Le 21 novembre à la cité des sciences

29 novembre 2004


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Appuyez sur le nez

      Les femmes voilées devraient militer pour améliorer la condition féminine, et les organisations juives devraient se désolidariser d'Israël...  tels sont les conseils que juifs et musulmans se donnent pour améliorer la compréhension réciproque. 

     Au delà des exigences irréalistes, les bonnes volontés existent, l'islam se cherche, et les juifs cherchent les musulmans amicaux. Puisse cette première journée éclairer  les lanternes, en attendant, les lampions de la fête sont déjà prêts, les youyous aussi.

 

  (  Ps :     Voir un autre projet : 100 imams et rabbins contre la violence : cliquez sur le drapeau français en haut à droite pour avoir le texte dans la langue de Molière et faite suite en bas du premier article à gauche pour avoir le dossier complet) 

   Si vous souhaitez adhérer à l'association, veuillez trouver en bas de page un bulletin d'inscription. 

Une amie m'a transmis une invitation électronique, pour assister à une journée consacrée à l'amitié judéo musulmane, le matin un colloque devait réunir des personnalités officielles, et l'après midi jusque tard dans la soirée, un spectacle devait couronner l'amitié.

Ma religion m'imposant une grâce matinée le dimanche, et le pèlerinage au marché faisant parti des rites, je ne pouvais pas être présent à l'aube. Inquiet, à juste raison sur les possibilités de restauration sur place, ce n'est qu'à 15 heures que mon épouse et moi-même avons mis les pieds dans le grand hall de la cité des sciences à la Villette où se tenait la manifestation.

Le centre du hall était plein par une foule de plusieurs centaines de personnes qui écoutaient religieusement des religieux tout au fond, en haut de l'estrade. Autour du public des paravents cachaient des expositions.

Après un rapide tour du propriétaire, je me suis assis pour écouter ces messieurs dames qui présidaient sous des banderoles : "Bâtissons l'amitié judéo-musulmane de France"; "Consistoire Israëlite", "CRIF"... mais où étaient les musulmans ? Sur un paper-board on a écrit au feutre "Institut musulman de Paris" et dans la salle où sont-ils ? J'interroge mes voisins, la fourchette varie entre 10 et 30 %... en fait rien ne permet de distinguer sûrement un juif d'un musulman. Nous pouvons affirmer que les cités ne sont pas venues, il y avait dans la salle une population homogène par son niveau social et par ses aspirations et c'était de bon augure.

Sur l'estrade, on remarquait le Rabbin Michel Serfati vous savez, c'est un grand rabbin, il doit dépasser les 1 m 90, c'est lui qui est à l'origine de la fête, c'est par ce qu'il s'était fait agresser l'an passé, qu'il a jugé bon de faire quelque chose pour que les choses changent.

Mais il y avait aussi d'autres personnalité, le responsable de la commission Halal au CFCM, Tareq Oubrou imam de Bordeaux, le Gd Rabbin Gilles Bernheim, Simone Weill, Stettié Salah ancien ambassadeur du Liban en France, l'aumônier des scouts musulmans etc.... Vous voulez probablement savoir pourquoi il n'y avait pas de pancarte aux couleurs de la Grande Mosquée de Paris bien qu'elle fut organisatrice et que le recteur Dalil Boubakeur participa au colloque du matin, et bien c'est du à la précipitation, au désordre, le même qui a eu des conséquences beaucoup plus dramatiques dans la mesure où mis à part quelques petites friandises et boisson, rien n'était prévu pour satisfaire les estomacs qui durent rester vide jusqu'à une heure avancée de la nuit.

Arrivé après les conférences, je ne peux que résumer les questions réponses... la première vint d'une dame venue de Jérusalem, «Je suis jalouse » dit-elle, «j'ai ressenti une grande émotion, et ce rassemblement ne serait pas possible à Jérusalem même si nous avons des rencontres de groupuscules, chez moi rien n'est fait au nom des religions qui ne pensent qu'à s'entre déchirer. Nous avons besoin de médiateurs, nous serions heureux, si d'ici pouvait partir un mouvement qui s'étendrait loin au-delà des limites de la France. »

Une beauté pris alors la micro et dit : «A l'UEJF, nous soutenons un projet appelé club convergence, qui a pour but de déconstruire les stéréotypes qui courent dans les collèges, et dont le racisme et l'antisémitisme sont les principaux fruits.

