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Attentat majeur à Nice le 14 juillet
Revue de presse


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Nice: Hervé, Thérèse, Romain, Patricia... Les victimes de l'attentat

AFP
Publié le 22/07/2016 à 03:03 | AFP

 

Des centaines de personnes participent à une marche en hommage aux victimes de l'attentat des la Promenade des Anglais à Nice, le 20 juillet 2016 © ERIC CABANIS AFP

 

Niçois, familles étrangères en vacances, dix enfants et adolescents : voici des éléments collectés par l'AFP sur les 84 vies fauchées par l'attentat jeudi soir à Nice, qui a aussi fait 331 blessés, dont 15 toujours entre la vie et la mort.

La liste est présentée par ordre alphabétique de noms de famille, mais nous avons essayé de maintenir groupés ceux qui étaient ensemble au moment de l'attentat.

Nous l'avons établie sur la base d'informations parues sur les réseaux sociaux et de confirmations de membres de leurs familles, de proches, d'élus locaux ou de sources diplomatiques des pays d'origine des victimes. Nous avons finalisé cette liste avec les noms fournis par la mairie de Nice.

Trente-huit victimes viennent de 19 pays: Algérie, Allemagne, Arménie, Belgique, Brésil, Estonie, Etats-Unis, Géorgie, Italie, Kazakhstan, Madagascar, Maroc, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse, Tunisie, Turquie et Ukraine, a par ailleurs précisé le ministère des Affaires étrangères français.

Pour les proches qui seraient encore à la recherche de membres de leur famille, le numéro de téléphone de la Cellule interministérielle d'aide aux victimes est le suivant: 01 43 17 56 46.

- Silan Aydin, 19 ans, Selma Al Khodor, 18 ans, et Saskia Schnabel, 29 ans

Silan Aydin, une lycéenne berlinoise d'origine turque, faisait partie d'un voyage scolaire dans le sud-est de la France. Sa meilleure amie, Selma Al Khodor, 18 ans, est également morte, ainsi qu'une enseignante qui accompagnait le groupe, Saskia Schnabel, 29 ans.

Silan faisait partie d'une famille de huit enfants. "Silan voulait absolument passer son bac et changer le monde", a déclaré son frère aîné Harun, 33 ans, au journal Bild am Sonntag. "Elle voulait devenir médecin ou scientifique. Elle était studieuse, elle lisait beaucoup, surtout des livres japonais", a-t-il ajouté. Silan et son amie Selma étaient "inséparables", selon lui.

Quant à leur enseignante Saskia Schnabel, elle avait étudié la littérature allemande, l'histoire et les sciences politiques à Bayreuth et Bamberg en Bavière (sud de l'Allemagne), avant d'enseigner l'allemand à Berlin, selon sa grand-mère interrogée par le quotidien Bild.

- Rémédios Borja, 25 ans, et Joseph, 7 ans

Rémédios B., Niçoise de 25 ans, est morte près de Joseph, son petit garçon de 7 ans. Elle était descendue sur la Prom' avec sa mère et ses deux plus jeunes filles, et son mari les avait rejoints pour le feu d'artifice, selon Paris-Match.

- Mykhalo Bazalevskyy, 22 ans

Mykhalo (dit Misha) Bazalevskyy, un étudiant ukrainien de 22 ans, poursuivait des études de commerce à l'université canadienne MacEwan, à Edmonton. Misha était présent à Nice dans le cadre d'un programme d'échange estival de trois semaines mené par le European Innovation Academy, en compagnie de quatre autres étudiants de MacEwan et un enseignant, selon le site de l'Université. L'ambassade d'Ukraine à Paris a confirmé sa mort à l'AFP.

- Myriam Bellazouz, 29 ans, et Léa Mignaçabal, 68 ans

Myriam Bellazouz, avocate niçoise de 29 ans. "Elle plaidait chacun de ses dossiers avec talent et avec passion. Elle avait toujours le sourire et jamais je ne l'ai vue s'emporter avec un confrère, sauf à la barre, lorsque les intérêts de son client étaient en jeu", a témoigné le bâtonnier de Nice Jacques Randon, qui a confirmé son décès à l'AFP. La jeune femme a été tuée avec sa mère Léa "Dany" Mignaçabal, 68 ans, originaire des Pyrénées Atlantiques et kinésithérapeute à la retraite selon La République des Pyrénées.

