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Charlie - Revue de Presse


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La Libre Belgique
 Publié le jeudi 15 janvier 2015 à 17h57 - Mis à jour le jeudi 15 janvier 2015 à 17h58

Charlie Hebdo : Réponses autour des inévitables rumeurs conspirationnistes

Une opinion de Gricha Safarian, licencié en Sciences Politiques et Relations Internationales (ULB), blogueur.

Dans une opinion étonnante, publiée dans la Libre, de Jean-Claude Paye, sociologue, la question suivante est posée : "Comment des tueurs, commettant un attentat avec un sang-froid et une maîtrise qualifiés de professionnels, peuvent-ils commettre une telle erreur (oublier leur carte d’identité dans la voiture) ?".

Et partant de cette question lourde de sous-entendus conspirationnistes, l’auteur nous rappelle au passage l’affaire des passeports de terroristes retrouvés dans les rues de New York et… pour en conclure "Depuis le 11/9, l’invraisemblable fait partie de notre quotidienneté. Il est devenu le fondement de la vérité. La Raison est bannie. Dans tous les cas, le caractère déréalisant de ce qui est présenté nous installe dans la sidération".

Ma sidération à moi émane de la lecture de cette opinion qui ne va pas jusqu’au bout de sa pensée.

Démontage : Les exemples cités par l’auteur concernant le 11 Septembre n’ont rien d’invraisemblable. En effet le passeport d’un des terroristes a été retrouvé, mais aussi des cartes de crédit de passagers, des cartes d’identité, des sièges d’avions, une roue, le plan de vol etc. Des centaines de photos de tous ces documents sont disponibles à toute personne qui s’intéresse à la question. Par ailleurs, sachant que tout embarquement d’un avion entraîne l'inscription du nom du passager sur le manifeste, les autorités n’avaient aucun besoin de trouver des passeports en pleine rue pour identifier les passagers suspects. Il leur suffisait de consulter le manifeste.

Mais revenons-en à questionnement sur l’histoire de la carte d’identité oubliée.

Disons au passage que c’est sur le même type de raisonnement biaisé que Thierry Meyssan a déduit, quelques heures après le début du drame Charlie, que les deux tueurs étaient des agents israéliens.

D’après Jean-Claude Paye donc, il s’agit là d’une erreur impossible, ces tueurs étaient bien trop professionnels pour cela. Ah bon ? Et c’est professionnel de préparer soigneusement une tuerie épouvantable dans un journal mais de se rendre à la mauvaise adresse ? Et de ne pas être capable de changer le chargeur de son arme comme on le voit sur une vidéo publiée récemment (voir ici) ? Ou de ne pas attacher ses chaussures et d’en perdre une dans la rue en tuant un policier ?

Et en fait, est-ce intelligent d’aller tuer 12 personnes pour un dessin ?

Pourquoi ne pas simplement énoncer la vérité de manière simple. Ces deux tueurs étaient certes des professionnels du combat, ils savaient tuer. Mais c’étaient de sombres crétins. Tout simplement ! Leur parcours semé d’erreurs de débiles en atteste.

Ce qui est véritablement sidérant dans toute cette histoire, c’est l’acte de ces jihadistes, pas le fait qu’un d’eux ait oublié sa carte d’identité.

Et la propension à douter de tout ce qui vient de la presse "mainstream", née avec les théories du réseau Voltaire depuis le 11 Septembre n’a qu’un seul but : occulter une réalité difficile à admettre mais pourtant visible sous nos yeux, sur YouTube par exemple. La réalité c’est cela. C’est un mouvement jihadiste qui, depuis la date symbolique du 11 Septembre, a déclaré une guerre sans fin à la démocratie. Que veulent-ils exactement ? Que pourrions-nous faire pour les calmer ? C’est très simple. Rétablir le délit de blasphème.

Mais le blasphème c’est le pain hebdomadaire de Charlie. L’Islamophobie, la Judeophobie et la Christianophobie faisaient tour à tour la Une de Charlie (phobie = crainte). Charlie n’aime pas les idéologies religieuses et 17 personnes en sont mortes.

Le choix qui s’offre à nous aujourd’hui est donc très simple. Abandonner nos valeurs démocratiques pour accommoder la frange extrémiste d’une idéologie religieuse ou refuser les concessions et nous retrouver en état de guerre larvée contre un nouveau fascisme, celui d’Al Qaeda, de l’Etat islamique et de leurs suiveurs, à l’étranger mais aussi chez nous.

C’est à cela qu’il faut réfléchir aujourd’hui, sans faire de détours inutiles par des fables conspirationnistes. Il y a urgence à organiser un front démocratique contre le nouveau fascisme. Ce front a existé le temps d’un dimanche, puisse-t-il se solidifier.

La presse a un rôle important d’explication à jouer et dès lors les fabulations conspirationnistes devraient être traitées pour ce qu’elles sont. Au mieux des dénis de réalité, au pire des manœuvres d’intoxication.

Lisez ici l'opinion de Jean-Claude Paye

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Interview deYahia Gouasmi par Algérie Patriotique !

Mardi, 13 Janvier 2015 [Section :  Communications du PAS] (Parti antisionniste)
Cet article a été partagé 793 fois sur Facebook

Yahia Gouasmi, Président du Parti Anti SionisteYahia Gouasmi, président du Parti Anti Sioniste, a été interviewé par le journaliste Djamel Zerrouk pour le journal Algérie Patriotique.

Après Khaled Kelkal, Mohamed Merah, Mehdi Nemouche, c'est au tour des frères Kouachi d'être désignés derrière un attentat meurtrier. Est-ce le fait du hasard que ces « terros » soient tous d'origine algérienne et musulmane ou, au contraire, faudrait-il chercher du côté de la manipulation des services ?

Yahia Gouasmi Président du parti antisioniste

Plusieurs années de colonisation ont permis à la France, au sionisme et à l’Occident tout entier de saisir la fibre patriotique algérienne. C’est cette corde sensible que les sionistes savent exploiter afin de servir leurs intérêts. Ils nous connaissent.

Avec la création de Charlie Hebdo, décidée par le lobby sioniste et soutenue par les partis politiques « sionisés », on ne pouvait que s’attendre à une telle réaction. Ils l’ont désirée, espérée, pour enfin la réaliser. Il n’y a rien d’étonnant à ce que des musulmans « novices », algériens ou africains, réagissent ainsi en pensant défendre l’honneur de notre Prophète. Malheureusement, il y aura probablement d’autres attentats, encore plus graves que celui de Charlie Hebdo.

Les services français quant à eux, œuvrent de leur mieux pour la sécurité de la nation, malheureusement, certains hommes politiques inféodés au sionisme sabotent leur travail en interférant dans leurs enquêtes.

Plusieurs analystes estiment que c'est le monde musulman en général et l'Algérie, en particulier qui est visée, partagez-vous cet avis ?

Effectivement, comme nous l’avons déclaré à plusieurs reprises dans nos articles et vidéos, nous pensons que l’Algérie est la prochaine cible. Les seuls pays musulmans qui résistent encore au sionisme (et dont la majorité sont d’anciennes colonies françaises), sont l’Iran, la Syrie, le Liban et l’Algérie.

Il était étonnant hier de voir marcher Ramtane Lamamra, ministre algérien des Affaires Etrangères, aux côtés de Netanyahu, criminel de guerre, et de sa clique sioniste. Ceci pour défendre la pseudo-liberté d’expression de l’équipe de Charlie Hebdo, dont les caricaturistes sont les soldats du sionisme contre l’Islam et ont tenté de salir notre Prophète (s).

Quel déshonneur pour cette patrie qui compte un million et demi de martyrs !

Vous attendez-vous à une présence plus importante en nombre de militaires occidentaux dans la région de l'Afrique du nord? L'impact de cette « agression » sur les peuples de la région ?

Il est légitime de chercher à vivre en sécurité et en paix et c’est le devoir de tout responsable politique de s’en assurer. L’Algérie, tout comme la France, est en danger. Elles doivent rester unies. Nous possédons nos propres valeurs, qu’elles soient partagées ou non, et nous avons le devoir de les préserver car elles constituent une arme redoutable dont nous ne devons jamais nous séparer.

Quant à votre question, frère, les militaires sont déjà présents en nombre dans la région.

En présentant continuellement des « excuses », la communauté musulmane de France n'est-elle pas en train d'apporter de l'eau au moulin des vrais commanditaires des attentats ?

Tout à fait, et ceci est un constat clair, les responsables de la communauté musulmane, sans exception, sont une émanation du système. Quand je dis système, je parle de Sarkozy, du CRIF et de tous les hommes politiques qui font l’apologie du sionisme, et qui ont été élus pour le servir et lui obéir.

Ils se vendent en échange d’une rétribution ou d’une fiche de paie à la fin du mois, alors ne me parlez pas de ces harkis d’une nouvelle ère !

