Mivy décoiffe, car il est fait par un chauve

Journal 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021
Derière mise à jour 27-Jui-2022
Pour m'écrire, ou pour s'abonner à la liste de diffusion

 

Hébron

:

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2008/11/30/hebron-les-dessous-de-l-affaire-de-la-maison-de-la-paix.html

les dessous de l'affaire de la "Maison de la Paix"

30.11.2008

http://www.a7fr.com/article/59898.htm
Interview de Pierre Lurçat par Claire Dana-Picard (Aroutz 7)

Maison de la Paix à Hébron : un débat antidémocratique ?

Bet Hashalom, la Maison de la Paix, est une bâtisse de trois étages qui se trouve sur la route empruntée par les fidèles de Kiriat Arba, lorsqu'ils descendent vers  Hébron pour prier à la Maarat Hamahpela, le Caveau des Patriarches. Cette maison a été achetée par des Juifs à un Arabe et plusieurs familles s'y sont installées il y a plus d'un an. Depuis quelques temps, ces familles sont menacées d'expulsion par les instances du gouvernement et la propriété de la maison est contestée. Pierre Lurçat, avocat et journaliste, nous donne des précisions sur cette affaire qui suscite beaucoup d'émotion en Israël.

Claire Dana Picard :   Cette maison a été achetée à un Arabe par des Juifs qui en sont donc devenus les propriétaires. Vous pouvez nous dire en quelques mots comment s'est passée la transaction ?

Pierre Lurçat : Toute la transaction a été filmée, et on voit le vendeur qui reçoit l'argent des acheteurs. Cela rappelle un peu la transaction d'Avraham Avinou (le patriarche), qui a été relatée dans la Paracha que nous avons lue la semaine dernière (lorsqu'il a acheté la Maarat Hamahpela). Cette transaction a été parfaitement documentée, à dessein bien évidemment, en pensant qu'un jour, il y aurait certainement des contestations comme c'est souvent le cas dans cette région d'Israël. Par ailleurs, il est important de préciser que l'argent qui a permis de financer cette acquisition n'est pas n'importe quel argent. C'est l'argent d'un Juif américain, qui n'est pas un riche millionnaire comme ceux qui soudoient bien souvent, malheureusement, nos hommes politiques ces derniers temps. Il s'agit d'un donateur qui a "cassé sa tirelire", qui a utilisé toutes les économies de sa retraite parce que son grand-père faisait partie de ces Juifs de Hébron qui avaient été massacrés en 1929 lors du tristement célèbre pogrom.

CDP : Et c'est une maison qui a coûté cher, je crois qu'elle a coûté un million de dollars, n'est-ce pas ?

Oui. L'argent a été payé, il n'y a aucune contestation possible sur le paiement et il n'y a aucun vice juridique. Ce qui est en jeu, ce n'est pas tellement la légalité de la transaction. C'est bien au-delà de cela : c'est le droit des Juifs à habiter et à acheter des maisons à Hébron.

CDP :Il est peut-être important de souligner que le vendeur arabe est passé par un intermédiaire jordanien : pourquoi toutes ces précautions, pourquoi a-t-il tenu à garder l'anonymat ?

PL : Parce que – on le sait, même si les médias israéliens et les autres médias ne le rappellent jamais - la peine de mort est infligée par l'Autorité palestinienne et dans beaucoup d'autres pays arabes à toute personne qui vend un bien à un Juif. Il y a des lois antisémites, qui ressemblent à celles de l'Allemagne nazie, qui sont en vigueur tout près de chez nous en Jordanie et même dans l'Autorité palestinienne.  Et cela, évidemment, les médias ne le rappellent pas assez. C'est cela, à mon avis, le vrai scandale. C'est contre cela que devrait s'élever la Cour suprême et le pouvoir israélien s'ils avaient un semblant de logique et de justice dans leur attitude.

CDP : Revenons maintenant à la vente de la maison. Dans le cas présent,  pourquoi le titre de propriété a-t-il été contesté ? Et s'il s'agit d'une affaire judiciaire, comment se fait-il que le gouvernement y soit mêlé ? En quoi cette affaire le concerne ?