- Alina Bogdanova, 27 ans

Alina Bogdanova, Russe de 27 ans, étudiante à Perpignan. Elle était allée à Nice pour passer le weekend avec une amie, blessée lors de l'attentat, selon l'université de Perpignan. "Puisse-t-elle reposer en paix et rester auprès de nos coeurs et nos esprits", a déclaré sur Facebook Raymond Brunet, président de l'Institut d'administration des entreprises, où elle étudiait.

- David Bonnet, 44 ans

David Bonnet, 44 ans, pisciculteur. Originaire de Nérondes, dans le Cher, ce père d'une fille de 21 ans s'était installé dans les Alpes-Maritimes à Roquebillière (à 50 km de Nice) avec sa nouvelle compagne, légèrement blessée dans l'attentat. Il était par ailleurs le fils du premier adjoint au maire de Nérondes. "C'est une famille qu'on connaît bien", a confirmé à l'AFP le maire de cette commune de 1.600 habitants, Roland Gilbert. "Tout le monde est sous le choc, je n'ai pas de mots", a-t-il ajouté.

- Laura B., 13 ans

Laura B., 13 ans, de Nice. "J'ai perdu ma fille jumelle", a dit son père, Jacques, à BFMTV. "Elle ressemble comme deux gouttes d'eau à sa soeur. Quand je la verrai, j'aurai l'impression de la voir", a-t-il ajouté des larmes dans la voix.

- Céline et Adib Bousfiha, 46 ans et 51 ans

Adib Bousfiha, 51 ans, se déplaçait en fauteuil roulant et était comptable dans une institution accueillant des travailleurs handicapés près de Grenoble. Sa femme Céline Bousfiha, 46 ans, est également décédée. Les deux enfants du couple, Laurie, 17 ans, et Mathieu, 21 ans, ont survécu à l'attentat, a appris l'AFP de la mairie de Beaucroissant (Isère), où habite la famille.

- Aldjia Bouzaouit, 42 ans

Aldjia Bouzaouit, 42 ans, Algérienne. Cette mère de quatre enfants, née à Sétif, était venue assister au feu d'artifice avec ses proches. "Elle voulait prendre une glace sur la Promenade", a dit à Nice-Matin sa soeur Celoua, 28 ans.

- Odile Caléo, Jocelyne Caléo et Mathias Billiez

Odile Caléo et Mathias Billiez, enseignants. Le couple, installé à Nice, était venu assister au feu d'artifice avec ses trois enfants mais aussi les parents et la soeur d'Odile, selon Nice-Matin. La mère d'Odile, Jocelyne Caléo, a aussi été tuée dans l'attentat, selon des proches contactés par l'AFP. Le collège-lycée privé de Nice dans lequel travaillait Mathias en tant que professeur de mathématiques lui a rendu hommage sur son site internet, décrivant un enseignant "très investi et très apprécié" de ses collègues et élèves.

- Linda Casanova Siccardi, 54 ans

Linda Casanova Siccardi, 54 ans, touriste suisse. Cette inspectrice des douanes se trouvait en vacances sur la Côte d'Azur avec son mari Gilles, un Français qui a survécu à l'attentat, selon la mairie d'Agno (Tessin, sud), ville dont elle était originaire. Le couple n'avait pas d'enfant.

- Mario Casati, 90 ans, Maria Grazia Ascoli, 79 ans, Angelo D'Agostino, 71 ans, et Gianna Muset, 68 ans

Mario Casati, 90 ans, de Milan (nord de l'Italie) et sa compagne Maria Grazia Ascoli, 79 ans. Selon le quotidien italien Blitz, Mario Casati avait un appartement secondaire à Nice où il séjournait avec sa compagne. Veufs tous les deux, ils s'étaient connus sur le tard. Ils étaient à Nice avec un couple d'amis, également tués dans l'attentat : Angelo D'Agostino, 71 ans, et Gianna Muset, 68 ans, de Voghera, près de Pavie (nord-ouest). Ce couple avait également un appartement à Nice et était venu fêter le départ à la retraite d'Angelo D'Agostino, ancien cadre dans l'industrie, selon des médias italiens.

- Stéphanie Cesari, 43 ans

Stéphanie Cesari, 43 ans, travaillait dans un casino de Cannes. Cette Niçoise était "très appréciée, portant la joie de vivre", selon ses collègues cités par Nice-Matin.

- Hervé Chadeau, 43 ans

Hervé Chadeau était caporal-chef dans un régiment d'artillerie de Marine du Var. "Petit homme vaillant et courageux, il nous a quittés. Il laisse un vide immense dans nos coeurs", a témoigné un de ses amis sur les réseaux sociaux.

