( Ps : Voir un autre
projet : 100 imams et rabbins contre la violence : cliquez
sur le drapeau français en haut à droite pour avoir le texte dans la
langue de Molière et faite suite en bas du premier article à gauche pour
avoir le dossier complet)
Si vous souhaitez adhérer à l'association, veuillez trouver en bas de
page un bulletin d'inscription.
Une
amie m'a transmis une invitation
électronique, pour assister à une journée
consacrée à l'amitié judéo musulmane, le matin
un colloque devait réunir des personnalités officielles,
et l'après midi jusque tard dans la soirée, un spectacle
devait couronner l'amitié.
Ma
religion m'imposant une grâce matinée le dimanche, et le
pèlerinage au marché faisant parti des rites, je ne pouvais
pas être présent à l'aube. Inquiet, à juste
raison sur les possibilités de restauration sur place, ce n'est
qu'à 15 heures que mon épouse et moi-même avons mis
les pieds dans le grand hall de la cité des sciences à la
Villette où se tenait la manifestation.
Le
centre du hall était plein par une foule de plusieurs centaines
de personnes qui écoutaient religieusement des religieux tout au
fond, en haut de l'estrade. Autour du public des paravents cachaient des
expositions.
Après
un rapide tour du propriétaire, je me suis assis pour écouter
ces messieurs dames qui présidaient sous des banderoles : "Bâtissons
l'amitié judéo-musulmane de France"; "Consistoire
Israëlite", "CRIF"... mais où étaient
les musulmans ? Sur un paper-board on a écrit au feutre "Institut
musulman de Paris" et dans la salle où sont-ils ? J'interroge
mes voisins, la fourchette varie entre 10 et 30 %... en fait rien ne permet
de distinguer sûrement un juif d'un musulman. Nous pouvons affirmer
que les cités ne sont pas venues, il
y avait dans la salle une population homogène par son niveau social
et par ses aspirations et c'était de bon augure.
Sur
l'estrade, on remarquait le Rabbin Michel Serfati vous savez, c'est un
grand rabbin, il doit dépasser les 1 m 90, c'est lui qui est à
l'origine de la fête, c'est par ce qu'il s'était fait agresser
l'an passé, qu'il a jugé bon de faire quelque chose pour
que les choses changent.
Mais
il y avait aussi d'autres personnalité, le responsable de la commission
Halal au CFCM,
Tareq
Oubrou imam de Bordeaux, le Gd Rabbin Gilles Bernheim, Simone Weill, Stettié
Salah ancien ambassadeur du Liban en France, l'aumônier des scouts
musulmans etc.... Vous voulez
probablement savoir pourquoi il n'y avait pas de pancarte aux couleurs
de la Grande Mosquée de Paris bien qu'elle fut organisatrice et
que le recteur Dalil Boubakeur participa au colloque du matin, et bien
c'est du à la précipitation, au désordre, le même
qui a eu des conséquences beaucoup plus dramatiques dans la mesure
où mis à part quelques petites friandises et boisson, rien
n'était prévu pour satisfaire les estomacs qui durent rester
vide jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Arrivé
après les conférences, je ne peux que résumer les
questions réponses... la première vint d'une dame venue
de Jérusalem, «Je suis jalouse » dit-elle, «j'ai
ressenti une grande émotion, et ce rassemblement ne serait pas
possible à Jérusalem même si nous avons des rencontres
de groupuscules, chez moi rien n'est fait au nom des religions qui ne
pensent qu'à s'entre déchirer. Nous avons besoin de médiateurs,
nous serions heureux, si d'ici pouvait partir un mouvement qui s'étendrait
loin au-delà des limites de la France. »
Une beauté
pris alors la micro et dit : «A l'UEJF, nous soutenons un projet
appelé club convergence, qui
a pour but de déconstruire les stéréotypes qui courent
dans les collèges, et dont le racisme et l'antisémitisme
sont les principaux fruits.
Un
couac qui pose le vrai problème :
Je
viens de Marseille, et je suis le président de la commission Halal
au sein du CFCM.
Le terme de religion vient du latin qui veut dire relier, relier les gens
sur des points communs, mais peut-on parler du présent ? je participe
au dialogue inter religieux, afin que nous puissions nous accepter les
uns les autres. Toutefois je ne peux pas m'empêcher de poser des
questions :
- La présence
du CRIF à la tribune, est pour moi une surprise et une interrogation.
Que fait ici cette
instance politique qui soutien un gouvernement étranger,
alors que nous cherchons un dialogue inter-religieux entre
français ?
- J'ai aussi remarqué que le consistoire israélite avait
comme but le soutien à l'État d'Israël, or si nous
voulons bâtir cette fraternité, nous ne pouvons le faire
que sur une base française.
- J'ai été particulièrement choqué de voir
qu'une manifestation de soutien à l'armée d'Israël
a eu lieu dans une synagogue.
- Pour que nous puissions
nous battre ensemble, il faut lutter contre les amalgames, et pour cela
il faut combattre les ambiguïtés.
Giles
Bernheim répond en éludant la question qui fâche :
- L'élection
st un plus d'obligation à l'égard de tous les hommes.
- Les lois religieuses doivent me donner l'occasion de réfléchir
lentement, dans la patience et la durée il y a beaucoup de choses
à faire. La durée nous dira si notre manifestation d'aujourd'hui
est un succès.
- La dangerosité d'une religion se voit dans le mépris
de la culture. Ce qui m'a affligé dans les processus de paix,
c'était que le camp laïque était beaucoup plus présent
que le camp religieux, or les religions doivent être au service
de la paix.
