Le Hezbollah est il fasciste ?
 

lundi 28-aoû-06

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     Le fascisme est une forme de gouvernement mis en place par Mussolini, et dont se sont revendiqués Franco et Hitler. Si le nom date du début du XX ième siècle, des formes fascistes existaient avant, et existent toujours. Peut on rattacher le Hezbollah à cette vision du monde ?  
   

        Lorsque j'étais enseignant au Cameroun, en coopération militaire, j'ai enseigné le fascisme a des élèves de terminal, car c'était inscrit au programme. Je voulais être honnête, au point d'imaginer Mussolini au fond de la classe en train d'applaudir, et de me dire, «oui, c'est bien cela que j'ai voulu réaliser». Je n'ai pas été déçu du voyage, un élève m'a dit, «C'est comme cela que tout fonctionne au Cameroun ! » . J'ai fait le sourd...  mais je m'étais rendu compte que si le mot avait pris l'allure d'une insulte, sous une forme déguisée, le système continuait à vivre.

     Il faut comprendre que si des millions de gens se sont laissé séduire par le fascisme en Europe avant guerre, c'est par ce qu'il répondait à un besoin, qu'il apportait ou promettait un avenir meilleur, les gens n'étaient pas tous, et de loin des gens mauvais. Comme Gunter Grass, ils se sont laissé éveugler. Le fascisme est un type d'organisation, séduisant et sécurisant qui a conduit le monde à la catastrophe morale et humaine.

Le Guide, Duce, Caudillo ou Führer   

   Il est rassurant, car le fasciste trouve dans le Chef, le Guide (Führer en allemand, ou Duce en italien), un homme providentiel. Cet homme appelé chef charismatique par sa simple pensée exprime celle du peuple. Donc, toute pensée contraire à celle du chef est anti-populaire et doit être combattue. On voue nécessairement au chef un culte, son image est partout.

      Au Liban, l'image du «guide» fleurit sur tous les murs, le guide suprème de la révolution, mène les hommes et les coeurs, Nassralah n'est peut-être pas le Duce des Libannais, car le mouvement peut difficilement être qualifié de "national", l'idéologie est iranienne et le vrai guide de la révolution est à Téhéran. M Nassralah, joue quand même les chefs locaux, et son personnage ne souffre aucune contestation au sein du mouvement Hezbollah.
Au sein du Hezbollah, il n'y a pas de tendance ayant une consistance officielle, on est pour le Hezbollah, ou on est son ennemi. C'est un mouvement réellement totalitaire.

Le Mythe fondateur, le retour au temps des grands ancêtres. Le culte de la race, la lutte contre le complot universel.

      Le Fascisme s'inspire d'un mythe fondateur, il est quelque part irrationnel, Mussolini faisait rêver sur les gloires de l'empire romain, Hitler voulait retourner à un passé mythique germanique et payen, et des cérémonies grandioses étaient organisées pour faire rêver des foules immenses. La nation, sous la houlette de son guide, était l'élite de l'humanité, les autres peuples étaient méprisés.

      Ce désir ne se retrouve pas franchement chez le Hezbollah, le mouvement au Liban ne peut pas s'appuyer exclusivement sur les chiites, qui sont minoritaires, aussi est-il complaisant avec les chrétiens qui veulent bien faire un bout de chemin avec lui. Des députés Hezbollah ne sont pas chiites. On entend pas chez eux de discours raciste mettant en avant la supériorité supposée de leur race sur celle des autres. Toutefois, on a bien repris le mythe fondateur du complot universel, d'une lutte du bien contre le mal, le mal étant les juifs, Israël et les États Unis puissance décrite comme étant manipulée par les juifs, et pour cela, on use et abuse de tout le matériel déjà conçu et mis en pratique par les nazis. Par le biais de l'antisémitisme, on retrouve une filiation idéologique entre le nazisme et le mouvement.

La prise en main de l'information, de la propagande, et de l'éducation.