 

Un couac qui pose le vrai problème :

Je viens de Marseille, et je suis le président de la commission Halal au sein du CFCM.
Le terme de religion vient du latin qui veut dire relier, relier les gens sur des points communs, mais peut-on parler du présent ? je participe au dialogue inter religieux, afin que nous puissions nous accepter les uns les autres. Toutefois je ne peux pas m'empêcher de poser des questions :

- La présence du CRIF à la tribune, est pour moi une surprise et une interrogation. Que fait ici cette instance politique qui soutien un gouvernement étranger, alors que nous cherchons un dialogue inter-religieux entre français ?
- J'ai aussi remarqué que le consistoire israélite avait comme but le soutien à l'État d'Israël, or si nous voulons bâtir cette fraternité, nous ne pouvons le faire que sur une base française.
- J'ai été particulièrement choqué de voir qu'une manifestation de soutien à l'armée d'Israël a eu lieu dans une synagogue.
- Pour que nous puissions nous battre ensemble, il faut lutter contre les amalgames, et pour cela il faut combattre les ambiguï
tés.

Giles Bernheim répond en éludant la question qui fâche :

- L'élection st un plus d'obligation à l'égard de tous les hommes.
- Les lois religieuses doivent me donner l'occasion de réfléchir lentement, dans la patience et la durée il y a beaucoup de choses à faire. La durée nous dira si notre manifestation d'aujourd'hui est un succès.
- La dangerosité d'une religion se voit dans le mépris de la culture. Ce qui m'a affligé dans les processus de paix, c'était que le camp laïque était beaucoup plus présent que le camp religieux, or les religions doivent être au service de la paix.
- On a parlé de déconstruction active, c'est une initiative importante, j'ai une conception active de la laïcité, qui engage les filles voilées à être militantes dans la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes. Le voile ne doit pas participer au patriarcat. La mobilisation doit permettre que les femmes voilées soient citoyennes à part entière.
- Religion vient de relier et de relire, les juifs et les musulmans, les Palestiniens et les Israéliens ne se rapprocheront pas en reliant les textes d'origine incompatibles entre eux, mais en se fixant un objectif à venir et en essayant de s'y tenir. Chacun doit chercher dans sa tradition ce qu'il y a de commun. Lorsque l'autre m'incite à relire mes textes, cela m'enrichit.

- Même si je ne partage pas vos options, vos questions sont pertinentes, je connais très bien le rabbin qui a accepté la manifestation dans sa synagogue. Je peux même vous dire que cela lui a posé un cas de conscience. Je le connais très bien, vu qu’il s’agit de moi-même. Si finalement j’ai accepté le concert, c’est qu’à la suite du refus de toutes les autres salles, il n’existait plus de lieu possible autre que la synagogue.

La réponse qui n’a pas été donnée à la tribune :

Sur le plan formel, le CRIF était un des parrains de la manifestation, on ne comprend pas la surprise de l’imam.
Sur le fond :
Il n’existe pas de relation amicale basée sur le mensonge.

- Peut-on fraterniser en faisant semblant d’ignorer les aspirations profondes de l’autre ?

- L’attachement du judaïsme à la terre d’Israël est inscrit dans toutes le pages des livres de prière depuis des milliers d’années. Le réfuter c’est nier le judaïsme, et comment être ami de celui qu’on renie ?
- De même les juifs ne pourraient condamner la solidarité qui unie le monde musulman au peuple palestinien qui en est devenu le symbole.

Mais d’autres ont déjà tout compris :

Comme l’a fait remarquer Stettie Sallah, on peut choisir ses amis, mais pas ses ennemis, commençons donc par nous parler, par nous connaître. Partager un repas nous amènera à partager une vision.