- On a parlé de déconstruction active, c'est une initiative
importante, j'ai
une conception active de la laïcité, qui engage les filles
voilées à être militantes dans la lutte contre les
inégalités entre hommes et femmes. Le voile
ne doit pas participer au patriarcat. La mobilisation doit permettre
que les femmes voilées soient citoyennes à part entière.
- Religion vient de relier et de relire, les juifs et les musulmans,
les Palestiniens et les Israéliens ne se rapprocheront pas en
reliant les textes d'origine incompatibles entre eux, mais en se fixant
un objectif à venir et en essayant de s'y tenir. Chacun doit
chercher dans sa tradition ce qu'il y a de commun.
Lorsque l'autre m'incite à relire mes textes, cela m'enrichit.
- Même
si je ne partage pas vos options, vos questions sont pertinentes, je
connais très bien le rabbin qui a accepté la manifestation
dans sa synagogue. Je peux même vous dire que cela lui a posé
un cas de conscience. Je le connais très bien, vu qu’il
s’agit de moi-même. Si finalement j’ai accepté
le concert, c’est qu’à la suite du refus de toutes
les autres salles, il n’existait plus de lieu possible autre que
la synagogue.
La
réponse qui n’a pas été donnée à
la tribune :
Sur le plan formel, le CRIF était un des
parrains de la manifestation, on ne comprend pas la surprise de l’imam.
Sur le fond :
Il n’existe pas de relation amicale basée sur le mensonge.
-
Peut-on fraterniser en faisant semblant d’ignorer les aspirations
profondes de l’autre ?
-
L’attachement du judaïsme à la terre d’Israël
est inscrit dans toutes le pages des livres de prière depuis
des milliers d’années. Le réfuter c’est
nier le judaïsme, et comment être ami de celui qu’on
renie ?
-
De même les juifs ne pourraient condamner la solidarité
qui unie le monde musulman au peuple palestinien qui en est devenu
le symbole.
Mais
d’autres ont déjà tout compris :
Comme
l’a fait remarquer Stettie Sallah,
on peut choisir ses amis, mais pas ses ennemis, commençons donc
par nous parler, par nous connaître. Partager un repas nous amènera
à partager une vision.
Les
scouts musulmans de France ont participé au voyage « Palestine-Israël,
la paix nom de Dieu », et cette expérience s’est
avérée très enrichissante. On a vu aussi
le voyage du père Emile Shoufani à Auschwitz,
accompagné d’arabes, de juifs et de chrétiens israéliens,
palestiniens et français. On peut aller vers la paix,
là où il y a la volonté il y a un chemin.
Ce
n’est pas l’amitié judéo musulmane qui est
nouvelle, elle est très ancienne, ce qui est neuf, c’est
la défiance et le conflit, c’est donc à nous de
l’estomper
Simone
Weill a conclu les interventions, pour la laïque
que je suis, c'est avec plaisir que je remercie le rabbin Serfaty pour
son action, je ne pense pas que les problèmes actuels soient
des problèmes intercommunautaires, car ils intéressent
toute la communauté nationale. Chacun a ses problèmes
liés à ses parents, à ses origines, mais en même
temps, le plus important, c'est notre appartenance à la nation
française. Je déplore que de jeunes musulmans soient victimes
de discriminations.
Par
ce que je suis plus sensible aux faits qu'à l'idéologie.
Nous constatons que le religieux sort de la sphère privée
pour envahir la vie publique, ce qui impose à la vie publique
de se préoccuper du religieux. Dans
les guerres actuelles, le politique se mélange au religieux,
le politique ne doit pas démissionner et se retirer alors qu'il
se fait envahir. J'ai été admiratif devant les propos
du Grand Rabbin Bernheim, je suis laïque, comme je l'ai dit, mais
si je l'écoutais trop souvent, je risquerais de devenir religieuse
!
Mesdames et messieurs, je me sens à l'aise parmi vous, mon passé
de déportée m'incline à m'intéresser au
rapprochement entre tous les hommes. Lorsqu'on pense à la phrase
que nous répétions alors "Plus
jamais ça", je ne peux m'empêcher de penser
à ceux qui reçoivent par satellite des images qui rapellent
de très mauvais souvenirs; il
faut cesser de se diaboliser les uns les autres.
Après
les exposés, les organisateurs ont présenté l'association
et ses parrains.
Je
ne peux pas les énumérés tous, je dirais simplement
que la communauté juive était très largement représenté
par ses principales associations : CRIF, Consistoire, et présence
significative des libéraux (hors tribune), par contre le Grand
Rabbin de France n'était pas là. Côté musulman,
il y avait le Président du CFCM responsable de la Grande Mosquée
de Paris, mais les principales organisations musulmanes brillaient par
leur absence. Cette dysimétrie se remarquait dans l'assistance.
Les
Éclaireurs Israélites et les Scouts musulmans étaient
venus en masse,et cette fraternisation autour du scoutisme m'a fait
chaud au coeur. J'ai aussi eu le plaisir d'y rencontrer
Mourad el Hattab, combattant héroïque pour
un islam pacifié avec lui même et avec les autres. (Auteur
de "Un buveur de lune")
Parmi
les parrains, il y eu des déceptions, seul le conseil général
de l'Essone et la mairie de Paris ont subventionné la manifestation
au côté de généreux donateurs comme les familles
Rothshild et Dassault. Le bureau est composé en parité
de musulmans et de juifs. Mivy souhaite longue vie et prospérité
à cette association.
Cet
événement n'a pas été répercuté
spontanément sur les forums juifs ou musulmans, à priori,
les youyous de la paix exitent moins qu'un attentat horrible ! pour
cela, je me suis lancé et des plumes se sont déliées
sur Col :
