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Pourim à Beith Shémesh


Lundi, 18-Avr-2016
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La fête printanière de Pourim est à l'opposée de celle de Kippour, elle commémore un événement historique (contesté par des historiens), dans l'empire Perse, le sauvetage de la communauté juive menacée par le satrape Amane  grâce à Esther et Mardochée.
C'est une fête où on se déguise, où on fait des farces, et où on mange et on boit parfois plus que raison. C'est la fête charnelle, à l'opposée de Kippour fête spirituelle. Avantage, on peut prendre des photos, sans enfreindre les lois de la torah, ni choquer les habitants de Beith Shemesh qui sont pratiquants pour la plupart  ! 

 
     

Dès le premier adar, on multiplie la joie, et cette année, le mois d'adar s'est fait attendre, nous avons profité d'une année bissextile, le calendrier hébraïque est lunaire, et les mois ont 29 ou 30 jours, ils correspondent au cycle lunaire, par rapport au calendrier européen, il manque un jour par mois, conclusion, pour cadrer avec le soleil, il faut tous les trois ans environ rajouter un mois entier.

Quelques jours avant la fête, tout Beith Shemesh a été inondé de musique, sur la place centrale de Ramath aleph, en face des super marchés, une classe de lycéens faisaient la fête, ils avaient amené la sono de Johny Halliday, et ils dansaient, certains déguisés, la plupart non, ils étaient accompagnés par un porte flingue, en Israël, tous les déplacements d'élèves doivent être militairement protégés. J'ai été un peu bousculé, et on m'a invité à entrer dans la ronde.

Les élèves sont religieux, et c'est normal dans une ville comme Ramath Beth Shemesh où les laïques sont rares, beaucoup laissent dépasser leurs tsistsis, c'est un commandement biblique, il est dit de mettre des franges au coin de ses vêtements, pour se rappeler la loi. Ne jamais confondre tsitsis que les hommes ici aiment montrer avec les tsitsim que les femmes ici aiment cacher, en hébreu il s'agit des seins.

  
   

La fête de Pourim évoque l'histoire d'Ester, au temps de la perse antique, la communauté juive de Suze, avait été menacée par un satrape appelé "Amane" qui voulait exterminer les juifs et remplir ainsi les caisses du royaume, largement entamées par les festins inouïs, et le luxe époustouflant qui accompagnait la vie du roi Assuérus.

C'est dans le livre d'Esther que le mot juif apparaît pour la première fois. Avant, on parlait des hébreux, ou des enfants d'Israël. Le complot a échoué, alors on fait la fête.

Le rite impose d'offrir à au moins deux amis des cadeaux alimentaires, directement consommables, comprenant si possible de la boisson, et des sucreries.

Traditionnellement, les maitresses de maison confectionnaient des gâteaux dont le plus célèbre est la fameuse "oreille d'Amane", (je n'aurais pas aimé rencontrer ce type avec des milliers d'oreilles, à côté, les grandes oreilles du pentagone ont l'air ridicules). En Alsace c'était les Purim Kichlich, et à Sidi Bel Abbes une foule d'autres gâteaux dont les cigares dont tout le monde raffole

A Beith Shemesh, la modernité a un peu modifié la fête, rares sont les ménagères qui ont le temps et le courage de confectionner toute la collection infinie des gâteaux traditionnels, et les amis étant nombreux, les ménagères reculent et offrent des biscuits plutôt simples, et achètent au super marché, friandises petites bouteilles, et toutes sortes de choses à offrir. Pour les gens qu'on aime, ou qu'on souhaite honorer, les cadeaux peuvent être de valeur, le meilleur de la cuisine, des vins ou alcool raffinés, et pour le tout venant, cela peut être n'importe quoi, un plat de pâte, une tomate et un concombre.. les paquets cadeaux sont présentés souvent avec art, et les marchands ont senti le filon, aussi ils proposent des cadeaux à offrir tout préparés. Cela arrange bien des familles, car il est loin le temps où les mères au foyer ne comptaient ni le temps ni les efforts pour réaliser tous ces miracles annuels, aujourd'hui la plupart des femmes ont un métier en plus d'une famille nombreuse. Les cadeaux de Pourim s'apellent en hébreu : michloah' manoth   livraison de plats.

Du cigare maison, au cadeau tout préparé..

 

   

Voici un cadeau assez classique, et présenté avec goût, on voit un gâteau au chocolat maison, une tablette de chocolat entourée par des souhaits de joyeux pourim, avec la photo des quatre petits de la famille, et d'un clown. Il y a aussi des biscuits industriels, des bonbons, et une carte de visite au nom de la famille

Et voici la table de la salle à manger, pleine de cadeaux à offrir, on
        remarquera qu'il y a des amis privilégiés...