- Fatima Charrihi, 62 ans

Fatima Charrihi, Marocaine de 62 ans, mère au foyer de huit enfants (dont une fille morte de la varicelle à l'âge de trois ans). Elle était arrivée à Nice à vingt ans pour rejoindre son mari maçon et avait été femme de ménage. Portant le voile, elle était décrite par son fils Hamza comme "très pieuse et pratiquante". Elle "pratiquait un islam du juste milieu. Un vrai islam (...), pas celui des terroristes", a-t-il dit à L'Express, la qualifiant dans Nice-Matin de "maman extraordinaire".

- Igor Chelechko, 47 ans

Igor Chelechko, 47 ans, Belge d'origine russe. Ex-militaire de l'armée soviétique, père de quatre enfants, il vivait à Nice depuis quelques mois, a dit à l'AFP Andrey Eliseev, l'archiprêtre de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice. "C'était un homme pieux, qui était très positif".

- Marzena et Magdalena Chrzanowska, 20 et 21 ans

Marzena et Magdalena Chrzanowska, 20 et 21 ans, deux soeurs polonaises, la première étudiante, la seconde coiffeuse. Elles étaient en vacances à Nice avec leurs deux autres soeurs qui ont survécu, a raconté à l'AFP le père Jan Antol, curé de leur paroisse à Krzyszkowice, un village de 2.100 habitants dans le sud de la Pologne. "Elles étaient formidables, très appréciées. Elles aidaient leur père depuis qu'il était veuf. Leur mère est morte il y a quatre ans", a-t-il dit, ajoutant que leur père était "traumatisé".

- Cristian Coman, 34 ans

Cristian Coman, 34 ans, touriste roumain. Il était en vacances à Nice avec sa femme et leur fils de sept ans, gravement blessés mais hors de danger, a affirmé l'ambassade de Roumanie à Paris en confirmant le décès. La famille habitait en Autriche depuis quelques années et Cristian avait insisté pour venir passer les vacances en France, malgré les craintes de sa femme quant à des attentats. Des membres de la famille venus de Roumanie ont aidé à l'identification, selon le ministère roumain des Affaires étrangères.

- Sean Copeland, 51 ans, et Brodie, 11 ans

Sean Copeland, 51 ans, touriste américain. Ce père de famille du Texas, salarié d'une société informatique, a été tué avec son fils Brodie, 11 ans. Selon le quotidien texan American-Statesman, les Copeland passaient des vacances en famille à Nice, après avoir visité Pampelune et Barcelone, en Espagne. Le club de baseball Hill Country, à Austin, dans lequel jouait Brodie, a posté une photo du garçon sur la plage de Nice, envoyée quelques heures avant l'attentat, avec ce commentaire: "Personne ne mérite ce type de destin, surtout pas une famille aussi formidable".

- Yanis C., 4 ans

Yanis C., 4 ans. Ce garçonnet facétieux et "très en avance" était "un fripon, une canaille, toujours souriant", a raconté son père Michaël à Nice-Matin. Celui-ci a juste eu le temps de saisir sa femme par le bras pour éviter le camion, jeudi soir sur la Promenade des Anglais. Yanis qui jouait avec d'autres gamins à quelques mètres de là n'a pas eu cette chance. Installée à Nice depuis trois ans, la famille est originaire de Grenoble, et devrait y retourner définitivement, selon le quotidien.

- Elisabeth Cristina de Assis Ribeiro, 31 ans et Kayla, 6 ans

Elizabeth Cristina de Assis Ribeiro, 31 ans, coiffeuse brésilienne installée depuis 1998 à Yverdon-les-Bains dans le canton de Vaud en Suisse. Elle a péri avec Kayla, sa fille aînée de six ans, tandis que son conjoint sauvait leurs filles cadettes de quatre ans et huit mois, a raconté le quotidien helvétique Le Matin.

"J'ai toujours l'image de la petite avant les vacances super souriante, elle nous manquera beaucoup", pouvait-on lire parmi les dizaines de messages de condoléances adressés à la famille sur Facebook.

- Lionel Deforge, 70 ans, et Sylviane Noailland-Rault-Roux, 79 ans.

Ce couple vivait dans la région niçoise. Des sources concordantes ont confirmé leur mort à l'AFP.