PL : A priori, elle ne le concerne pas du tout. Dans un Etat de droit, ce sont les tribunaux qui doivent trancher sur ce genre de litiges, si litige il y avait. Mais en fait, on s'aperçoit en grattant un peu à la surface que ce n'est pas du tout un problème de propriété et de justice; il s'agit d'un problème politique. On le voit bien d'ailleurs puisque c'est la Cour suprême qui s'en mêle alors que normalement, la compétence pour ce genre de litiges incombe aux tribunaux de première instance et de grande instance. Et là, tout d'un coup, c'est la Cour suprême qui s'en mêle parce que c'est Hébron, parce que c'est la ville symbole, symbole de notre attachement et de notre présence en Eretz Israël. Pour une certaine frange de l'establishment politique et juridique en Israël, elle est une ville détestée et considérée comme une ville arabe, comme l'écrivait ce matin (lundi) Nadav Shragaï dans le quotidien Haaretz. Pour eux, Hébron est la ville des Arabes alors que nous savons que c'est la ville des Patriarches, c'est la ville qui est le symbole même de notre présence ici (en Israël) avant même Jérusalem. C'était la première capitale du royaume de David.

CDP: Est-ce que cela veut dire qu'il y a une crise sérieuse dans le système juridique  israélien ?

PL : Oui, vous avez raison. Si on veut vraiment comprendre les dessous de cette affaire, on est obligé finalement de se poser la question suivante : comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on aujourd'hui un système judiciaire, dans un Etat qui se dit démocratique, qui est capable de prendre une telle décision. Parce qu'il y a un déni de droit qui est évident pour toute personne quelque peu objective. Je pense que tout le monde s'aperçoit qu'il y a un déni de droit fondamental. Et si on veut comprendre, à mon avis, les motivations profondes, on est obligé de se demander au nom de quoi cette décision est prise par la Cour suprême (Bagatz) et au nom de quoi elle est appliquée d'une certaine manière, tout à fait extrémiste, par le procureur de l'Etat et par le ministre de la Défense Ehoud Barak qui considère que c'est la priorité alors qu'on sait par ailleurs qu'il est incapable de mettre fin aux tirs de Kassam. Comme si la priorité aujourd'hui, pour le gouvernement israélien, était d'empêcher une famille juive de vivre dans une maison à Hébron.   

CDP : Finalement, quelle a été exactement la décision de la Cour suprême ?

PL : La Cour suprême a dit que tant que la question de la propriété n'était pas tranchée, les Juifs n'avaient pas le droit d'habiter dans cette maison. Donc, elle laissait la porte ouverte à une expulsion sans dire qu'il fallait les expulser immédiatement : cela, c'est une interprétation faite par Ehoud Barak et par d'autres personnes au gouvernement et auprès du Procureur de l'Etat.

Mais déjà, en soi, cette décision était à mon avis gravissime. Et on est amené à s'interroger sur la nature même du système judiciaire en Israël. Pendant de nombreuses années, pendant plusieurs décennies, en fait depuis la révolution constitutionnelle du juge Aaron Barak, on pensait qu'il y avait cette notion d'Etat juif et démocratique, tout à fait problématique d'ailleurs, mais qui constituait malgré tout un semblant de consensus, de pacte social sur lequel pouvait   s'édifier et vivre la démocratie israélienne. D'abord, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, le juge Barak l'a dit lui-même. Il a dit que l'Etat juif, c'était ce que lui et les membres de "l'élite éclairée" considéraient comme juif. Ce sont ses propres termes et c'est lui qui parlait d'une "'élite éclairée", qui se considérait comme le représentant de "l'élite éclairée". Donc, on s'est aperçu que l'Etat juif et démocratique n'était pas juif, et aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il n'est même pas démocratique. Les juges n'ont même pas l'élément fondamental du Tsedek, de la justice, qui est à la base de tout système de droit démocratique.

CDP : En fait, cela semble être devenu un débat politique entre la gauche et la droite.

PL : A mon avis, il transcende le clivage entre la gauche et la droite. Il s'agit pour moi d'un débat politique entre les tenants d'une véritable démocratie et les tenants de ce que le politologue Jacob Talmon a appelé il y a déjà assez longtemps la démocratie totalitaire, c'est-à-dire le pouvoir accaparé par une petite élite qui est prête à employer tous les moyens pour faire triompher sa conception du Droit et sa conception de ce que doit être l'Etat d'Israël.