Je lancerai bientôt un appel aux Musulmans, aux Chrétiens et aux Juifs de France. Nous comptons sur vous pour le relayer.

Les valeurs de L’Islam sont solides et ont fait leurs preuves et c’est ce qu’ils veulent ôter à nos âmes. L’Islam constitue notre protection et notre sécurité. C’est une alternative que Netanyahu et le sionisme combattront toujours. C’est notre rôle d’éveiller les Français et les Européens face à ce danger qu’ils représentent.

Que Dieu protège l’Algérie libre et indépendante grâce à la résistance et au sang versé de nos martyrs !

Algérie patriotique

Par Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sionist © www.partiantisioniste.com/communications/2212

Commentaires :

Midou Schumi · Université de m'sila
J'espère que t'aura beaucoup de soutiens, moi personnellement je suis de votre avis.
Bonne continuation
Répondre · J’aime · 5 · S’abonner à la publication · il y a 20 heures

Fatiha Boubou
SALAM AHLIKOUM WARAMATALLAH WABAKATOU AMINE
Répondre · J’aime · 4 · S’abonner à la publication · il y a 20 heures

Amélia Rose · Meilleur commentateur · Paris
Chapeau bas M Gouasmi, le sang qui coule dans vos veines est celui des Hommes Libres.
L'heure est grave, les Français se doivent d'être vigilants et de chercher où se trouve la vérité car il y va de leur avenir, de celui de leurs famille et de leur pays !
Israël est tombé, que Dieu maudisse Israël et le sionisme international,
TOUS UNIS CONTRE LE SIONISME !
Répondre · J’aime · 7 · S’abonner à la publication · il y a 20 heures

Ariette Olson · Meilleur commentateur · Lycée Pierre de Coubertin
Que les français se raisonnent et ne tombent pas dans les pièges des sionistes !
Monsieur Gouasmi l'Algérie peut être fière de vous car vous êtes la dignité, la liberté même !
Les français ne comprennent pas que vous leur voulez du bien, mais quand ils se rendront compte que le gouvernement les manipulent, les utilisent il sera trop tard et s'en mordront les doigts !!!

A tous les hommes libres qui ne sont ni manipulés, ni utilisés par le sionisme et le gouvernement sionisé relayez les articles du Parti Anti Sioniste !

Il faut éveiller les consciences avant que le choc des civilisations prenne trop d'ampleur et que chaque personne sorte armée et tire sur tout ce qui bouge !!!
Répondre · J’aime · 6 · S’abonner à la publication · il y a 19 heures

Ali Aitezzi · S’abonner · Agadir
Avec vous M. Gouasmi dans le combat du sionisme jusqu'à l'éternité. Bon courage.
Répondre · J’aime · 3 · S’abonner à la publication · il y a 18 heures

Nourredine Moulai Ali · Vitry-sur-Seine
Bravo pour ces belle paroles!
Répondre · J’aime · 5 · S’abonner à la publication · il y a 18 heures

Isma Blida · Meilleur commentateur
Vive l'Algérie Libre et Indépendante.
Répondre · J’aime · 3 · S’abonner à la publication · il y a 17 heures

Sami Mi
On peut dire que vous ne mâchez pas vos mots ! bravo !!!! l'islam sera un éternel rempart au sionisme
Répondre · J’aime · 2 · S’abonner à la publication · il y a 16 heures

Adel Abdoulrahim · Agent D'exploitation & D'Information Aérienne à Directeur général de l'aviation civile bon courage Monsieur yahya et franchement les musulmans de France faut qu'ils se réveille de leur torpeur est les collabos comme les vendus les imams des mosquées en france c'est eux qui nous ont vendu vraiment je ne sais pas quoi dire c'est qui joues avec la religion ???
Répondre· J’aime · S’abonner à la publication · il y a 14 heures

Habiba Ben Amara Namer · Lycée Gustave Flaubert
Avec tout se qu´il se passe, et faut, nous les musulmans walla nous sommes innoncent, et Allah et grand de voir tout ca.
Répondre · J’aime · S’abonner à la publication · il y a 6 heures

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Je suis tenaillée par la tristesse…

Le chagrin… la frustration… Ce qui s’est produit à Paris, mercredi dernier, est véritablement abject, odieux. Mais plus abject encore et bien plus odieux le fait que certains d’entre nous puissent trouver des justifications à cela, au crime, à la violence. Les journalistes de Charlie Hebdo ont-ils fait du Prophète un sujet de plaisanterie, une matière d’humour ? Alors oui donc ils méritent ce qui leur est arrivé. Ils ont versé le premier sang, et le leur a coulé.

Je suis stupéfaire, heurtée, choquée, meurtrie, scandalisée… En sommes-nous donc arrivés à répondre aux mots, aux dessins, par le massacre ?

Charlie Hebdo a-t-il dit que l’islam est une religion violente ? Nous allons donc prouver au monde que ce n’est pas le cas… Nous allons tuer les journalistes, les caricaturistes, les policiers, tous ceux qui se trouvent sur notre chemin, et ainsi, nous montrerons à l’humanité entière que Charlie Hebdo se fourvoyait complètement quand il disait que l’islam est une religion de violence. N’est-ce pas là le summum de la contradiction ?…

Non, chers amis, non et encore non ! Rien ne peut justifier le meurtre. Il n’existe rien au monde, ni l’appartenance identitaire, ni l’amour et l’attachement pour sa foi, qui puisse donner à un individu le droit d’ôter la vie à un autre.

On peut ne pas entériner ni être d’accord avec la ligne éditoriale de Charlie hebdo. Mais un mot, une phrase, une pensée, ne peuvent être combattus que par un autre mot, une autre phrase, une autre pensée. La violence est l’arme des faibles et des lâches.

C’est pour cela que j’ai été encore bien plus scandalisée par les justifications des meurtres que par les meurtres en eux-mêmes. Avons-nous donc toute cette violence en nous, dans nos êtres ? Sommes-nous donc entourés de tous ces terroristes de (et par) la pensée, que nous voyons et côtoyons chaque jour comme nos collègues, nos proches, nos voisins et cousins ? Le musulman croit et pense que Dieu le protège… mais le terroriste croit et pense que c’est lui protège Dieu !

En une semaine, une seule, nous avons eu le drame de Paris, puis celui du Yémen, avec 40 jeunes étudiants massacrés, et en Turquie, et au Caire… Dans des pays comme l’Irak, la Syrie, le Mali, le Nigéria, la Libye, nous avons même renoncé à faire le décompte des morts… la plupart tués au nom de la défense de l’islam.

Nous ne pouvons plus aujourd’hui nous dissimuler derrière cette idée que les criminels de Paris et d’ailleurs ne représentent pas le véritable islam. Que nous le voulions ou pas, ils sont en nous et nous sommes en eux. L’heure a désormais sonné pour que nous nous regardions dans un miroir et que nous posions cette question, LA question : « Pourquoi n’entendons jamais parler de chrétiens, de bouddhistes ou d’athées qui font exploser le monde en défense de leurs convictions ?

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, certes mais aujourd’hui, la plupart des terroristes sont musulmans. Cela doit nous interpeller… cela doit nous ébranler !

mc-doualiya.com


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Dans l’Hyper Cacher : un otage raconte l’agonie, le prêche, l’assaut

le 14/01/2015 à 05:01 | AFP Vu 7767 fois
«Goy» parmi les otages de l’Hyper Cacher, il se sent aujourd’hui «terriblement juif": un haut fonctionnaire à la retraite a raconté mardi ses longues heures d’impuissance face à l’agonie d’une victime et à un tueur déterminé qui «pérorait» sur les juifs et la Palestine.

Ce jour-là, cet homme de 67 ans, qui a souhaité conserver son anonymat, client occasionnel du supermarché casher, voulait acheter du houmous. «J’étais dans le fond du magasin quand j’ai entendu une détonation.» Pour avoir été en poste dans des pays en guerre, il comprend tout de suite, «au bruit caractéristique que fait la Kalachnikov», qu’il s’agit d’une prise d’otages. «Puis ça a été la panique, les gens se sont précipités vers un escalier en colimaçon» qui menait au sous-sol.