- Roman Ekmaliyan, 56 ans, Natalia Otto, 57 ans

Roman Ekmaliyan, 56 ans. Géorgien d'origine arménienne, cet homme d'affaires vivait en Belgique. "C'était un homme très intelligent, dans tous les domaines, intéressé par l'histoire, la politique... C'était utile et intéressant de discuter avec lui", se souvient l'archiprêtre de la cathédrale Saint-Nicolas de Nice, Andrey Eliseev.

Natalia Otto, 57 ans, résidait en Belgique. Cette Kazakhe d'origine russe, enseignante à l'école paroissiale d'Anvers, avait deux filles, dont l'une vivait à Nice. Philologue de formation, "Natalia était une femme très intelligente et gentille, très bonne, très croyante", selon l'archiprêtre.

- Rachel Erbs, 39 ans

Rachel Erbs, 39 ans. Cette mère de deux enfants domiciliée à Cessieu (Isère) était secrétaire et "impliquée dans les activités sportives de la commune", a dit à l'AFP André Annequin, adjoint au maire. Son mari, blessé dans l'attaque, est sorti de l'hôpital dimanche. Leur fils de 12 ans a été légèrement blessé, tandis que leur fille de six ans est indemne.

- Christiane Fabry, 67 ans, et Hugues Mismaque, 49 ans, Bruno Villani, 42 ans, et André R., 17 ans

Christiane Fabry, une retraitée de 67 ans, et son compagnon Hugues Mismaque, ingénieur de 49 ans, venus en famille de Puget-sur-Argens (Var). Le fils de Christiane, Bruno Villani, graphiste de 42 ans, est également mort, a confirmé à l'AFP Edith Blondeel, adjointe au maire de la commune.

La mort d'André R., lycéen de 17 ans, a été confirmée à l'AFP par le maire de Puget-sur-Argens, Paul Boudoube. André était le fils aîné de Caroline Villani, la soeur de Bruno et fille de Christiane Fabry.

Caroline Villani, 44 ans, a été blessée dans l'attentat, et son fils cadet, âgé de 14 ans, est hospitalisé dans un état critique.

- Narine Gasparyan, 34 ans

Narine Gasparyan, 34 ans, de nationalité arménienne. Mariée et mère d'un enfant de deux ans, elle avait déménagé avec son mari récemment à Nice, selon le ministère arménien des Affaires étrangères. "C'était une personne discrète, une mère au foyer qui se consacrait à sa famille", a rapporté à l'AFP le père Krikor Khachatryan, curé des Arméniens du Var, des Alpes-Maritimes et de Monaco.

Selon le curé, les Gasparyan étaient en compagnie d'autres familles arméniennes sur la Promenade des Anglais lorsque le camion a foncé dans la foule. "Le père n'a pu sauver que l'enfant", qu'il a pris dans ses bras pour éviter d'un cheveu le poids lourd.

- Carla Gaveglio, 48 ans

Carla Gaveglio, Italienne de 48 ans, était originaire de Piasco, dans le Piémont (nord-ouest), et se trouvait à Nice avec son mari et sa fille, 14 ans, tous deux blessés. Son décès a été confirmé par le ministère italien des Affaires étrangères. Elle n'avait rien sur elle, ni documents ni téléphone, son sac ayant été perdu dans l'attentat. Un test ADN a été effectué sur son père pour faciliter l'identification, selon le quotidien La Repubblica.

- Ludivine Gomes, 25 ans, et Ludovic R., 15 ans

Ludovic R., 15 ans, et sa soeur Ludivine Gomes, 25 ans selon le site d'Outre-Mer Première. Niçois, ils assistaient au feu d'artifice avec leur famille originaire de Guadeloupe et du Cap Vert. Ludovic "souffrait de symptômes similaires à l'autisme", a dit leur cousin.

- Emmanuel Grout, 48 ans

Emmanuel Grout, 48 ans, commissaire de police. Numéro 2 de la police aux frontières (PAF) des Alpes-Maritimes, chargé notamment de la gestion policière de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur, il n'était pas en service lors de l'attentat. Selon Le Point, il était venu assister au feu d'artifice avec sa compagne, elle-même commissaire de police, et la fille de cette dernière, quand il a été fauché par le camion.

- Françoise Hattermann, 55 ans, et Elouan, 12 ans

Françoise Hattermann, 55 ans, et son fils Elouan, 12 ans. Originaires de Passy, en Haute-Savoie, ils faisaient partie d'une famille comptant au total six enfants, dont deux autres (une fille de 14 ans et un garçon de 33 ans) ont été blessés. Le père de famille est également dans un état critique, selon la mairie.