CDP : On a la nette impression que tout est fait pour tenter de prouver que les militants de droite sont des gens violents, qui ne respectent pas la loi. Comment faire, dans ce cas, pour ne pas céder aux provocations ?

PL : Je pense qu'il y a toujours ces provocations et des actes qui sont montés en épingle par les médias et on peut souvent suspecter qu'ils sont le fait de provocateurs du Shin Bet. On l'a déjà vu par le passé. La majorité des habitants juifs de Hébron sont pacifiques comme tous les Juifs de Judée–Samarie et on essaie de les présenter aux yeux du public et de l'opinion internationale comme des gens violents, comme des délinquants, alors que la violence, en fait, est de l'autre côté. La violence, c'est celle d'un pouvoir illégitime qui voudrait expulser les gens de leur maison, comme l'ont bien compris un certain nombre de commentateurs et les Juifs de Hébron eux-mêmes qui ont dit : "Si on ne peut pas habiter cette maison, acheter cette maison, cela veut dire que les Juifs n'ont plus le droit d'habiter à Hébron". C'est gravissime d'en arriver à cette situation, dans l'Etat juif souverain revenu sur sa terre.

CDP : Vous avez certainement entendu qu'il y a un grand mouvement de solidarité qui vient d'être lancé pour que cette maison ne soit pas évacuée. Vous croyez qu'on arrivera à éviter une confrontation ?

PL : Je l'espère, bien entendu. J'espère que la mobilisation du public juif israélien va arriver à faire reculer le pouvoir dans cette démarche totalement antidémocratique et quasiment totalitaire, consistant à vouloir interdire aux Juifs d'habiter Hébron qui était la première capitale de l'Etat juif.    

< http://www.actu.co.il/2008/12/la-police-est-influencee-par-la-presse/ >

“La police est influencée par la presse”

[Mercredi 12/10/2008 22:30]

Dépêches, Société / Justice,

Le résident de Kiryat Arba accusé d’avoir tiré sur un Palestinien le jour de l’expulsion des Juifs de la Maison de la Paix à Hébron a été libéré de sa garde à vue mercredi. La juge chargée de son dossier a vivement critiqué la façon dont la police et le parquet ont agi dans cette affaire. Un acte d’accusation a toutefois été déposé par le parquet.

La juge du tribunal de la paix de Jérusalem, Malka Aviv a ordonné la libération de Zeev Braude, mais lui a interdit de se rendre à Hébron. “Je suis convaincue qu’il ne représente nullement une menace pour son entourage et je doute fort qu’il soit responsable de la façon dont les événements se sont déroulés”, a expliqué la juge.

La juge Aviv a fustigé la police et le parquet les accusant d’être influencés par la presse et de ne pas faire régner l’ordre comme il se doit. “La police suit aveuglement la version de la presse”, a-t-elle affirmé. La juge a déploré qu’en dehors de Braude aucun des responsables du lynchage dont il a failli être victime n’ait été appréhendé.

Même après avoir rendu sa sentence, la juge a été assaillie par des représentants de la police et du parquet qui ont demandé de reporter la libération de Braude. “La police est nettement influencée par la version imposée par la presse”, a souligné la juge Aviv.

Le comité des familles de détenus juifs emprisonnés pour leurs opinions politiques a réagi en déclarant : “Nous avons là une nouvelle preuve que des intérêts politiques hors propos sont à l’origine des décisions du gouvernement israélien au sujet des détenus juifs. D’un côté le gouvernement récompense le terrorisme en graciant 45 terroristes recherchés et en libérant 230 détenus palestiniens. Mais de l’autre, les Juifs qui ont agi en état de légitime défense, comme Braude, continuent à moisir en prison privés de vacances et des droits les plus élémentaires.”

Rappelons que Braude s’est rendu au poste de police avec le Rav Yigal Bibi pour exposer sa version des faits et tous deux ont aussitôt été arrêtés, à cause d’un enregistrement vidéo diffusé par le mouvement d’extrême gauche Bétsélem, dans lequel on les voit tirer sur des Palestiniens. Dans sa déposition, Braude a expliqué que les Palestiniens les avaient attaqués et s’apprêtaient à les lyncher. D’après l’organisation de Défense des droits de l’homme en Judée Samarie, la vidéo de Bétsélem a été coupée de façon à cacher ces faits afin de faire passer les deux Israéliens pour des provocateurs.

