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Le corps et l'âme ne sont pas séparables


Jeudi, 22-Jan-2015
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Pour voir la contribution de Jacques Gouvenez, cliquez ici

Voici une synthèse forcément incomplète des exposés réalisés lors d'une soirée d'étude à Dijon consacrée au corps et à l'âme, merci aux contibuteurs : Danielle et Michel Touboul, Georges Huberfeld, Jacques Gouvenez et Michel Lévy.

 

 

La thora ne commence pas par la lettre א qui est pourtant la première lettre de l'alphabet, cette lettre Aleph est un h muet, qui a la valeur numérique de 1. La thora commence par la seconde lettre, ב le beth, le "B" hébreu qui vaut 2. Au début, D ieu créa le ciel et la terre, il y a donc eu deux créations, et le mot créa en hébreu se dit bara, il commence bien par le ב.
Alors, où est le א ? il est avant la création.

On peut expliquer cette anomalie en considérant que la valeur une représente le créateur, qui est un, et son nom est un. Les rabbins on décomposé la lettre א en trois le trait diagonal, est un "vav" ו et la tête et la jambe qui se rattache au tronc sont deux "yod"

Or le Vav vaut 6, et le yod 10. Le total vaut 26. Le tétragramme, les quatre lettres qui symbolisent D ieu , le Hé, Vav, Yod, Hé que des gens mal informés lisent Jéhova, ou Yahvé, vaut aussi 26 => 5 + 6 + 10 + 5. Donc le Aleph symbolise bien D ieu.

En conclusion, D ieu existait avant la création, il en est exclu.

Le premier homme, lui s'appel Adam, il s'écrit en hébreu אדם on peut séparer les lettres, et on a d'un côté, le Aleph א qui symbolise l'unité Divine, et de l'autre דם Dam, le sang. L'homme est bien la synthèse entre le souffle divin, l'âme, et la chair, symbolisée par le sang.

Rabbi Yehuda Hanassi, le Prince, ou le Saint, est le dernier des Tanaïms, c'est lui qui a terminé la Michna il a fini ses jours à Tsipori, près de Nazareth, au III ième siècle de l'ère courante, je vous recommande une visite de Tsipori, on peut y voir, des mosaïques extraordinaires.
« Un jour l'Empereur Antonin demanda à Rabbi Yehuda : Comment D ieu peut-il juger l'homme après sa mort ? le corps n'existe plus, et l'âme est pure par nature. Et Rabbi Yehuda raconta :
-Un Roi avait un beau jardin ou croissaient des fruits primeurs, il avait pris deux gardiens, un aveugle et un boiteux.
Le boiteux dit à l'aveugle, "Je vois de beaux fruits, monte moi sur tes épaules, je te guiderai et nous les mangerons." Ainsi fut fait, Quand le propriétaire réclama ses fruits, chacun des compères s'excusa "Pouvais-je les voir" ? "pouvais-je les atteindre ?" . Le Roi fit monter le boiteux sur l'aveugle et les condamna ensemble» Ainsi Dieu réunira le corps et l'esprit pour les juger.
»

  Le corps c'est l'homme qui est crée à l'image de Dieu

Deux termes hébraîques définissent le corps de l'homme : Gouf = גוף et bassar בַּשַׂר Bassar veut aussi dire viande, chair, Gouf signifie le corps en entier, qui doit être saint et sain. La Thora préfère utiliser le mot "bassar" par exemple on lit dans le psaume 84-6 : "libbi ou véssari yérannénou el El 'haï " (mon cœur et ma chair se réjouiront vers le D.ieu vivant" לִבִּי וּבְשָׂרִי-- יְרַנְּנוּ, אֶל אֵל-חָי - On trouve de nombreux autres passages où la chair participe à l'âme, par contre le mot corps ( Gouf = גוף ) est rare dans la bible, et désigne souvent un cadavre.