Il se réfugie alors dans une des chambres froides. Une pièce de 10 m2, encombrée de colis où se tapissent également une femme et son nourrisson. Il fait -5° dans le «frigo», ce qui n’impressionne pas notre homme, qui a connu des -40° en Sibérie. Au bout d’une demi-heure, un otage descend leur dire: «Remontez tous ou il tue tout le monde.» «J’ai hésité. Puis je me suis dit: tant qu’à faire je préfère mourir à l’air libre que dans une cave». En haut de l’escalier, il tombe «sur le cadavre du malheureux - je l’ai su après-coup - qui avait essayé de prendre l’arme du terroriste. Il gisait dans une mare de sang, visage contre terre». -

Du foie gras avant de mourir

 «Venez, monsieur», lui dit Amédy Coulibaly et il rejoint une douzaine d’otages, regroupés dans une travée proche de la sortie du magasin: le coin des alcools et des produits de luxe, comme le foie gras. «Il m’a effleuré que je pourrai, avant de mourir, en manger». Mais cette pensée frivole est vite chassée par une vision terrible. «J’étais juste en face de trois cadavres, à l’entrée du magasin. Deux étaient face contre terre, baignant dans leur sang. Mais le plus pénible c’était qu’il y avait contre le mur un troisième qui agonisait. Il avait perdu conscience mais il hoquetait encore...» Le jihadiste propose de l’achever. Les otages l’en dissuadent. Les heures passent. Coulibaly demande à chaque otage de décliner nom, âge, profession et origine. «J’ai dit: "français". Il m’a demandé: "catholique?". J’ai dit oui.» «Pour lui, l’origine c’était forcément la religion. Or réduire quelqu’un à sa religion de naissance, c’est le summum du racisme», commente ce serviteur de l’Etat, qui a vécu dans plusieurs pays musulmans, apprend l’arabe et s’initie à la lecture du Coran.

Le jihadiste fait des «va-et-vient» dans le fond du magasin où il craint une irruption des policiers. Il demande que l’on bouche l’accès avec des palettes. L’homme, qui a confisqué les portables des otages, s’en sert pour passer de nombreux coups de fil, dont à la chaîne d’information BFMTV. «Il nous a dit que c’était lui qui avait tué la policière de Montrouge, qu’il s’était coordonné avec les frères Kouachi et qu’il avait été obligé de passer plus vite que prévu à l’attaque» du supermarché car l’étau policier se resserrait autour de lui.

 Talion et vengeance

Avait-il des revendications? «Il s’est mis à pérorer». Invoquant «la loi du Talion» et le désir de «vengeance», il a dressé un tableau des persécutions dont sont victimes les musulmans, «de la Birmanie jusqu’au Mali en passant par la Palestine et la Syrie», raconte l’otage. «Ce qui m’a frappé, c’est qu’il a parlé des persécutions des musulmans en Birmanie - qu’on appelle les Rohingyas - par les bouddhistes: c’est pointu. On voyait que c’était un militant, pas un amateur. Et ça se voyait aussi à sa façon de manier les armes». Certains tentent un dialogue avec le jihadiste, pas lui. «Je suis resté dans mon coin à essayer de faire le vide en moi, en attendant que ça passe.» Soudain, une explosion retentit dans le fond du magasin, à l’opposé de l’endroit où sont rassemblés les otages. Coulibaly s’y précipite, quand une seconde déflagration secoue la devanture. «Je vois le rideau se soulever, je me couche par terre, avec mon sac sur la tête. Coulibaly se précipite vers la sortie principale...» A l’Hôtel-Dieu, où il est conduit avec les autres otages, un cadre de la communauté juive lui demande s’il a besoin d’aide, il répond qu’il va bien et qu’il n’est pas juif. Puis, se reprenant: «Je ne suis pas juif, mais, aujourd’hui, je me sens terriblement juif.»

Dimanche, il a défilé avec sa femme contre le terrorisme.

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J’ai peur

Par André Nahum (Chronique radio)

Oui, j’ai peur et je suis triste. Depuis 8 jours je suis scotché à la télé, le transistor collé à l’oreille.

J’ai peur, non pas pour moi, ma vie touche à son terme, mais pour mes enfants, mes petits-enfants et mes arrière-petits-enfants.
Mes voisins, mes amis ont peur. Parce que l’antisémitisme progresse à pas de géant et que maintenant il tue. Parce qu’il est devenu banal,  comme il est devenu banal de haïr, d’insulter et de diaboliser l’état d’Israël dans lequel ont trouvé refuge les survivants de la Shoah et un grand nombre de réfugiés juifs des pays arabes.

J’ai peur parce qu’un jour on a martyrisé et tué Ilan Halimi parce que juif, qu’un jour on a crié « mort aux Juifs », qu’on a  brandi le drapeau du Hamas et que le peuple n’est pas descendu dans la rue comme il l’a fait dimanche dernier.

J’ai peur parce que depuis des années nous dénonçons ces terribles réalités et que personne ne nous a écoutés.

J’ai peur parce que l’on ne peut plus sans risque porter une kippa, même si moi je ne le fais pas , parce que l’on ne peut plus prendre le métro ou le RER avec une médaille religieuse juive sur la poitrine. J’ai peur parce que parmi les quatre millions et demi de personnes qui ont défilé dimanche dans les rues de nos villes, bien peu ont voulu spécifier leur solidarité avec les miens.

J’ai peur parce que dans les zones difficiles, les enfants juifs ne peuvent plus aller à l’école de la république, les enseignants ne peuvent plus parler de la Shoah.

Je suis venu en France, il y a 53 ans parce que comme des milliers des miens je croyais être arrivé au port dans ce pays  que j’aime profondément et qui est devenu le mien.

Je ne le regrette certainement pas, mais je suis triste,  très triste.

Hier cependant, j’ai ressenti une bouffée d’espoir, lorsque Manuel Vals, premier ministre de la France, dans un discours historique a reconnu et dénoncé avec force tout cela devant l’Assembles nationale et le pays, qu’il a reconnu l’expansion du djihadisme islamiste et de l’antisémitisme et a promis, avec des accents de Clemenceau et de Churchil de « faire la guerre ».

 Qu’il en soit remercié ! Faisons lui confiance et attendons. Attendons de voir si, comme nous le souhaitons, nous avons encore notre place ici.,

André Nahum

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Boris Cyrulnik, neuropsychiatre

Avec une minorité d'hommes Il voudrait provoqué une conflagration mondiale, il y a une démarche totalitaire, qui est dangereuse, avec une une minorité d'homme manipulés et pays, fabriqués on peut détruire une civilisation, les nazis l'ont fait le principal risque est de deresponsabiliser, nos dirigeants ont soumis les quartiers à des manipulateur. De même dans le monde arabe, le top est cultivé et la base est larguée, et on les donne à des manipulateurs. La mécanique est-elle la même dans la tête d'un nazi et d'un islamiste ?
Oui ! les mots finissent par ne plus rien désigner du réel, c'est le racisme, on se soumet à un slogan, car la culture ne permet plus le débat.
Ce sont d'excellents mercenaires d'argent d'armes, en un clic on peut mettre des centaines de milliers de personnes dans la rue.
Au Liban tous les jours on avait des fictions, on présentait le protocole des sages de sion.
Les premières cibles sont les journalistes et les artistes.

http://www.tv7.com/point-de-vue-de-boris-cyrulnik-neuropsychiatre_3979593460001.php

 

Douce France

par Aziz Boucetta PanoraPost.com | mer.14.jan.2015 à 19:41
http://www.panorapost.com/douce-france-par-aziz-boucetta/

Chère France, je suis meurtri par les meurtres perpétrés sur ton sol, au nom d’un islam bien innocent de ce genre d’actes et de forfaitures. Je suis scandalisé par les uns et les autres qui, sous des prétextes divers, cherchent à justifier l’injustifiable.

Chère France, ce ne sont pas des journalistes qui sont morts, ou des juifs, ou des musulmans, ou des policiers… ce sont 17 personnes qui ont perdu la vie, froidement assassinées par des individus qui se réclament d’une religion qui, dans le fonds, dans les textes et dans l’esprit, les rejette et les bannit, eux et leurs semblables.

Chère France, tu as marché pour dénoncer cette ignominie, et tu as su rassembler autour de toi le monde entier, ou presque ; tu es blessée et les soins te sont prodigués par la communauté internationale.

Mais, très chère France, je te sais intelligente et je te connais pertinente. Pourquoi persistes-tu à reproduire les mêmes causes, qui risquent d’engendrer les mêmes effets, et pas seulement sur ton sol, mais partout ailleurs ? Ta blessure saigne encore et alors que le monde est à ton chevet, tu re-manipules ces mêmes objets qui t’ont blessée. Je te sais intelligente, pourtant…

Chère France, tu te drapes dans les vêtements de la liberté d’expression et de la presse, mais tu ne peux te prévaloir de plus défendre cette liberté que les pays anglo-saxons dont plusieurs médias – Financial Times au Royaume-Uni et le New York Times, entre autres – ont soit refusé de publier les caricatures de Charlie Hebdo ou ont dénoncé la ligne éditoriale de cet hebdomadaire. Sans compter un historien de renom de l’envergure de Shlomo Sand

Ton Premier ministre Manuel Valls a dit au parlement qu’il « ne (veut) pas que des juifs puissent avoir peur ou que des musulmans puissent avoir honte dans (la) République ». Le mot est fort, l’envolée est belle, mais il faut agir pour que ces paroles, très belles, se transforment en actes réels. Une cérémonie funèbre s’est tenue à la synagogue de Paris, en mémoire aux 17 personnes tuées, dont 4 juifs, mais la république ne s’est pas déplacée dans un lieu de culte musulman, sachant qu’une cinquantaine a été attaquée en une semaine.