Il y a deux jours le Rav Bibi a été libéré de sa garde à vue, après que la juge du tribunal de district de Jérusalem, Orit Ef’al-Gabaï, a repoussé les arguments du parquet. Le Rav Bibi a tiré en l’air au moment où les Palestiniens s’attaquaient à Braude et à un autre jeune homme. Bien évidemment l’Etat a fait appel contre la décision de libérer les deux hommes.

Mercredi après-midi, le parquet a par ailleurs déposé un acte d’accusation contre Braude. Mais la juge a refusé de changer sa sentence et a affirmé que l’audience pouvait attendre jusqu’à demain même si Braude n’était pas derrière des barreaux.

A l’issue du jugement, Braude a immédiatement été évacué à l’hôpital pour le traitement des points de suture qui couvrent son corps après l’attaque des Palestiniens.

par YA

 

Scène de pogrom ordinaire à Hébron

http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=92374
5 déc. 2008
ISRAËL • Scène de pogrom ordinaire à Hébron
Après l'évacuation de la "maison de la discorde" occupée par les colons dans la ville de Cisjordanie, de jeunes Juifs s'en sont violemment pris à une famille palestinienne, sous le regard passif de l'armée. Reportage.


L'armée istaélienne a évacué environ 250 ultranationalistes de la "maison de la discorde"
DR


C'est une famille palestinienne innocente qui compte près de 20 membres, tous des femmes et des enfants en dehors de trois hommes. Autour d'eux, quelques dizaines de Juifs masqués veulent les lyncher. Un pogrom. Ici, on ne joue pas sur les mots. C'est un vrai pogrom, dans le pire sens du terme. D'abord, les hommes masqués mettent le feu au linge qui sèche dans la cour, puis ils tentent d'incendier une des pièces de la maison. Les femmes demandent de l'aide et crient "Allahu Akhbar" [Dieu est grand]. Mais les voisins ont trop peur de s'approcher, craignant les agents de sécurité de Kiryat-Arba [la colonie juive près d'Hébron], qui ont bouclé la maison et injurient les journalistes venus couvrir les événements.

Comme la rafale de pierres jetées sur la maison, les cris dus aux hommes masqués pleuvent sur la famille Abu Saafan. Il se passe quelques secondes avant qu'un groupe de journalistes, depuis longtemps habitués à ce genre de situation difficile, ne décident de réagir et de pénétrer dans la maison pour sauver la vie de ses habitants. Il faut bien une minute ou deux pour saisir ce qui se passe. Des femmes et des enfants pleurent, le visage plein d'effroi à l'idée d'une mort imminente, suppliant les journalistes de leur laisser la vie sauve.

Des pierres atterrissent sur le toit de la maison, sur les fenêtres et les portes. Des flammes s'engouffrent dans l'entrée sud de la maison. La cour devant la maison est jonchée de pierres lancées par les hommes masqués. Les fenêtres sont brisées, les enfants terrorisés. Tout autour, des centaines de témoins juifs [des colons] observent la scène avec grand intérêt, comme s'ils assistaient à un concert de rock, suggérant même des moyens plus efficaces pour nuire à la famille. La police est totalement invisible. Tout comme l'armée.

Il y a dix minutes, pendant que les forces de sécurité dispersaient les assaillants près de la "maison de la discorde" [un bâtiment occupé par 250 colons et évacué par la force le 5 décembre], des volutes de fumée noire se sont élevées de la vallée qui sépare Kiryat-Arba d'Hébron. Curieusement, aucun des officiers supérieurs de la police ou de l'armée n'a semblé inquiet de ce qui se tramait au pied de Kiyrat-Arba. Même à plusieurs centaines de mètres, on pouvait remarquer des dizaines d'assaillants en train de grimper sur le toit de la famille Abu Saafan et de jeter des pierres. Mais il a fallu un moment avant de comprendre que des gens se trouvaient à l'intérieur de la maison.

Je descends rapidement et j'aborde trois soldats. "Qu'est-ce que vous voulez de moi ? Nous trois, on est responsables de tout ce secteur", me lance l'un d'eux, désignant toute la vallée de la main. "Demandez de l'aide par radio", dis-je. Il me répond qu'il n'en a pas.