 

 

David Lallemand, sur le site du MJLF nous apprend que le Tamuld (de Babylone ou de Jérusalem) stipule pour le corps : "De chacun de ses parents, l'homme reçoit cinq éléments de son corps et dix de Dieu. De son père, il reçoit les os, les veines, les ongles le cerveau et le blanc des yeux. De sa mère, la peau, la chair, le sang, les cheveux et les pupilles des yeux. Puis, Dieu contribue à sa formation en lui donnant le souffle, l'âme, l'expression du visage, la vue, l'ouïe, le langage, le toucher, l'instinct, la perspicacité et la compréhension" . De là, les rabbins déduisent que trois partenaires créent l'homme: le père, la mère et Dieu. La séquence des mots a ici toute son importance, le père ensemence, la mère fait germer et Dieu dispense le principe de vie humaine.

On retrouve cette triple alliance pour la naissance du premier bébé : Caïn, la Genèse précise qu'Adam a pénétré Eve sa femme, qu'elle fut enceinte et qu'elle dit, "j'ai acheté un homme avec D ieu". Donc l'homme, la femme et D ieu, mais pour Abel rien de tout cela, est-ce pour cela que son nom peut se traduire par "vapeur, buée, inconsistance" ?

Le corps est la représentation visuelle et matérielle de la personne, il est aussi le reflet de l'âme, il exprime la profondeur et la spiritualité de l'individu.
Être un beau vieillard et la preuve que nous avons mené une belle vie,

C'est pour cela qu'il nous est prescrit de bien protéger notre corps :

Il est interdit de se suicider, de se tatouer, l'euthanasie n'est pas non plus autorisée, les mutilations volontaires, et même la chirurgie esthétique ne sont pas permises. Pourtant, des exceptions sont possibles, en particulier pour sauver une vie, la sienne par exemple.

Notre corps, c'est comme un enfant qui nous aurait été confié par Dieu, et nous avons l'obligation de le choyer, de l'écouter, de le protéger afin qu'il nous permette d'accomplir les mitsvoths le plus longtemps possible.


יז לֹא הַמֵּתִים, יְהַלְלוּ-יָהּ; וְלֹא, כָּל-יֹרְדֵי דוּמָה.  Ce ne sont pas les morts qui loueront le Seigneur, ni aucun de ceux qui sont descendus dans l’empire du silence (Psaume 115)

Pour faire vivre les corps beaucoup de juifs sont devenus médecins, le plus célèbre d'entre eux fut Rabbi Moché Ibn Maïmoun, dit Maïmonide.

Maïmonide 1135-1204

Maïmonide né en Espagne en 1138 a vu déferler sur son pays des hordes d'islamistes les Almohades qui ont persécuté tous les libres penseurs, et tous les non musulmans, il a du fuir au Maroc, puis en Egypte.

Ce sont ses connaissances immenses en herboristerie, qui font encore référence aujourd'hui, et sa capacité à guérir par les plantes qui ont fait son renom, son sens du diagnostique était certain, et pour cela il a été appelé par le Roi Saladin (Celui qui a repris Jérusalem aux croisés), et a refusé de suivre Richard Coeur de Lion qui voulait l'attirer à sa cour. On lui attribue une dizaine de livre de médecine, sur l'alimentation, l'hygiene, les poisons, la vie conjugale, les hémoroïdes etc..

Maïmonide était maître du talmud, il a écrit le Michné Thora, (Double thora) pour mettre la loi orale à la disposition de tous. On y trouve de nombreux passages relatifs à la médecine, pathologie humaine et animale, diététique, relations sexuelles permises ou non, circoncision, l'alcoolisme etc... il était lui même végétarien. Ses décision faisaient force de loi, on venait le consulter depuis le Yémen ou la Pologne.

Sa philosophie était une recherche de synthèse entre science et religion, entre Aristote et Moïse. «L'homme doit se borner au nécessaire, et s'abstenir du superflu », est un des principaux message de son oeuvre majeure : "Le guide des perplexes" souvent mal traduit par guide des égarés qui a été écrit en arabe.

C'est de mélange de Thora, hygienne de vie et philosophie qui fait de Maïmonide un homme en avance sur son temps, près de 900 ans ! il recommande à ses patiens de suivre sa voie, de mener une vie sportive, de manger sainement, de chercher à être heureux, et de s'entretenir l'esprit en étudiant la Thora.

Prière du Médecin par Maïmonide

Mon Dieu, remplis mon âme d'amour pour l'art et pour toutes les créatures. N'admets pas que la soif du gain et la recherche de la gloire m'influencent dans l'exercice de mon Art, car les ennemis de la vérité et de l'amour des hommes pourraient facilement m'abuser et m'éloigner du noble devoir de faire du bien à tes enfants. Soutiens la force de mon coeur pour qu'il soit toujours prêt à servir le pauvre et le riche, l'ami et l'ennemi, le bon et le mauvais.