Chère France, pourquoi acceptes-tu qu’on galvaude ta propre langue et qu’on laisse le mot « antisémitisme » ne s’appliquer qu’à la seule communauté juive, alors que nous autres musulmans et nos cousins juifs sont des fils de Sem, et donc des sémites ? Pour que les mots aient un sens, en effet, antisémitisme doit s’appliquer aux Arabes et aux Juifs, islamophobie et judéophobie aux sentiments hostiles à l’égard de ces deux communautés.

Chère France, pourquoi continuer à laisser les esprits s’enflammer sur les faits et actes de faux musulmans et vrais terroristes, alors même que le Premier ministre Netanyahou a appelé au retour des Juifs français en Israël, leur patrie et leur terre ? Les 4 personnes de confession juive assassinées ont été enterrées en Israël et les deux victimes musulmanes ont été inhumées en France… je te laisse méditer la symbolique de ce fait.

Chère France, tu as donné au monde Montesquieu, Rabelais, Voltaire, Hugo, Zola… mais tu sembles avoir oublié leur message d’humanité, de justice, d’égalité et de fraternité.

Douce France, au nom de la liberté de parole, tu défends Charlie Hebdo et ses caricatures qu’un milliard et demi de personnes estiment offensantes, mais tu arrêtes Dieudonné qui se moque des Juifs et de leur confession. Je trouve pour ma part que l’un et l’autre sont dans l’abus, surtout cette Une de Charlie Hebdo d’aujourd’hui, avec ce qu’elle véhicule comme signification, insultante et inutilement provocatrice.

Tu arrêtes Dieudonné pour avoir dit qu’il se sent Charlie Coulibaly, mais tu oublies que Charlie Hebdo avait publié un numéro où il était mentionné en Une : « Mohamed Merah, reviens, ils sont devenus fous »… Ce qui était valable hier pour les uns ne le serait-il donc plus tolérable, aujourd’hui, pour l’autre ?

Tu embastilles Dieudonné et son humour gras le jour même ou Charlie Hebdo met en Une son image du prophète, insultante dans le filigrane… Oui, chère France, le drame de la semaine passée à Charlie Hebdo ne doit pas tout permettre à Charlie Hebdo… Aujourd’hui, en France, l’heure n’est plus à la conscience mais à la vengeance, sauf que cette vengeance cible des populations musulmanes bien innocentes, mais qu’on insulte quand même… en disant vouloir éviter l’amalgame.

Chère France, tu arrêtes Dieudonné parce qu’il a porté atteinte à ce qu’une communauté de citoyens français, les Juifs, estime sacrée et intouchable. Il t’appartient alors, pour réaliser la véritable égalité et l’indispensable fraternité, d’inscrire dans le marbre de la loi l’interdiction de porter atteinte, d’une manière ou  d‘une autre, aux valeurs sacrées des communautés dont l’agrégation forme ta population et ta pluralité, tout en maintenant le caractère laïque de la République et en confinant la religion dans la sphère privée,

Chère France, il y a 50 ans, tu as connu de Gaulle et Debré, et aujourd’hui tu as Le Pen et Sarkozy,

Il y a 50 ans, tu as eu Malraux et Sartre et aujourd’hui, tu as Zemmour et Houellebecq,

Il y a 50 ans, tu as eu Trenet, Brassens et Ferré et aujourd’hui, tu peines à les reproduire,

Il y a 40 ans, tu as eu cette grande dame qu’est Simone Weil et aujourd’hui, à ton grand dam, tu n’as plus que Christine Boutin et Nadine Morano.

Douce et chère France, le monde arabe, le monde musulman et le monde tout court t’aiment pour ce que tu fus au 18ème et aux Lumières et ce que tu fis en 2003 contre les ténèbres de Bush Jr… Ne laisse pas ce capital se réduire et cet éclat se ternir par ce qu’il faut bien appeler une politique du « deux poids, deux mesures », pour de simples ambitions personnelles et électoralistes.

Nous sommes tous descendants d’Abraham, ou du singe, selon les versions et les croyances, mais tes fils, musulmans, juifs, bouddhistes, chrétiens, athées, policiers ou non, enfants de banlieue ou des beaux quartiers, français de souche ou sur la touche, sont tous tes enfants, contribuent à ton rayonnement et font ta beauté.

Douce et très chère France, ne sois pas cette dame qui vieillit mal et préfère certains de ses enfants à d’autres, mais reste la belle Marianne qui brandit son drapeau et guide le peuple, tout le peuple, vers la liberté…

Marianne est toujours cette belle femme que nous connaissons, jeune à jamais et vertueuse à souhait. Qu’elle ne porte ni voile, ni kippa, ni croix, mais qu’elle continue de croire à sa constitution, qu’elle doit relire, à ses droits et à ses libertés, qu’elle doit faire reluire, en préservant les croyances privées, en les prémunissant contre toute attaque publique, à charge pour les croyants de ne jamais faire état en public de leur convictions privées… qu’elle oublie le Patriot Act qu’elle est en train de faire et qu’elle fasse acte de (vrai) patriotisme.

Chère France, maintient ta laïcité, et renforce-la, mais protège tes croyants, tous tes croyants. Tu n’en seras que plus chère, douce France…

petit haut

 

Attentats : les attaques contre les sites Web franšais s'intensifient

Par La rédaction de ZDNet.fr | Jeudi 15 Janvier 2015
Sécurité : Si les attaques sont pour le moment limités à du 'défaçage', les experts en sécurité craignent que les hacktivistes islamistes changent de braquet ce jeudi. Mais pour le moment, les attaques sont nombreuses mais limitées.

 

L'escalade des attaques a bien eu lieu. Premiers à réagir, les Anonymous qui ont promis de venger les victimes de Charlie Hebdo avec l'opération #OpCharlieHebdo. Cette offensive des hactivistes a évidemment provoqué une réaction de hackers de l'autre bord, soutenant les islamistes radicaux.

Et ces derniers ont massivement attaqué de nombreux sites Web français de tout ordre (églises, municipalités, universités, hôpitaux...). "Plus d’un millier de sites ont été touchés au total, plus ou moins fortement. Ces sites sont majoritairement de petite taille", explique à l'AFP François Paget, expert chez McAfee. D'autres sources avancent un chiffre de 19.000 sites touchés.

Plus de 1000 sites français cybervandalisés 

La plupart du temps, il s'agit de campagnes de «defacement», soit une modification de la page d’accueil des sites visés avec la publication de messages à caractère idéologique. «Il n’y a de Dieu qu’Allah», «Death to France» (Mort à la France) ou encore «Death to Charlie»... Il ne s'agit donc pas d'une cyberguerre (comme certains voudraient le faire croire) mais plutôt de cybervadalisme.

Ces attaques ne sont d'ailleurs pas bien compliquées à mener : "des CMS, des applications Drupal, Joomla, WordPress tout simplement non mis à jour. Des mots de passe un peu trop légers...", commente le spécialisteZataz.

Mais ces attaques pourraient prendre une nouvelle dimension ce jeudi. "Les revendications initiales parlaient d’un point d’orgue le 15 janvier", indique Gérôme Billois, expert du Cercle européen de la sécurité informatique et consultant pour le cabinet Solucom.

"Ce ne sont bien sûr que des suppositions, mais on pourrait par exemple assister jeudi à l’attaque de sites plus visibles, à des attaques plus groupées, ou à un changement de technique", estime le spécialiste.

A titre préventif, l'Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’information (ANSSI) a envoyé un petit manuel pédagogique dans les ministères, afin de faire le point sur les mesures de sécurité à prendre en urgence tandis que le volet numérique du plan vigipirate aborde les questions de sécurité informatique pour les opérateurs d'importance vitale. 

AnonGhost a ainsi revendiqué ce jeudi la publication de coordonnées personnelles d'une dizaine d'employés des ministères des Finances et de l'Intérieur et  affirment posséder une base de plus de 10.000 noms. Le collectif MECA (Middle-East Cyber Army revendiquait de son côté trois attaques contre le syndicat Sud Michelin, et l'institut de mathématiques de Toulouse....

Bref, on est encore très loin de la cyberguerre mais "C'est la première fois qu'un pays est confronté à une vague aussi importante de cybercontestation", observe ainsi le vice-amiral Arnaud Coustillière, officier-général de la cyberdéfense.

 

Mes élèves, un drame et des mots

mercredi, janvier 14, 2015 By Chouyo
Ce billet n’a pas été simple à écrire. Il rassemble à la fois mes interrogations, celles de mes élèves, ce que j’en comprends et ce que j’en ai tiré comme réflexions. Pas de conseils ici, mon expérience seulement.

Place de la République, Marche du 11 Janvier 2015.