     Afin d'assurer la pérennité du mouvement, et d'empêcher toute critique, les fascistes avaient pris en main toute l'éducation. Enseignants mis au pas, jeunesses nationalistes obligatoires dans le cas nazi etc...

     Le Hezbollah, dans ce domaine est un bon élève, comme en Palestine, toute l'éducation est prise en main par le parti, dans le but de fomer de futurs soldats. On leur apprend le caractère inaliénable de leurs droits, afin de s'assurer qu'il ne deviennent pas un jour partisan d'un compromis risquant de mener vers la paix.    

     On leur apprend qu'ils ont un ennemi, qu'il est haïssable, et qu'il faut le détruire. Que le dit «ennemi» n'en soit pas un, qu'il ne demande rien d'autre que la paix ne doit pas effleurer leur esprit. L'éducation est basée sur le mensonge. En matière d'éducation, le Hezbollah est un vrai mouvement fasciste, au pire sens du terme.

 

   Les mouvements fascistes ont crées, ou détournés les mouvements de jeunesse, qui rendus obligatoires devaient préparer les enfants à devenir de bons soldats, idéologiquement formés, dès leur enfance.

      A ma connaissance on ne trouve pas de jeunesse type "Hitler jugend" chez le Hezbollah.

   Dans un régime fasciste, l'individu ne compte pas, il n'est qu'un élément de la nation.

     Nasrallah et ses partisans affirment, et la majorité des Libanais partagent cet avis, que l'initiative militaire prise par le parti le 12 juillet a rendu sa dignité au Liban : il a opposé une résistance farouche et inattendue à l'énorme machine de guerre israélienne. La conséquence en est, entre autres, que près de 1 million de Libanais se sont retrouvés sur les routes, réfugiés dans leur propre pays, hagards, assoiffés, affamés, terrorisés, mendiant un toit, vivant de la charité des uns et des autres, sans qu'aucune infrastructure n'ait été préparée par le Parti de Dieu pour les héberger et les accompagner. En somme, la restauration de la dignité de la nation s'est faite aux dépens de la dignité des individus.
Katia Haddad

-   Les mouvement fascistes ont été xénophobes, et ont acquis leur popularité en mettant au pilori les bourgeoisies locales liées aux capitalistes étrangers.

       L'appuie populaire est acquis grâce à une politique démagogique. Les fascisme ont dénoncé la bourgeoisie surtout la bourgeoisie juive, ils se sont présentés comme le parti des petits, des sans grades, des frustrés de la vie. Le Hezbollah de même est sans pitié pour les bourgeois "corrompus" de Beyrouth. Ces gens sont liés aux américains, qui eux même sont supposés être manipulés par les sionistes.

- Les mouvements fascistes ont été sans pitié pour leurs opposants, enfermés dans des camps de concentration quand ils n'étaient pas assassinés.

        En Iran,  les opposants sont effectivement persécutés et emprisonnés, même s'il n'y a pas de camp de concentration connu, au Liban, on sait que des familles chrétiennes se réfugient parfois en Israël pour échapper au Hezbollah. La liberté d'expression est très limitée, comme en témoignent les menaces à peine voilée contre ceux qui ne les soutiennent pas, l'omerta constatée dans les médias sur leurs méfaits, «Quiconque ose poser des questions est un traître, un allié d'Israël, un espion ! Or on connaît le sort que le Hezbollah réserve aux traîtres : 25 «espions» (comment vérifier ?) ont été exécutés à Tyr le mois dernier sans autre forme de procès.»   écrit Katia Haddad.  

     Alors d'après vous, le Hezbollah est-il vraiment fasciste ?  ? 

   

 

 

Hezbollah contre démocratie
Par Katia HADDAD

Libaération Jeudi 10 août 2006 - 06:00
Katia Haddad titulaire de la chaire Senghor de la francophonie à l'université Saint-Joseph de Beyrouth (Liban).

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