Fais que je ne voie que l'homme dans celui qui souffre. Fais que mon esprit reste clair auprès du lit du malade et qu'il ne soit distrait par aucune chose étrangère afin qu'il ait présent tout ce que l'expérience et la science lui ont enseigné, car grandes et sublimes sont les recherches scientifiques qui ont pour but de conserver la santé et la vie de toutes les créatures.

Fais que mes malades aient confiance en moi et mon Art pour qu'ils suivent mes conseils et mes prescriptions. Eloigne de leur lit les charlatans, l'armée des parents aux mille conseils, et les gardes qui savent toujours tout : car c'est une engeance dangereuse qui, par vanité, fait échouer les meilleures intentions de l'Art et conduit souvent les créatures à la mort. Si les ignorants me blâment et me raillent, fais que l'amour de mon Art, comme une cuirasse, me rende invulnérable, pour que je puisse persévérer dans le vrai, sans égard au prestige, au renom et à l'âge de mes ennemis. Prête-moi, mon Dieu, l'indulgence et la patience auprès des malades entêtés et grossiers.

Fais que je sois modéré en tout, mais insatiable dans mon amour de la science. Eloigne de moi l'idée que je peux tout. Donne-moi la force, la volonté et l'occasion d'élargir de plus en plus mes connaissances. Je peux aujourd'hui découvrir dans mon savoir des choses que je ne soupçonnais pas hier, car l'Art est grand mais l'esprit de l'homme pénètre toujours plus avant.

Traduction tirée de : SOULIER, Du Serment d'Hippocrate à l'éthique médicale, Thèse médecine, Marseille, 

Les degrés de l'âme, les mitzvots font l'élévation.

Il existe cinq termes pour désigner l'âme, trois sont bibliques et très généralement utilisées, les deux derniers proviennent de la Kabbale et sont plus tardifs. Par contre il n'y en a qu'un pour désigner la chair : ( בָּשָׂר Basssar, . chair )

Nefesh, ruah, neshama ,haya, yehida.

L'homme construit son âme en faisant des mitzvoths, (bonnes actions) il n'existe pour ainsi dire pas de mitzvoth sans actions, tout être vivant, constitué de chair et d'âme a donc vocation a progresser. Le judaïsme ne croit pas à l'enfer, comme punition, il pense plutôt que les âmes bien formées par les mitzvots sont éternelles, et que les méchants iront à la mort.

Nefesh :

Nefesh est commun à l'homme et aux animaux, c'est le symbole de la vie, on peut lire dans la genèse : ד אַךְ-בָּשָׂר, בְּנַפְשׁוֹ דָמוֹ לֹ א תֹאכֵלוּ Akh Bassar be-Nafcho Damo, lo Tokhalou (Nafcho = son Nefesh, c'est à dire son souffle, son âme et Damo son Dam, son sang) Mais sa chair, dans le sang de son âme, tu n'en mangeras pas.
Cette phrase est une interdiction donnée à Noé et à ses descendants, il est interdit de manger d'un animal vivant. On voit que l'animal a aussi une âme, un souffle de vie, Nefesh, et qu'elle réside dans le sang, symbole de la vie.

Dans le cas de l'homme ,cette «nefesh» définit la personne : Génèse 46'26, כָּל-הַנֶּפֶשׁ הַבָּאָה לְיַעֲקֹב מִצְרַיְמָה «toutes les âmes (Néfesh) qui sont venues avec Jacob en Égypte »

Nefesh et Basar sont indissociables ,comme on le trouve sur les inscriptions tombales identifiant le défunt: ici repose la nefesh de un tel.