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Que leur dire…

Le prof, c’est un être humain qui gère de l’humain, et l’histoire de chacun donne une coloration à la manière dont nous dialoguons à chaud avec nos élèves sur des événements tragiques comme ceux survenus en cette semaine de rentrée. J’ai un bagage, et je savais jeudi dernier qu’il allait me falloir compter avec, quand bien même je devais « être prof ».

Mon histoire, c’est la sidération pendant les trois jours qu’ont duré les attentats de Bombay en 2008, qui ont laissé la ville groggy pendant des mois ; ceux aussi de 2011 qui ont tué à quelques centaines de mètres de chez moi. Le fait en tant qu’Occidentale d’être cible potentielle s’est ajouté à mon histoire parisienne et de voyageuse, d’avoir conscience que cela peut sauter n’importe où, n’importe quand. De savoir par mon histoire familiale que cela peut VRAIMENT dériver n’importe quand. J’ai retenu de cela le besoin de se réunir, de se serrer, de parler encore et encore, et d’accepter les regards qui se croisent et s’embuent : l’élan viscéral de se sentir humain, solidaires, de partager la peine et l’angoisse. C’est avec cette idée que je suis entrée dans une salle des profs bouleversée.

Mon histoire, ce sont aussi les cris « Vive Al-Qaeda, vive Ben Laden ! » proférés par des 4è devant les attentats de Madrid au début de ma carrière : colère, indignation, incompréhension, et l’absence de réponse institutionnelle à cela. Mes élèves n’avaient-ils donc pas d’empathie ? de retenue ? étaient-ils tous des militants potentiels de l’intégrisme armé ?

Un peu plus d’expérience m’a appris qu’ils étaient surtout des adolescents ; qui plus est, des ados élevés au pied d’un HLM du Val-d’Oise, enfermés dans un microcosme dont ils savaient déjà pertinemment qu’ils ne sortiraient jamais. Les vacances, c’était avec un sourire éclatant aller voir leur tante à Villiers-le-Bel. Des ados dont l’univers était pour nombre d’entre eux marqués par un non-dit absolu sur l’histoire familiale, le pourquoi de l’émigration (et je le vérifie encore aujourd’hui), si ce n’est « la guerre ». L’enfermement, géographique, corporel, intellectuel, culturel et historique.

Voici les élèves auxquels j’allais m’adresser.

Mes élèves.

Alors eux d’abord

J’ai commencé chacun de mes cours en leur disant : « il s’est passé quelque chose de grave, qui touche de nombreuses personnes et qui touche à plein de choses. Quelqu’un peut raconter ce qui s’est passé ? ». J’ai refusé d’encadrer leur pensée, de recourir au bouclier des programmes : faire rentrer le réel dans des définitions et des cases érudites créées par des adultes pour des adultes. J’ai refusé de partir du principe que j’allais contrer frontalement, du haut de ma position d’adulte et de prof, les éventuels dérapages : quand il faut lutter pied à pied contre des thèses fallacieuses, des idées dangereuses, il faut laisser les ados s’exprimer librement plutôt que de se protéger en réduisant immédiatement leur lecture à « liberté d’expression », « liberté de la presse », « laïcité ». Les grands concepts viendront après, peut-être, selon ce qu’ils diront.

Il s’est avéré que presque tous avaient suivi avec attention le déroulement des événements. Ils avaient retenu les noms, les lieux, les hypothèses déjà avancées par les médias. Ils avaient pour certains une lecture bien arrêtée, oscillant entre le « ouais Charlie Hebdo est allé trop loin mais en même temps ça ne se fait pas de tuer » et le « c’est n’importe quoi, c’est pas des musulmans ça » et « en même temps, hein, la classe d’avoir une kalach !« . Le travestissement de l’émotion, les mots et les provocations de purs ados. Mais ils étaient en demande de clarification, tout autant que nous.

Et ça, chercher le pourquoi, c’était déjà une victoire.

La disproportion

Dans l’attentat contre Charlie Hebdo, l’inadéquation entre l’insulte et la riposte n’est pas du tout venue à l’esprit de la plupart de mes élèves. Il faut dire que ces derniers se battent jusqu’à casser des nez, avoir la bouche en sang, se faire fracturer un tibia, pour une insulte : pour des mots proférés dans une classe, un couloir ou une cour de récréation. Juste des mots. Réellement du sang, réellement des plâtres. Dans une large proportion, ce sont aussi des élèves qui connaissent les coups comme réponse à des notes scolaires, des paroles, des soucis familiaux.
Et quand ils s’intéressent d’eux-mêmes à la géopolitique, c’est uniquement au conflit israélo-palestinien, vu au prisme encore de la disproportion : de pauvres hères dépenaillés et affamés dans les ruines de Gaza face à la mécanique huilée et ultra-puissante d’Israël. La disproportion est constitutive de leur vision du monde, elle est naturelle et fait loi. Je soupçonne même qu’il y ait un peu de Schadenfreude dans l’attitude de certains, si les coups tombent sur quelqu’un d’autre, c’est qu’ils ne tombent pas sur moi.

Alors là, j’ai repris la parole. J’ai comparé, donné des exemples simples. J’ai fait appel à leur sens de l’équité, très éveillé à cet âge-là le plus souvent. Où se trouve la gloire à frapper plus fragile que soi ? Où se trouve l’héroïsme dans la kalachnikov qui anéantit le crayon ?

La compassion variable

Dans leur description des faits connus, leur compassion était quasi nulle il faut bien l’admettre. Tout d’abord parce que Charlie Hebdo ne signifie absolument rien pour eux : par leur âge, leurs centres d’intérêt, leur milieu social, ils ne le lisaient pas, n’en connaissaient pas les dessinateurs et il n’y a aucune ra ison pour que des gamins nés entre 2000 et 2004 aient eu ce journal entre les mains. Et l’empathie quand on est ado, elle est d’abord pour son nombril, j’en veux pour preuve les hurlements de rire quand un élève tombe de sa chaise. Charlie Hebdo leur évoquait aussi une polémique sur la représentation de Mahomet parce que, uniquement, les médias l’avaient rappelée dès mercredi.

La compassion variable est un trait humain pointé du doigt à chaque catastrophe aérienne ou géologique : l’empathie est créée par la proximité réelle ou supposée avec les victimes, et nous pensons le monde en terme de proximité géographique (ce qui arrivait en Inde m’émouvait encore plus quand j’y vivais), religieuse (les églises brûlées et les chrétiens massacrés dans l’Est de l’Inde ou en Birmanie, avec les musulmans au passage, par les hindous et les bouddhistes touchent profondément des catholiques de mon entourage), ethnique pour certains (cela ne fait pas partie de mes cadres mais je le conçois).

Comme mes élèves ne sont pas moins humains que les autres, leur émotion s’est dévoilée quand ils ont entendus les noms de Ahmed Merabet, de Mustafa Ourrad, quand ils ont vu la couleur de peau et le nom de Clarissa Jean-Philippe. La proximité culturelle, ethnique. Et étrangement, l’âge a fait mouche aussi : ils se sont indignés en prenant conscience que certains des dessinateurs étaient des « papys ». Des papys armés d’un crayon, face à des kalachnikov tenues par des trentenaires.

« Ah ouais, là, c’est abusé quand même…« 

Il n’y a pas de fumée sans feu

Mais dans un univers fait de sanctions et de coups, lorsqu’il arrive quelque chose c’est qu’on l’a un peu cherché, non ? C’est sans doute l’argument qui revient le plus de la part des élèves, avec en ligne la polémique originelle, les caricatures de Mahomet, et la Une un peu trop fine pour qui veut ne trouver que de l’insulte partout dessinée par Cabu. Je n’ai pas eu besoin de leur projeter quoi que ce soit : apparemment, tous les avaient vues ou faisaient semblant de les connaître. Et de surenchérir sur le fait qu’ils avaient aussi regardé la vidéo où Ahmed Merabet se fait exécuter, ainsi que celles des journalistes régulièrement assassinés par Daesh.

Horreur… ou bien peut-être les rodomontades et roulements de mécanique d’adolescents…

Toujours est-il que le journal l’avait bien cherché, et donc avait mérité la punition. On rejoint là les réflexions qui surgissent souvent pendant l’année témoignant selon moi du besoin de justifier la terreur : si les nazis ont voulu exterminer les Juifs, si « tout le monde » déteste les Juifs, c’est que quelque part… ils ont fait quelque chose pour le mériter. L’enfant comme l’adolescent a besoin d’une explication à l’horreur, et quand bien même la peine est disproportionnée, ils établissent une réciproque immonde mais « logique » : si tu fais quelque chose, tu es puni ; si tu es puni, c’est que tu as fait quelque chose. Alors les dessinateurs de Charlie Hebdo l’avaient nécessairement cherché. Sinon, c’est que le monde ne tourne pas rond…

Que mes élèves n’aient aucune idée de ce que contenait et contient le reste du journal, les caricatures vitriolesques de Le Pen, du pape, de Dieudonné, de Sarkozy, d’imams et de rabbins, de tout le monde en fait n’a aucune importance. Charlie dans leur imaginaire est le journal d’une seule chose, qui aurait touché leur âme et leur conscience, la représentation du Prophète. « Sérieux, ça ne se fait pas, ça, c’est de l’irrespect Madame !» .