Les scouts musulmans de France ont participé au voyage « Palestine-Israël, la paix nom de Dieu », et cette expérience s’est avérée très enrichissante. On a vu aussi le voyage du père Emile Shoufani à Auschwitz, accompagné d’arabes, de juifs et de chrétiens israéliens, palestiniens et français. On peut aller vers la paix, là où il y a la volonté il y a un chemin.

Ce n’est pas l’amitié judéo musulmane qui est nouvelle, elle est très ancienne, ce qui est neuf, c’est la défiance et le conflit, c’est donc à nous de l’estomper

Simone Weill a conclu les interventions, pour la laïque que je suis, c'est avec plaisir que je remercie le rabbin Serfaty pour son action, je ne pense pas que les problèmes actuels soient des problèmes intercommunautaires, car ils intéressent toute la communauté nationale. Chacun a ses problèmes liés à ses parents, à ses origines, mais en même temps, le plus important, c'est notre appartenance à la nation française. Je déplore que de jeunes musulmans soient victimes de discriminations.

Par ce que je suis plus sensible aux faits qu'à l'idéologie. Nous constatons que le religieux sort de la sphère privée pour envahir la vie publique, ce qui impose à la vie publique de se préoccuper du religieux. Dans les guerres actuelles, le politique se mélange au religieux, le politique ne doit pas démissionner et se retirer alors qu'il se fait envahir. J'ai été admiratif devant les propos du Grand Rabbin Bernheim, je suis laïque, comme je l'ai dit, mais si je l'écoutais trop souvent, je risquerais de devenir religieuse !
Mesdames et messieurs, je me sens à l'aise parmi vous, mon passé de déportée m'incline à m'intéresser au rapprochement entre tous les hommes. Lorsqu'on pense à la phrase que nous répétions alors "Plus jamais ça", je ne peux m'empêcher de penser à ceux qui reçoivent par satellite des images qui rapellent de très mauvais souvenirs;
il faut cesser de se diaboliser les uns les autres.

Après les exposés, les organisateurs ont présenté l'association et ses parrains.

Je ne peux pas les énumérés tous, je dirais simplement que la communauté juive était très largement représenté par ses principales associations : CRIF, Consistoire, et présence significative des libéraux (hors tribune), par contre le Grand Rabbin de France n'était pas là. Côté musulman, il y avait le Président du CFCM responsable de la Grande Mosquée de Paris, mais les principales organisations musulmanes brillaient par leur absence. Cette dysimétrie se remarquait dans l'assistance.

Les Éclaireurs Israélites et les Scouts musulmans étaient venus en masse,et cette fraternisation autour du scoutisme m'a fait chaud au coeur. J'ai aussi eu le plaisir d'y rencontrer Mourad el Hattab, combattant héroïque pour un islam pacifié avec lui même et avec les autres. (Auteur de "Un buveur de lune")

Parmi les parrains, il y eu des déceptions, seul le conseil général de l'Essone et la mairie de Paris ont subventionné la manifestation au côté de généreux donateurs comme les familles Rothshild et Dassault. Le bureau est composé en parité de musulmans et de juifs. Mivy souhaite longue vie et prospérité à cette association.

Cet événement n'a pas été répercuté spontanément sur les forums juifs ou musulmans, à priori, les youyous de la paix exitent moins qu'un attentat horrible ! pour cela, je me suis lancé et des plumes se sont déliées sur Col :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 3 au 6 janvier 2005, une centaine d’Imams et de Rabbins entourées de personnalitées venues des quatre coins de la Planète vont se réunir et travailler pour la Paix, sous le Haut Patronage de Sa Majesté Albert II, Roi des Belges et de Sa majesté Mohammed VI, Commandeur des Croyants. Durant trois jours, les plus hauts représentants des communautés juives et musulmanes vont chercher ensemble des solutions concrètes pour mettre en échec la violence et l’ignorance sur le terrain, autant au Moyen-Orient que partout dans le monde. Pour la première fois, deux religions tellement utilisées comme prétexte à la guerre vont se mettre au service de la Paix