Rouah'

La personne humaine est donc spécifiquement chair et nefesh, mais celle-ci provient d'un élement externe venu de Dieu : la neshama Il y a aussi un autre élément important, c'est la 'rouah' ,le souffle,le pouvoir de vie, 'toute chair dans laquelle se trouve une rouah de vie: Genese 6'17. (Le déluge)

יז  אֲנִי, הִנְנִי מֵבִיא אֶת-הַמַּבּוּל מַיִם עַל-הָאָרֶץ, לְשַׁחֵת כָּל-בָּשָׂר אֲשֶׁר-בּוֹ רוּחַ חַיִּים, מִתַּחַת הַשָּׁמָיִם: כֹּל אֲשֶׁר-בָּאָרֶץ, יִגְוָע ר-בָּאָרֶץ, יִגְוָע
Et moi, je vais amener sur la terre le Déluge - les eaux - pour détruire toute chair animée d'un souffle de vie sous les cieux; tout ce qui habite la terre périra.

Rouah' est le plus souvent assimilé à la Divinité. La ruah est proche de la neshama, mais elle semble lui être spirituellement supérieure.
On parle ainsi de l'esprit de Sainteté : Rouah hakodesh .

La Neshama

La neshama ,vient de neshima : qui signifie respiration, nachaf veut dire souffler, exhaler.

Genese2'7. «  Le Seigneur Dieu créa Adam ,poussière de la terre et souffla dans ses narines une neshama de vie, et l'homme fut une nefesh vivante »
וַיִּפַּח בְּאַפָּיו, נִשְׁמַת חַיִּים; וַיְהִי הָאָדָם, לְנֶפֶשׁ חַיָּה :
Seule la nefesh de l'homme provient d'une neshama, car les autres êtres vivants ont été créés directement comme nefesh haya (âme vivante) .

 Lorsque  qu'un homme va quitter le monde,l'ange de la mort apparait pour emporter son âme (nechama). La nechama ressemble à une veine remplie de sang et pourvue de veinules dispersées à travers le corps. L'ange de la mort saisit l'extrémité de cette veine et l'hôte(du corps). S'il s'agit d'un juste ,l'opération se fait avec douceur,comme on retire un cheveu du lait,mais si c'est un méchant ,son àme lui est reprise comme dans le tourbillon des eaux à l'entrée d'un étroit défilé.......Aussitôt que cette extraction a eu lieu,l'individu meurt; son esprit sort et s'installe sur le nez jusqu'à ce que le corps tombe en décomposition. (Midrach sur Ps.41,7 ;51b,52a )

'Haya (singulier de Haïm La vie)

A ce niveau l'âme poirte ses regards sur l'energie divine. Alors que l'activité principale du niveau de Nechama est d'utiliser la compréhension intellectuelle afin de parvenir à la communion avec D.ieu en tant que Créateur des mondes, le niveau de 'Haya communie avec D.ieu tel qu’Il transcende les mondes.

Ye’hida

Yeh'ira veut dire unique, c 'est le niveau le plus sublime de l'âme, celui qui atteint la lumière originale, dans la genèse, on apprend que la lumière a été crée avant les astres, cette lumière est celle des justes et l'obscurité du monde nous la cache. A niveau de la méditation, c'est au dessus de la prière.

Pour plus de détails, je vous invite à lire l'article de Moché Miller ici

 

Le corps peut-il être impure et nuire à l'âme ?

Le corps n'est pas crée pur et complet, pour cela les hommes sont circoncis, quand on retire le bout du prépuce, on enlève un rond de chair, et ce rond est un symbole féminin, on sépare la partie masculine de la partie féminine.

la circoncision

La qualité d' «incirconcis »est synonyme d'état d'impureté. Il y a la volonté de moraliser la sexualité et d'élever ainsi l'homme qui n'est plus condamné à être le jouet de ses sens.
Ceci est déjà perceptible dans les premiers chapitres de la Genèse(2,24) qui annoncent ,la première union d'un homme et d'une femme

כד עַל-כֵּן, יַעֲזָב-אִישׁ, אֶת-אָבִיו, וְאֶת-אִמּוֹ; וְדָבַק בְּאִשְׁתּוֹ, וְהָיוּ לְבָשָׂר אֶחָד.
'C'est pourquoi l'homme laissera son père et sa mère,s'attachera à sa femme et ils deviendront une seule 'chair'

Le martyr

C'est un cas particulier où le corps peut être amené à choisir entre le trépas et la transgression .
Il n'y a que trois cas où la loi recommande de trépasser plutôt que de transgresser.
- si l'on nous oblige à faire couler du sang innocent, à découvrir des nudités interdites, ou enfin à devenir des idolâtres. .