Alors parlons un peu de respect.

L’oukaze du respect

Cette notion, on en a badigeonné mes élèves depuis leur plus tendre enfance. Elle est devenue depuis une vingtaine d’année le quatrième mot à ajouter à la devise de la République, en banlieue pauvre en tout cas : le Respect, ce sera le cadre de pensée qui empêchera un peu la marmite d’exploser. Comme le mot « tolérer » (quel mépris : tolérer, c’est accepter de subir !), le respect a tellement été vidé de sens qu’il s’applique à tout indifféremment : on doit « respecter » les autres, accepter leur couleur de peau tout en cédant la place aux personnes âgées, ne pas cracher par terre et écouter l’opinion des autres, ne pas couper la parole aux professeurs et ne pas insulter les élèves. Ce respect-là, tel qu’il a été enseigné, cela s’appelle la politesse.

La loi elle ne s’occupe pas de politesse, mais ça mes élèves ne le savent pas. Pour eux, Charlie et tout le monde est contraint par la loi d’être poli et précautionneux : ne pas insulter la religion des autres, ne pas moquer les convictions des autres puisqu’il est écrit que « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses» . Inquiéter, embêter, moquer, respecter : c’est du pareil au même. De plus, la loi de 1905 reconnaissant toutes les religions et leur pratique, comme la pratique de l’Islam implique de ne pas représenter Mahomet il est imposé à tous de ne pas insulter les croyants musulmans en représentant Mahomet… Raccourcis, contre-vérités, mésinterprétations, raisonnements erronés : là, on le sait, il y a du boulot et ce n’est pas avec la portion congrue d’heures de cours que l’histoire-géographie-éducation civique reçoit avec des programmes pantagruéliques qu’on en arrivera à bout.

La relativité des lois

Et puis, il faut revenir à Antigone.

Expliquer encore et encore à des esprits pétris de religieux, et pas seulement d’Islam mais aussi de christianisme évangélique, que la religion est une conviction personnelle, qu’elle n’est pas au-dessus de la loi quand bien même elle importe à notre esprit, notre coeur, nos traditions. Qu’il ne peut pas y avoir blasphème dans un journal français, puisque les dessinateurs n’étaient pas musulmans, qu’ils n’ont pas obligé les musulmans à dessiner des images du Prophète, qu’ils ne les ont pas obligés à les regarder ou à acheter le journal. Et parce que tout simplement, le délit de blasphème n’existe pas en France.

Ils comprennent très bien que chaque pays a ses lois, mais leur inexpérience leur empêche de savoir qu’une personne qui se déplace est soumise aux lois du pays où elle se trouve. Je leur ai raconté la déférence absolue due au roi de Thaïlande et à ses photos quelle que soit notre nationalité, je leur ai dit l’interdiction pour moi, femme, de conduire en Arabie Saoudite alors que j’ai le permis, de me rendre et me déplacer sur le territoire si je ne suis pas accompagnée d’un tuteur, père, frère, mari ou fils, alors que je suis indépendante. Parce que c’est la loi, quand bien même elle offense mes convictions personnelles et éventuellement religieuses. La loi humaine est au-dessus des lois divines. Sauf dans les pays où il est clairement dit que c’est la loi religieuse qui fait loi. Mais ce n’est pas le cas en France. Il y a là une nécessité de hiérarchiser, de séculariser la pensée, avec des élèves qui ont du mal à faire la part des choses.

Expliquer enfin qu’une tradition religieuse ne concerne que les croyants de cette religion, pas les pratiquants d’autres religions ou les non-croyants. Ce qui est évidence pour moi, adulte et athée, ne l’est pas du tout pour eux. Je n’ai pas, habitant avec toi, à exclure le porc de mon assiette si ta religion implique de ne pas en manger : il en va de la politesse que lorsque je cuisine, je te propose un plat sans porc, mais qu’il en va aussi de la politesse que tu ne m’imposes pas de manger sans porc (tiens, ça me rappelle mon billet sur le végétarisme ça…). Tu ne m’imposes pas tes contraintes, je ne t’impose pas les miennes : c’est ça, la politesse, le « respect ».

Compliqué. Il faudra y revenir, encore et encore.

L’art du professeur.

Le « deux poids deux mesures »

Progressivement apparaît en dialoguant avec les élèves un sentiment sous-jacent qui parcourt bien des cours d’histoire. Le sentiment de ne pas être écoutés, de ne pas être entendus surtout.

Evidemment c’est en grande partie lié à cet âge où l’on rit et crie fort dans les rues pour se faire remarquer, l’âge où l’on surjoue l’agressivité en pensant que c’est de la personnalité, l’âge où pour s’affirmer soi on s’affirme avant tout contre tous. Mais il y a aussi, notamment pour mes élèves d’origine algérienne, une mémoire occultée faite de confusions, de non-dits et de sang : bien souvent à l’origine de la migration de leurs parents, et non de leurs grands-parents, la Guerre d’Algérie est un point de cristallisation. Mes élèves confondent en toute candeur la guerre d’indépendance et la guerre civile, en font un récit manichéen…

Mais si vous saviez. La demande pressante, presqu’une supplique, chaque début d’année dès la 6è : « Madame, on parlera de la Guerre d’Algérie cette année ? » Si vous saviez le poids mémoriel, le travail énormissime qu’il y a à faire pour rendre droit de cité à une mémoire qui empoisonne ces gamins et nous avec, un désir de vengeance fondé sur rien, un besoin que soit reconnue une souffrance endossée par chaque génération. Pas un mea culpa mais un véritable travail d’historien et de pédagogie pour donner des pistes, un cadre de réflexion, une place réelle dans les mémoires et pas un cours-croupion, qui permettrait à ces élèves et à ces jeunes d’accéder à une reconnaissance après laquelle ils désespèrent.

L’étape suivante ? Comme ces ados ont souvent l’âge émotionnel d’un enfant de 3 ans, pire que de ne pas être écouté, c’est avoir le sentiment que d’autres sont plus écoutés que nous.

Le sentiment d’injustice est alors décuplé.

Se rendre intéressant

La dieudonnisation fonctionnant bien, la question des Juifs et de la Shoah est de temps à autre soulevée par un élève plus provocateur ou plus volubile que les autres. Cela prend la forme du « on parle trop des Juifs et pas assez de « nous » « , « on peut blaguer sur les Arabes mais pas sur les Juifs« . Si l’on enlève les mots qui heurtent et que l’on écoute le ton, on entend effectivement « moi, moi, moi » .

J’ai au début de ma carrière été désemparée de devoir expliciter ce qui relève de l’empathie, de l’humain, de la finesse, ou peut-être d’une éducation. Mais j’explique. Rire de la mort de 6 millions de personnes, femmes et enfants compris, dans des circonstances d’une cruauté infinie est aussi peu adéquat, drôle et pertinent que de faire de l’humour sur les tortures en Algérie ou les conditions et les conséquences de la traite négrière. Que faire de l’humour, c’est pointer une contradiction (du type : « t’es une fille, t’as pas de shampooing ?»
… nan, désolée, c’est pour me détendre un peu…) et la mettre à distance pour faire passer un message, ou détendre l’atmosphère sur un sujet sensible ou douloureux. Voyez le Charlie Hebdo d’aujourd’hui en la matière…

S’ajoute parfois l’argument que si les synagogues et les écoles juives sont protégées, c’est parce qu’ « il n’y en a que pour les Juifs et qu’ils veulent se rendre intéressants« . Il y a l’idée qu’être protégé c’est être faible, ou bien auréolé de prestige : comme une star ou un footballeur, on est quelqu’un d’important. Donc si les Juifs sont protégés… c’est qu’ils sont plus importants que les autres ?

Lutter pied à pied, doucement, ne pas tomber dans le panneau de la confrontation, opposer des faits, des faits, des faits. Rappeler que des Juifs ont été tués à Toulouse, dans une école, récemment et uniquement parce qu’ils étaient juifs. Et que l’HyperCasher n’était pas une épicerie choisie au hasard mais parce que juive et fréquentée par des Juifs. La menace est réelle et concrète. Il y a des morts au bout.

Et puis raisonner un peu par l’absurde. Leur demander s’ils désirent donc que des musulmans soient tués dans un attentat contre une mosquée pour enfin « avoir la chance et le privilège » de vivre une vie surveillée ? D’aller à l’école coranique accompagnés par des policiers ? Leur demander aussi s’ils pensent que les gamins de Peshawar trouvent ça drôle d’avoir gagné le privilège d’aller à l’école protégés…

La spécificité de l’antisémitisme

Mais le plus intéressant dans tout cela, c’est de revenir aux mots.