 

Avant la fête de Pourim, qui est jour férié, les enfants arrivent déguisés à l'école, ils arrivent avec très souvent des cadeaux pour la maitresse.  J'en ai profité pour faire un safari photo, pas toujours facile, car si certains petits ont posé avec complaisance, beaucoup refusaient obstinément de se faire photographier par un inconnu. Avec tristesse, j'ai bien été obligé de me soumettre à la volonté de ces jolies petites têtes pas toujours blondes, mais toujours élégantes...

Cet article a peu de texte, beaucoup d'image, en regardant les photos, vos apprendrez beaucoup sur les gens, les déguisements ne sont pas anodins, ils représentent l'imaginaire, le rêve de chacun. Toute la diversité de l'âme de la ville se découvre à travers eux, et pour un jour, la couleur remplace le noir et blanc traditionnel des habits masculins.

 
 
 
 
 

Et voici les Hassidim de Braslav, qui ont déguisé des caddy de super marché en camion de propagande, et les enfants qui jouent les fidèles et comme l'armée du Salut il diffusent de la musique pour attirer les fidèles.                 . 

       

Les enfants de Beith Shemesh sont merveilleux, beaucoup, surtout les petites filles ont refusées de se laisser photographier par un inconnu. Si on regarde les déguisements choisis pour les garçons, il m'a semblé que le déguisement de cette année, était celui du Grand Prêtre,  faut-il y voir une vision messianique ?  on a très peu de roi Assuérus, ni de méchant Amann. il y avait aussi pas mal de soldats et de policiers israéliens ou américains. Je n'ai pas vu un seul enfant déguisé en bédouin, cette identification temporaire ne séduit pas en cette période d'intifada des couteaux. Les petites filles étaient souvent habillées en mariées, ou en reine Esther, et c'est chez elle que j'ai trouvé le plus de fantaisie dans les déguisements.

On peut aussi noter que les enfants sont très indépendants, qu'ils vont très souvent seuls à l'école, et quand ils sont accompagnés, c'est souvent par le papa.

 

 

A la synagogue

On a l'obligation d'écouter la Meguila (rouleau) d'Esther deux fois à Pourim, une fois la veille au soir, et une fois le matin. Cette obligation est très stricte, même les femmes doivent écouter cette histoire merveilleuse. Pourtant, on ne peut pas dire que la condition féminine y soit mise à l'honneur  !   !   

J'ai pu donc assister à une lecture pour les dames, qui pour une fois occupaient la synagogue, toutefois il y avaient quelques messieurs dans la salle, d'abord le récitant, puis deux pelés et un tondu, dont moi qui se tenaient tout devant, ainsi, en ne me tournant pas je ne pouvais pas être troublé par la beauté époustouflante de ces dames.
J'ai aussi participé à un office dans une communauté Habad, où la discipline était moins grande, malgré les efforts. En effet, afin que personne ne perde un mot de l'histoire, on a regroupé les sifflets et les huées traditionnels chaque fois qu'on lit le nom d'Aman.. et la lecture n'a été interrompue que trois ou quatre fois.

La synaguoge où avait lieu l'office pour dame, est un beau monument, et appartient à une communauté d'origine marocaine, l'office Habad était dans un lycée Yeshiva, où la salle d'étude devient synagogue losque l'école est fermée. Vous remarquerez la différence sur ces deux photos...

 

Le Jour de Pourim

Le jour de pourim, ce sont les adultes qui vont de maison en maison apporter les lichloah' manoth  plats de Pourim, ils sont parfois déguisés

 
 
J'en ai même vu un qui ne vous a pas apporté des bonbons  

Il y a aussi un immense défilé de voitures, ont pu participer tous ceux qui ont donné à la caisse de bienfaisance, sponsorisée par Star-Bucks coffee

 
 

Vous vous posez sûrement la question principale : Quand c'est qu'on mange ?

Traditionnellement, il est prévu un festin pour pourim, Michté en hébreu, c'est normal à Suze, le bon roi Assuérus, gaspillait tout le budget de l'empire en repas et en beuverie, il arrosait copieusement son bon peuple qui était invité à boire à sa santé. Pas étonnant qu'il faille de temps en temps zigouiller une communauté ou l'autre, afin de pouvoir les voler et remplir ainsi les caisses de l'empire qui ainsi seront prêtes pour le prochain festin.

En famille nous étions bien trente !  il a fallu mettre bout à bout les tables, afin de caser petits et grands. Il y avait beaucoup de jeunes qui n'ont pas eu la patience d'attendre la fin du repas pour s'éclipser un peu partout dans l'appartement ou sur la terrasse.  Parfois les téléphones portables semblaient plus intéressants que les amis ou la famille ! !  Vous me croirez si vous voulez, mais les petits israéliens sont comme les petits français 

 


les invités arrivent... la cuisinière est prête

Pendant le repas, traditionnellement bien arrosé, les conversations sont animées...
et petit à petit la jeune génération quitte la table

 

 

 

Mais peut-être vous demandez vous ce que sont devenus les cadeaux de Pourim ?

Comme ceux de Noël ou du Nouvel an, on revend ceux qui ne plaisent pas ou qu'on a reçu en triple

Michel Lévy