Le corps de la femme

Il pose un problème aux yeux des théologiens dans l'ancien temps: Au début, à l'époque du second Temple, dans les synagogues ,les sexes étaient séparés,

Un peu plus tard, avec le Talmud de Babylone, 'Sukka 52a',on plaça les femmes au dessus (d'une hauteur d'homme) ,et on ne prenait pas ombrage du chant public des femmes dont la voix n'était pas encore considérée comme une nudité, une 'erwa'

Le Talmud (Berakhot 24a et Kiddoushim 70a) rapporte aussi des discussions de rabbins relatives aux parties précises du corps de la femme qui devaient être cachées à la vue des hommes pendant qu’ils prient : les uns considèrent que seulement ses parties génitales devaient être cachées, d’autres que tout son corps doit l’être, car « kol be-isha erwa » (tout dans la femme est nudité), tandis qu’un autre rabbin, jouant sur les homonymes hébraïques kol (tout) et qol (voix), affirme « qol be-isha erwa » (la voix de la femme est nudité), redoublant ainsi l’invisibilisation de la femme par son silence.

Ultérieurement, les décisions de Maïmonide (1135-1204), selon lesquelles la vue des cheveux de la femme aussi bien que sa voix sont « nudités », et sont incompatibles avec le recueillement nécessaire à la prière ont pris force de loi dans la halakhah (la jurisprudence juive). 

Ces lois et coutumes rejettent le corps de la femme, comme s'il ne contenait pas une âme, cette attitude cette attitude de rejet est toujours d'actualité, et fait que certaines femmes finissent par avoir honte de leur corps, et le cache, on en arrive dans certains cas extrêmes à imiter les musulmanes, et on voit des femmes s'habiller en burqa.

On ne peut pas dire que ces excès soient conforme à la tradition juive, mais cela montre qu'il n'y a pas une "orthodoxie" mais des façons très divers de vivre le judaïsme et d'interprêter les consignes du talmud.

Punir son corps pour sauver son âme

C'est une très ancienne tradition, le jour Kippour, nous jeunons dans cet esprit, et souvent le corps est méprisé :

« Plus de chair , plus de vers » dit Talmud,Traité des Pères2'7.
 בָש ָׂרBassar est même vu comme l'acronyme de boucha בושה ' « honte »

Lorsqu'il est mort, en 1812, la communauté de Metz a rendu hommage à Meyer Charleville, le grand rabbin qui était aussi mon ancêtre... (mais il ne le savait pas encore) " ... Toujours il eut soin d'être parmi les dix premiers qui arrivaient à la prière. Pour humilier son âme si pure, il s'imposait des mortifications et des humiliations "

Cette tradition est solidement ancrée dans le judaïsme, le jour de Kippour, ne demandons nous pas pardon en jeunant, en faisant souffrir notre corps ?

Il y a donc dans le judaïsme un soucis quant à l'acceptation de son corps, la séparation des "parties honteuses" des "parties nobles", chez les 'hassidim (ils mettent une ceinture sur leur lévite pendant la prière dans ce but). Mais le corps n'est-il pas crée par Dieu ? n'est-il pas un ? ne forme-t-il pas une unité avec notre âme qui y est intimement incluse ?

:צָמְאָה לְךָ, נַפְשִׁי-- כָּמַהּ לְךָ בְשָׂרִי

Mon âme a soif de toi, comme ma chair... (psaume 63-1)

Un jour viendra ou notre âme, toute notre âme, nefesh, rouah, neshama quittera notre corps, et ce jour là nous serons morts, séparer le corps et l'âme, c'est mourir, l'être humain est entier, matériel et spirituel, tant qu'il est vivant. Celui qui néglige son corps ou son âme peut être considéré comme mort.

הַחַיִּים וְהַמָּוֶת נָתַתִּי לְפָנֶיךָ, הַבְּרָכָה וְהַקְּלָלָה; וּבָחַרְתָּ, בַּחַיִּים-"J'ai placé devant toi la mort et la vie, la bénédiction et la calamité, choisis la vie !" (Deut 30-19)

N'est-ce pas le meilleur conseil qu'on puisse vous donner ? ?

 

Michel Lévy

Texte intégral de la contribution de Jacques Gouvenez : cliquez ici