Des journalistes approchent de la maison. C'est un vrai dilemme. Que faire ? Il n'y a aucun soldat dans les parages et les fauteurs de troubles juifs ont maintenant décidé de viser aussi les journalistes. On demande aux agents de sécurité de Kiryat-Arba d'intervenir et de mettre un terme au lynchage. Mais ces derniers encerclent la maison pour empêcher l'arrivée d'une "aide palestinienne".

La maison est détruite et la peur palpable sur le visage des enfants. Une des femmes, Jihad, gît au sol, à moitié inconsciente. Son fils se prépare, un gros bâton dans la main, à affronter les assaillants. Tahana, l'une des filles, refuse de se calmer. "Regardez ce qu'ils ont fait à la maison, regardez."

Tess, la photographe, éclate en sanglots en voyant ce qui se passe autour d'elle. Ce ne sont pas des larmes de peur, mais de honte. La honte qu'elle ressent à la vue de ces événements, des agissements de jeunes qui se disent juifs. La honte de partager la même religion.

A 17 heures, un peu plus d'une heure après le début des incidents, une unité spéciale des forces de police (Yassam) arrive et disperse la foule des hommes masqués. Les membres de la famille Abu Saafan refusent de se calmer. En quittant la maison, on entend un colon hurler à l'officier de police : "Nazis, honte à vous." En effet, honte à vous.

Avi Assacharoff Ha'Aretz

  http://www.israelvalley.com/edito/2008/12/07/20663/israel-palestine-l-apres-maison-de-la-discorde-satisfaction-mitigee-et-cote-israelien-et-cote-palestinien

L'apres maison de la discorde : satisfaction mitigee et cote israelien et cote palestinien

Par Mati Ben-Avraham

Une opération qui a démontré les capacités opérationnelles des forces de sécurité, mais dont le mérite revient incontestablement au ministre de la Défense, Ehoud Barak, enfin égal à sa réputation de maître manœuvrier d’exception. Mais la satisfaction n’est que partielle, tant du côté israélien que palestinien.
A Jérusalem, si force est restée à la loi – les partisans de l’Etat de droit s’en félicitent – Il y eut cependant un énorme couac : la réaction des jeunes exaltés qui a pris de court les services de sécurité. Des groupes se sont déployés en direction du secteur arabe, s’en allant caillasser les maisons palestiniennes, allumant des incendies, bastonnant des passants. Une réaction, à l’évidence, planifiée à l’avance. Ce qui démontre deux choses, à savoir, primo, qu’il y a en coulisses une “main invisible” qui trace une stratégie de contre vis-à-vis des forces de l’ordre, et qui, secundo, vise à provoquer un clash avec la population palestinienne, partout où existent des points de friction. L’objectif final : briser toute possibilité d’accord avec la partie palestinienne.

A Ramallah, la première réaction de Mahmoud Abbas fut de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU. Il fallait bien faire quelque chose, dans la mesure où l’Autorité palestinienne traverse une passe délicate.

Mahmoud Abbas et Salam Fayyad sont, en effet,
soumis à une obligation de résultats. Tant sur le plan économique que sécuritaire, Il leur faut prouver à leur opinion publique que la voie choisie est de loin préférable, et profitable, au parti-pris de violence appliqué par le Hamas et ses acolytes. Pour ce, ils ont pris des risques.

Au plan sécuritaire en particulier, où ils ont accepté de jouer le jeu proposé par le président Bush, à savoir se doter d’unités d’élites, à même d’établir l’ordre, de démanteler les groupes armés, d’imposer le respect. Ces unités d’élite, formées par le Lt-Général américain Dayton, se sont déployées à Jenin, à Hébron et dans peu à Bethlehem, accompagnées par des grincements de dents. Avec des résultats à la clé : arrestation de quelques 300 membres du Hamas, saisie d’armes et d’explosifs. En position de faiblesse en Cisjordanie, le mouvement a réagi en utilisant une arme qu’il manipule bien : la dénonciation tous azimuts, la bastonnade verbale. Ainsi, Mahmoud Abbas et Salam Fayyad sont accusés, entre autres, d’être des créatures des Américains, des Israéliens. De brader la Palestine pour quelques dollars de plus. La moindre bavure de l’armée israélienne, les agressions perpétrées par des colons sur des paysans palestiniens, le déracinement d’oliviers, le saccagement de terres sont exploitées pour dénoncer non plus seulement la traditionnelle ” barbarie” israélienne, mais surtout la collusion des dirigeants de l’Autorité palestinienne avec “l’occupant sioniste.” Des slogans qui font tilt. Et, on s’en doute, les incidents d’Hébron, ont fait les délices des prêcheurs islamistes, à la télévision, dans les mosquées.