Une des questions qui hérisse mes élèves, c’est de savoir… pourquoi on a besoin d’un mot différent dans la loi et dans le vocabulaire quotidien pour qualifier la haine des Juifs ? Leur interrogation est sincère et récurrente, parce qu’elle introduit encore cette idée que « pour les Juifs, c’est toujours différent« .

Le racisme est un des autres sujets transversal de la scolarité de mes élèves, on l’aborde par les programmes, on l’aborde par les projets dès le primaire. Le racisme opère sur des critères d’ethnie, de religion, d’origine géographique etc. Dans leur idée, l’antisémitisme devrait être intégré sous le concept de racisme. Et c’est peut-être ce qui m’a demandé le plus de temps à clarifier pour moi-même… pourquoi le racisme est-il distinct de l’antisémitisme… que recouvre donc cette notion d’antisémitisme…

… rien. Rien de concret. Ce n’est pas une question de pratique religieuse ou de concurrence. Ce n’est pas une question de couleur de peau. Ce n’est pas une question d’origine géographique. Ce n’est rien de physique, de culturel, de politique, ce n’est rien de tout cela. Peut-être la réflexion la plus édifiante à cet égard a été celle d’une élève me disant « Madame, quand on va dans le quartier des Juifs, ils nous regardent bizarrement» .

Voilà. Le rien absolu. Et tout ce qui s’engouffre dedans : les fantasmes et les rumeurs, tout peut avoir un sens puisque de toute manière, l’antisémitisme ne repose sur aucun critère concret. Tout peut donc venir l’alimenter : un peuple différent (rare), l’argent (toujours), la puissance occulte (moins à leur âge), la manipulation (plus). Le fantasme qui perdure depuis les débuts du christianisme, avec ses couches qui s’ajoutent à chaque crise de l’histoire : les rites sanguinaires du Moyen Âge, le critère du sang introduit par les rois espagnols, l’âpreté au gain des grands argentiers du roi et de l’industrie etc.

« Alors Madame, pourquoi leur tape-t-on dessus s’ils n’ont rien fait ?» .
 Pharmakos, le bouc émissaire, El Fennec me rappelant très justement ce proverbe shadok :

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Alors ?

Un prof est sous le feu nourri de mille questions à la fois. Le dialogue est possible mais le débat serein ne l’est pas tant nous sommes tous face à nos limites quand ce qui nous semble évident, moralement et socialement, est mis en cause. Nous sommes en première ligne d’une lutte pour laquelle nous n’avons que trop peu de moyens, humains et horaires. Pas besoin de textes pétris de bonnes intentions, pas besoin de liens vers des séquences sur la liberté d’expression, pas besoin d’émission sur « comment parler des attentats avec les élèves » : donnez-nous des médecins scolaires, des assistantes sociales, des COP, des assistants d’éducation, des éducateurs, des profs payés et traités correctement. Donnez-nous des heures pour aider à réfléchir, interroger et comprendre le monde dans lequel nos élèves vivent et sont amenés à prendre part. Tout simplement.

Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Ecoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois. Ce sont des ados et nous sommes des adultes. Ecoutons-les avant de les qualifier de « graine d’islamistes »…

Note : la véritable marche républicaine commence maintenant. La question de l’Ecole certes, mais de tout le reste aussi. Les service sociaux, le milieu carcéral, la prise en charge psychiatrique : tout cela relève de notre engagement de citoyen. Jusqu’où et comment sommes-nous prêts à nous engager ?

petit haut

 

Un musulman assassiné par un déséquilibré près de Carpentras

Le Conseil  du Culte Musulman de la Région PACA (CRCM) a appris avec une profonde émotion et une grande tristesse qu’un père de famille âgé de 47 ans, de confession musulmane, a été tué (de 17 coups de couteau) dans la nuit du mercredi à jeudi 15 janvier 2015,  dans la commune de Beaucet (près de Carpentras dans le Vaucluse) par un jeune déséquilibré.

Le CRCM-PACA, présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et l’assure de sa solidarité et de son soutien en cette circonstance douloureuse.

En attendant les conclusions de l’enquête en cours, le CRCM-PACA exprime sa crainte et sa vive inquiétude de voir le discours, tenu ces derniers jours par des professionnels de l’amalgame et de la surenchère, produire ses effets néfastes sur les plus fragiles de nos concitoyens.

Le CRCM-PACA appelle toutes les forces vives de notre pays qui refusent l’amalgame et rejettent la division à œuvrer pour l’apaisement et la sérénité nécessaires au renforcement de l’unité, de la fraternité, de la solidarité et de la paix dans notre pays. 

Fait à Carpentras, le 16 janvier 2015

Khalid BELKHADIR-Président du CRCM-PACA

 

A la Grande Mosquée de Paris, les futurs imams « vident leur sac »

Le Monde.fr | 17.01.2015 à 22h22 • Mis à jour le 18.01.2015 à 11h54 | Par Ariane Chemin et Anna Villechenon
mosquée

«La meilleure phrase que j’aie entendue cette semaine, c’est celle qui est sortie de la bouche du pape. La presse ne peut pas dire tout ce qu’elle veut, il y a des choses qu’on ne peut pas toucher. » Qui l’aurait cru ? Samedi 17 janvier, pour revenir sur les attentats en région parisienne, qui ont notamment fait douze morts à Charlie Hebdo, les élèves de l’institut de théologie de la Grande Mosquée de Paris ont plusieurs fois cité… le pape François. Ce pape qui expliquait la veille, dans l'avion qui le conduisait du Sri Lanka».

Tous les samedis et les dimanches, de 9 heures à 19 heures, des adultes suivent dans une des salles de ce lieu historique de l’enseignement de l’islam traditionnel une formation pour devenir imam, ou, en deux ans seulement, aumônier. Les 10 et 11 janvier, les cours avaient été suspendus en raison des « événements ». Ils ont repris ce samedi.

Missoum Chaoui, aumônier pénitentiaire en Ile-de-France et formateur, a décidé de lasser la parole, pendant une heure et demie, à ses dix-sept élèves, adultes jeunes et moins jeunes, « futurs cadres » de l’Islam — femmes voilées d’un côté, hommes de l’autre —, pour commenter cette actualité brûlante. « Vas-y, vide ton sac », encourage M. Chaoui devant cette classe de première année.

On vide son sac, donc. Pour dire, comme le pape François, qu’on ne joue pas avec le feu. Pour rappeler que les musulmans n’ont pas « à s’excuser de ces crimes », car les terroristes n’étaient pas des leurs. Ou pour préciser que « la communauté musulmane, elle pleure les hommes mais pas la liberté d’expression. La liberté d’expression, il y a boire et à manger là-dedans ». « On a dit que les musulmans étaient peu visibles dans la manifestation dimanche [11 janvier], regrette l’un d’eux. On oublie que “musulman”, ce n’est pas écrit sur notre front. » Personne ici ne « se sent Charlie », certains ont défilé, d’autres ont préféré écrire leur « colère » sur les réseaux sociaux. « Ouvrez vos pages Facebook, allez sur Internet, leur recommande d’ailleurs M. Chaoui. Ils ont sorti leurs plumes empoisonnées, sortez les plumes de la paix pour dire qui était vraiment le Prophète. »

« Deux poids deux mesures »

Parmi les formules qui reviennent, le « deux poids deux mesures » qui n’en finit pas de frapper les musulmans de France. Par exemple quand « l’antisémitisme est interdit », explique l’un d’eux, mais pas l’islamophobie. Presque un slogan. « Ça viendra, il faut travailler pour », leur assure le professeur : « Il y en aura toujours qui diront du mal du Prophète » et qui le dessineront sans le connaître. « Il a été déjà traité de sorcier, de menteur, et il a toujours pardonné. »

« Les caricatures, c’est le point de départ », rappelle un élève. Au fond de la salle, un homme, chauffeur de taxi, les a examinées de près. La première, où Mahomet porte un turban en forme de bombe, mais aussi la seconde : cette « une » du fameux numéro spécial de Charlie, mercredi 14 janvier, où le Prophète assure que « tout est pardonné ». Elle l’a autant choqué que l’autre. « Le turban, il n’est pas saint, il en dit long… », risque-t-il. « Pour les clairvoyants, on voit un sexe d’homme, sur le turban. Et sur le visage… C’est comme un sexe de femme. Ça circule sur Facebook. » M. Chaoui l’interrompt et recadre : « Attention à ce qui prête à interprétation. »

