le sionisme. L'idée de l'indépendance Algérienne est née en 1926 en France, par des militants laïques, alors que les religieux y étaient opposés. Ils souhaitaient simplement que les musulmans ne soient pas français, afin que le droit coranique, donc leur autorité soit préservée. Ben Bella et Boumendienne, ont "ouvert les portes des écoles Coraniques avec la bénédiction du pouvoir politique illégitime" (sic). Aujourd'hui ce sont les islamistes qui se prétendent pères de l'indépendance. 

    Dans le mouvement sioniste, on a vu la même chose, les fondateurs du pays étaient souvent athées, ils se sont battus contre les rabbins de leur époque,  et aujourd'hui ce sont les religieux qui font preuve d'un nationalisme exclusif et ombrageux. En Israël, comme en Algérie, le rapport à l'identité rend la laïcité difficile.  

      Je souhaite longue vie, sécurité et bonheur à Israël, mais je n'approuve pas pour autant toutes les mesures qui se traduisent par de la douleur pour les palestiniens. 

   Nous ne sommes pas très nombreux à afficher de telles opinion, sinon, cela se saurait ! mais je suis militant politique, et je sais que ces idées correspondent à une attente très forte.  

 

      Mon combat est d'éloigner le plus possible l'Afrique du Nord du proche orient arabe. L'Egypte et le Liban se sont présentés comme représentant de la culture arabe, ils l'ont très mal transmise. En Arabie on enseigne : deux parallèles ne se rencontrent jamais, sauf par la volonté de D.ieu. En fait on ne peut pas critiquer une pensée Islamique en l'admirant

      Pour lutter contre l'islamisme, il faut oser être irrespectueux, mais nous avons aussi besoin d'un Israël plus juste, et de dirigeants démocrates qui ne se  compromettent pas avec des dictatures, comme celle de M Ben Ali en Tunisie par exemple.   

Michel Lévy


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