Ce qui expliquerait le langage tenu, ces temps derniers, par les deux dirigeants, langage qui nous ramène à l’ère arafienne.

Tout se passe donc comme si Mahmoud Abbas et Salam Fayyad, pour se dédouaner, avait choisi la surenchère verbale, sur la scène internationale particulièrement. Compréhensible, mais qui présente un double danger : d’une part, il n’est pas assuré que l’on puisse damer le pion au Hamas en jouant dans sa cour et, d’autre part, n’est-ce pas donner du grain à moudre, en Israël, à ceux qui accusent les dirigeants de l’Autorité palestinienne de tenir un double langage, en bons élèves de Yasser Arafat ?

  http://www.europalestine.com/spip.php?article3515

HÉbron : une maison de colons ÉvacuÉe. On est loin du compte !

Publié le 5-12-2008


A Hébron, la ville où 500 colons, protégés par l’armée israélienne, pourrissent la vie de dizaines de milliers de Palestiniens depuis des dizaines d’années et où l’un d’eux perpétrait un massacre au Tombeau des Patriarches en 1994, le gouvernement israélien a fini par déloger hier quelques-uns d’entre. Ci-dessous le communiqué de Gush Shalom à ce propos.

La police israélienne a fini par intervenir hier pour déloger les colons "radicaux" qui occupaient, en dépit d’une décision de justice, la maison dite "de la discorde" (dans la presse israélienne) et dénommée "maison du pogrom" par Gush Shalom, qui estime dans un communiqué que le gouvernement israélien ne s’est "même pas acquiité de la moitié du travail", à cette occasion.

Communiqué de l’association israélienne anti-colonialiste Gush Shalom :

"Virez tous les colons d’Hébron !"

L’évacuation des colons de la Maison du Pogrom d’Hébron est insuffisante et tardive. Cette maison aurait dû être évacuée, il y a des semaines, au lieu de la laisser devenir un lieu d’émeutes et de pogrom contre les Palestiniens : attaques et incendies de maisons palestiniennes, profanation de mosquées et de cimetières musulmans.

Et l’évacuation d’une seule maison est loin de suffire. Le ministre de la défense, Ehud barak a lui-même défini les concentrations de colons violents et racistes comme des tumeurs cancéreuses, mais il n’en a apparemment pas tiré les conclusions qui s’imposent.

L’une de ces tumeurs les plus dangereuses est bien cette enclave d’Hébron, qui n’a cessé de se développer, provoquant l’expulsion de dizaines de milliers de Palestiniens du centre de leur ville.

L’évacuation de ces colons pogromistes de tout Hébron sans exception est une mission parfaitement réalisable, même pas difficile à mettre en oeuvre, qui ne nécessite qu’une volonté politique, comme le prouvent les événements d’hier. On a pu constater que les colons retranchés dans la maison du pogrom excellent surtout dans les attaques racistes et lâches des habitants palestiniens, avec la protection de l’armée.

Le mouvement Gush Shalom demande que le gouvernement commence par verser immédiatement des compensations financières aux Palestiniens dont les maisons et propriétés ont été vandalisées par les colons.

"L’Etat d’Israël est totalement responsable des violences subies par les habitants d’Hébron. L’armée, la police et la police des frontières disposaient de larges forces sur le terrain, qui se sont contentées de regarder les colons ravager et brutaliser pendant des heures, sans même tenter de mettre fin à ce pogrom. Le minimum que puisse faire l’Etat d’Israël est de commencer par dédommager les victimes palestiniennes pour toutes les atteintes à leurs propriétés", écrit Gush Shalom dans un message adressé hier au ministre de la défense".

Contact : Adam Keller, porte-parole de Gush Shalom, +972-(0)3-5565804 or +972-(0)506-709603

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine