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Révélations sur l’échec du Hezbollah à prendre d’assaut le siège du gouvernement libanais


dimanche, 01-Jan-2012
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L’armée libanaise, très sollicitée, sera récompensée , La récompense de l’armée peut se révéler une "arme fatale" aux mains du gouvernement

mercredi 13 décembre 2006 - 16h36, par Mediarabe.info

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Une mise en garde ferme et des menaces de ripostes douloureuses ont été adressées à la Syrie. Damas a fini par empêcher ses agents au Liban, Hezbollah, Amal et Aoun, de prendre d’assaut le grand Sérail.

Selon les sources de MediArabe.info , le Hezbollah, le mouvement chiite Amal et le Courant Patriotique Libre (CPL) du général Michel Aoun, avaient planifié « un débordement des manifestations », sous l’effet des discours enflammés, dimanche 10 décembre, en vue de prendre « le Sérail » (siège du gouvernement) d’assaut, et concrétiser le renversement du gouvernement. Ce plan avait été annulé à la dernière minute, à la demande de la Syrie. En effet, selon nos sources, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en visite à Téhéran et à Damas (5 et 6 décembre), soit quelques jours avant la manifestation, avait transmis aux Syriens un message très ferme assorti de menaces les mettant en garde contre la prise du Sérail.

Cette position transmise par la Turquie est en effet l’expression de l’ensemble de la communauté internationale, à l’exception de l’Iran et de la Syrie. Les pays arabes sunnites, qui ont régulièrement été victimes du bellicisme syrien, refusent désormais de se taire au nom de la sacrée union arabe, depuis que la Syrie est sortie des rangs et s’est jetée dans les bras de l’Iran. Les pays arabes n’ont pas oublié les propos de Bachar Assad dans son discours de la victoire divine. Maintenant, chose nouvelle, ils accusent les Services syriens d’aider les terroristes à déstabiliser l’Arabie, la Jordanie et l’Egypte. La riposte de ces pays se déroule au Liban, à travers leur soutien sans faille au gouvernement.

Le gouvernement a en effet tenu bon - jusqu’à quand ? - face à la tentative du « coup d’Etat déguisé », fomenté par l’opposition hétéroclite pour protéger la Syrie du Tribunal international. Aussi, il fait preuve d’une grande imagination et lance une contre-offensive sur plusieurs fronts :

Le pièges institutionnel

L’armée libanaise est très sollicitée depuis la fin de la guerre des 33 jours provoquée par le Hezbollah, le 12 juillet. Depuis l’arrêt des hostilités, à la mi-août, l’armée est déployée au Sud-Liban conformément à la résolution 1701. Depuis l’éclatement de la crise politique, elle s’est redéployée en force à Beyrouth. Pour la récompenser, le gouvernement libanais a décidé hier d’allouer une prime aux militaires (un mois de salaire supplémentaire), qui sera versée à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le gouvernement a soumis ce projet de loi au président de la République pour l’entériner, réalisant ainsi une belle opération. Car, si Lahoud signe le décret, il se désavouera lui-même et reconnaîtra de facto la légitimité du gouvernement. S’il refuse, il se mettra à dos tous les militaires qui auront perdu un mois de salaire.

Aussi, le gouvernement a tendu un piège à l’opposition en soumettant au Parlement le projet de loi portant sur la constitution du Tribunal international, en dépit du refus du président de la République de l’approuver, sous prétexte que le gouvernement est anti-constitutionnel et illégitime depuis la démission des six ministres de l’opposition. Ce faisant, c’est le président du Parlement Nabih Berri, qui est pris au piège. Damas, qui l’a toujours parrainé, l’interdit de convoquer la Chambre. Mais les députés de la majorité peuvent exploiter la loi pour exiger une séance parlementaire. Berri en sortira désavoué et affaibli.

Les signes d’un effritement de l’opposition

En résistant aux assauts de l’opposition, le gouvernement et sa majorité se renforcent. D’autant plus que les Libanais commencent à douter des objectifs réels mais inavoués du Hezbollah et de ses alliés. Les Libanais relèvent les contradictions dans le discours du Hezbollah. Entre le 12 juillet et le 14 août, Hassan Nasrallah n’a cessé de répéter avoir provoqué une « guerre préventive » (qu’il a ensuite regrettée) car les Israéliens la planifiaient pour octobre ou novembre. Début décembre, il s’est contredit en accusant la majorité et le gouvernement d’avoir « commandité la guerre israélienne aux Américains ».

Les Libanais, qui vouaient toute l’estime au Hezbollah, y ont découvert une marionnette aux mains de la Syrie, qui tente d’empêcher, par tous les moyens, la constitution du Tribunal international. Ce qui confirme de facto sa culpabilité. De ce fait, l’ensemble de la communauté sunnite se range derrière le gouvernement. L’ouléma Fathi Yakan, l’un des orateurs de la manifestation de dimanche dernier, vient de se rétracter. Il affirme que la prise du siège du gouvernement est une ligne rouge infranchissable. Omar Karamé, qui devait lui aussi participer à la manifestation, l’a boudée. Salim Hoss prend ses distances avec l’opposition. Quant aux chrétiens du CPL, ils se sont mobilisés timidement, et commencent à s’interroger sur les motifs de leur actions.

Enfin, le Courant chiite libre et l’aile de Sobhi Toufaïly, ancien secrétaire général du Hezbollah, dénoncent la politique du parti de Dieu et de ses alliés, et se rapprochent de la majorité. Dimanche 17 décembre, les initiateurs du Courant chiite libre, fort de leurs appuis théologiques (Toufaïly, Ali Al Amine et plusieurs oulémas de Jabal Aamel), tiennent une conférence de presse pour affirmer que « le Hezbollah et Amal ne sont pas les seuls représentants de la communauté et ils ne peuvent pas l’engager dans cette voie ».

L’affaiblissement de l’opposition et le dégoût des Libanais laisse présager des jours meilleurs que la médiation de la Ligue arabe peut transformer en un accord « ni vainqueurs, ni vaincus ». La majorité accepte une telle issue du moment où elle obtient la constitution du Tribunal international. C’est alors qu’elle peut proposer la formation d’un gouvernement d’union nationale, avec droit de blocage pour l’opposition.

Ce scénario est d’autant plus possible que la population libanaise, surtout de Beyrouth, voit d’un très mauvais oeil les dégradations que subit le centre-ville, vitrine de la capitale. Les manifestants du Hezbollah qualifiés de « peu rompus à la civilisation », qui campent dans la zone, n’accordent aucune valeur à leur environnement. Ils coupent les arbres qui agrémentent les rues de la ville pour se chauffer au feu de bois, allumé à même le sol. Les dégâts dépassent les deux millions de dollars (les arbes coupés, le bitume, les pelouses et les trottoirs dégradés) ! Les boutiques et autres hôtels et restaurants de Beyrouth sont au chômage. Après avoir raté la saison estivale à cause de la guerre provoquée par le Hezbollah, l’été dernier, c’est une deuxième saison commerciale (les fêtes) qu’ils doivent rater. La grogne commence à se faire sentir. Il est vrai que la base populaire du Hezbollah ne se sent pas concernée par la situation économique du pays, puisqu’elle vit grâce à son économie parallèle et aux aides fournies par l’Iran. Mais politiquement, le Hezbollah qui prétend défendre et libérer le Liban, ne supportera pas longtemps les retombées économiques de son aventurisme. A moins qu’il ne se soit fixer la destruction du Liban comme objectif. Alors il sera vomi par ses partenaires.