Au premier rang de la petite salle de l’institut de théologie, un vieil homme à bonnet blanc ronge son frein. Il ne croit pas à la version des médias. « Le scénario, il est préparé d’avance » par d’autres, lâche-t-il, péremptoire, en français et en arabe. C’est pas ce qu’on a dit, on n’a pas vu leurs visages, c’est la preuve à cent pour cent », bougonne-t-il quatre ou cinq fois. « Ils sont à l’institut médico-légal », rétorque le professeur, qui le presse : « C’est qui alors ? » Pas de réponse. Une femme s’engouffre dans la brèche. « Ce journal était au bord de la faillite, il y a beaucoup de musulmans en France, on a provoqué un événement… » Maintenant, ils ont beaucoup d’argent, dit-elle. Léger brouhaha. Certains hochent la tête, d’autres pas, mais la salle entière se tait, y compris le professeur. Deux ou trois questions plus tard, le cours est levé.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/17/a-la-grande-mosquee-de-paris-les-futurs-imams-vident-leur-sac_4558443_3224.html#RI7gRrbhx3dCHBM7.99

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Attentats de Paris : Le vacarme républicain

Publié le 12 janvier 2015 à 18:00 dans Politique Société
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Drapeaux français et CRS acclamés, j’ai liké!
foule

Je n’étais pas vraiment décidé à me rendre à la « marche républicaine » de dimanche. Quelle qu’ait pu être l’importance du choc ressenti après l’attentat de mercredi et des jours qui ont suivi, j’avais bien conscience que la grande « mobilisation citoyenne », comme toutes les grandes mobilisations citoyennes que nous subissons depuis plus de dix ans, avait toute les chances de se transformer en farce. Tout, dans les effets d’annonce, les éléments de langage plus lénifiants que jamais, l’éviction polie du Front national et l’invitation du premier ministre turc Davutoglu démentait les grandes promesses d’union républicaine et sonnait faux, irrémédiablement faux. Comme cela arrive parfois dans ce genre de cas et devant ce genre de dilemme, ce fût quelqu’un d’autre qui m’aida à prendre la décision. Quelqu’un avec qui j’aurais souhaité être dans ces moments-là mais qui était ailleurs, dans une autre ville, et qui m’a juste dit : « Moi j’y vais. Fais comme tu veux. » Je me suis senti un peu con, j’ai senti aussi qu’il me fallait mettre mes réticences de côté et aller simplement rendre hommage à nouveau aux morts en oubliant pour un moment François Hollande ou Davutoglu.

J’y suis donc allé, un peu à contrecœur et un peu tendu aussi, de même que l’amie qui m’accompagnait, parce que nous pensions tous deux sans trop le dire que faire descendre des centaines de milliers de personnes dans les rues pouvait exciter les ardeurs de quelque nouveau cinglé désireux de négocier son quart d’heure de gloire ou sa place au paradis, les deux semblant aller de pair désormais. Et puis surtout, au-delà de la peur, je ne voulais, avant toute chose, ne pas entendre ce jour-là de discours pontifiant, je ne voulais pas entendre encore, pour la centième, millième fois, entendre parler des zamalgams ou des zidénozéabondes. J’avais lu, la veille, l’article de Joffrin qui regrettait presque ouvertement que les terroristes n’aient pas descendus les bons islamophobes et aient épargné Houellebecq ou Zemmour. Je trouvais du coup les gens comme Joffrin suffisamment nauséabonds pour ne pas avoir à subir encore leurs discours dilués ou repris à l’envi dans les slogans d’une manifestation. Je n’avais vraiment pas envie de cela en ce jour précis.

Mais il n’y eut pas de discours. Pas d’excité à une tribune braillant des appels au mieux vivre-ensemble, ni de prêcheurs de la religion de la Sainte Guimauve, il n’y eut qu’une foule immense, multitude bouillonnante de visages qui se déversait dans les artères soudain étroites et les avenues rendues minuscules, une foule qui criait, qui applaudissait, qui huait, qui interpellait mais une foule qui ne braillait pas de slogans, qui n’écoutait pas de discours. Ce n’était pas, heureusement, un jour pour les discours.

Des huées ou des vivats remontaient comme une immense vague de colère l’immense cortège et le vacarme de milliers de bouches nous engloutissait, à en faire crever les tympans et il y avait beaucoup de drapeaux, de drapeaux français. J’étais heureux de les voir. J’étais là comme des milliers pour rendre hommage à des gens qui avaient payé de leurs vies le simple fait de défier ceux qui voulaient nous imposer, au prix du sang, la terreur d’une religion et celle du blasphème. J’étais là pour dire : « je suis Français » et qu’en tant que Français je ne voulais pas que le blasphème soit soudain passible de mort dans mon pays. Et j’étais même plus heureux de voir ces drapeaux que le logo sympathique imaginé par un styliste, décliné sous toutes les formes et destiné peut-être à orner bientôt les T-Shirts dans les boutiques de souvenir. J’en avais marre aussi ce jour-là des hashtags et des logos, j’avais envie de voir des gens qui portaient bêtement des drapeaux et qui gueulaient.

Soudain, quelques personnes autour de nous ont commencé à crier : « Les snipers ! Les snipers ! » J’ai juste eu le temps de penser que, merde, c’était dommage d’y passer comme ça avant qu’un immense hourra s’élance dans le ciel, porté par des milliers de gosiers en furie, à la conquête des toits de Paris sur lesquels se dressaient de petites figures, des silhouettes que l’on voyait vaguement faire signe de la main. Les tireurs d’élite de la police étaient salués par la foule tout comme les CRS caparaçonnés qui surveillaient le cortège se voyaient abordés et congratulés par les manifestants. Il y eu, cependant, des absents notables. A bien regarder le cortège, je n’y ai pas retrouvé la France de la diversité, la France des cités que j’avais pourtant vu en masse descendre dans les rues pour s’égosiller contre les juifs un certain autre jour de colère. Pourtant, ce dimanche, les transports étaient gratuits. Peut-être avait-elle eu un empêchement ?

En rentrant à la maison, un peu plus tard, j’ai appris que près de quatre millions de personnes étaient descendues dans la rue dimanche. Deux millions à Paris et deux millions cinq en province. Cent cinquante mille à Bordeaux, la moitié de la population de la ville en somme, cent quinze mille à Rennes, le tiers environ, un quart de la population lyonnaise et… soixante mille à Marseille, ce qui est peu pour une cité de presque un million d’habitants. Les médias se réjouissent de la belle façade d’unanimité républicaine présentée par la manifestation de dimanche. Mais pendant qu’une partie de la France descendait dans la rue pour se plier de bonne grâce à l’injonction républicaine, Twitter vrombissait encore des messages de soutien aux meurtriers sur le hashtag #jesuiskaouchi et, dans les écoles, nombre d’élèves de collège ou de lycée disent encore aujourd’hui ne pas trouver anormal que l’on tue pour des caricatures. Et le vacarme optimiste des vivats et des huées me semble soudain être un peu moins fort.

*Photo :  ROMUALD MEIGNEUX/SIPA. 00701617_000001. 

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Le maire d’Ankara accuse Israël d’avoir organisé les attaques terroristes de Paris

Melih Gokcek affirme que le Mossad avait prévu des actions de représailles en réponse au soutien de la France à la création d’un État palestinien
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Ces allégations ont été relayées par le journal turque anglophone Today’s Zaman qui cite l’Agence de presse Andalou.

C’est lors d’une manifestation politique que Melih Gokcek, premier édile de la capitale turque, a déclaré être « certain que le Mossad est derrière ce genre d’incidents. Le Mossad favorise l’islamophobie en provoquant de tels incidents ».

Gokcek a également affirmé qu’à la suite des attentats de Paris, environ 50 mosquées et un certain nombre de musulmans avaient été attaqués sans pour autant entraîner une couverture de ces faits par les médias internationaux.

Le maire d’Ankara n’en est pas à sa première sortie médiatique contre Israël. L’été dernier, sur Twitter, il avait appelé à la fermeture du consulat israélien dans son pays, ne voulant « pas d’un représentant de meurtriers en Turquie ».

En juillet 2014, Gokcek avait relayé les tweets antisémites de la chanteuse turque Yıldız Tilbe : « Que Dieu bénisse Hitler, Ce qu’il a fait aux Juifs était encore trop peu, il avait raison » et « Les Juifs seront détruits par les musulmans, au nom d’Allah. Il ne reste peu de temps avant que cela soit fait ». Gokcek avait commenté le second tweet par un succinct « Je vous félicite ».

La communauté juive de Turquie avait condamné les propos « racistes et incitant à la haine » de la chanteuse et appelé la justice « à débuter immédiatement les procédures légales nécessaires » prévues par le code pénal.

Des commentaires s’étaient également multipliés sur les réseaux sociaux où circulait une pétition demandant à la chanteuse de s’excuser.

Gokcek est maire d’Ankara depuis 1994. C’est la deuxième plus grande ville de Turquie et la capitale du pays. Il effectue actuellement son cinquième mandat en tant que représentant du parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.

La Turquie est l’un des rares États à majorité musulmane à entretenir avec Israël des relations diplomatiques, qui se sont toutefois sérieusement détériorées depuis l’arrivée au pouvoir du parti islamo-conservateur AKP du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Erdogan, qui domine la vie politique turque depuis plus d’une décennie, est connu pour ses diatribes à l’encontre de l’État d’Israël.

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