Elouan, qui jouait au hockey sur glace, était "un petit gamin mignon, sympa", a décrit Vicky Lorans, présidente du Hockey Club de Saint-Gervais. Françoise était professeur à l'institut médico-éducatif de Passy.

- Olfa Bent Souayah Khalfallah, 31 ans, et Killian, 4 ans

Olfa Bent Souayah Khalfallah, jeune Tunisienne de 31 ans, installée à Lyon. Selon le ministère tunisien des Affaires étrangères, elle se trouvait avec son fils de quatre ans, Killian, lors de l'attentat. Le décès du petit garçon a été confirmé samedi à son père Tahar, qui le recherchait activement depuis la nuit du drame. "Il était vif. C'était une petite bouille toujours en train de rigoler. Il savait ce qu'il voulait. C'était un gamin joyeux, capricieux aussi", a confié Patricia Patapate, une amie, à Nice-Matin.

- Romain Knecht

- Rickard Kruusberg, 21 ans

Le décès de Rickard Kruusberg a été confirmé mardi par l'école supérieure où il étudiait, à Tallinn en Estonie. Il participait à un programme d'échanges à Nice. "C'était un jeune homme talentueux qui était allé regarder les feux s'artifices avec ses camarades de l'European Innovation Academy", a déclaré le Premier ministre estonien Taavi Roivas. Ses amis l'ont décrit dans la presse comme intelligent, amical et ambitieux. Deux autres camarades de l'académie ont également été blessés dans l'attaque, selon une porte-parole du ministère estonien des Affaires étrangères.

- Bilal Labaoui, 29 ans

Bilal Labaoui, 29 ans, Tunisien installé à Nice. Selon le ministère tunisien des Affaires étrangères, qui a annoncé son décès sur Facebook, il était originaire de la ville de Kasserine, dans le centre-ouest du pays. Le soir du drame, il se trouvait en compagnie de son grand frère Walid, qui a réchappé à l'attentat. "C'était un jeune très gentil, généreux", a confié à France Info son cousin, décrivant une personne "passionnée de football" et "qui aimait faire la fête".

- Nicolas (Nick) Leslie, 20 ans

Nicolas (Nick) Leslie, 20 ans, étudiant italo-américain à l'Université de Californie à Berkeley, né d'un père américain et d'une mère italienne. Surfeur invétéré et amateur de plongée, il faisait partie d'un programme de cours d'été avec 84 autres étudiants. "C'est une nouvelle tragique, dévastatrice", a réagi l'institution en confirmant son identification. Trois autres étudiants participant au programme ont été blessés.

- Raymonde Maman, 77 ans

Raymonde Maman, 77 ans. Née à Oran, cette Française de confession israélite a quitté l'Algérie après l'indépendance en 1962 avec son mari, pour débarquer à Nice, "où ils étaient repartis de zéro", a raconté à l'AFP sa nièce Karinne Bens Corsia.

Pendant des décennies, le couple a ensuite tenu un bureau de tabac à Nice, boulevard Gambetta. "C'était une femme très aimée, très vive, très dynamique" et qui "avait la classe jusqu'aux bouts des ongles, elle ressemblait à Sophia Loren", a ajouté sa nièce.

Raymonde Maman était mère de deux garçons. Le décès de son mari il y a quelques années l'avait beaucoup affectée. "Elle recommençait à peine à reprendre goût à la vie, à voyager", toujours selon sa nièce. "Elle a été fauchée sur le coup" par le camion, tandis que sa soeur aînée, Claire, 83 ans, est dans le coma et a été amputée des deux jambes.

- Robert Marchand, 60 ans

Robert Marchand, 60 ans, était président et entraîneur du club d'athlétisme de Marcigny en Saône-et-Loire, dont il était originaire. Marié et père d'une fille, il devait assister vendredi au meeting d'athlétisme de Monaco avec d'autres membres de son club, sortis indemnes de l'attaque. Le maire de Marcigny, Louis Poncet, décrit à l'AFP "un homme très dévoué, qui portait les valeurs du sport et qui les inculquait à tous les enfants qu'il entourait. Il a porté notre petit club d'athlétisme à un haut niveau".

- Fatima Marzouk, 43 ans, et Mehdi H., 13 ans

Fatima Marzouk, 43 ans, travaillait dans un hôtel à Monte-Carlo. Elle est morte sur la Promenade des Anglais aux côtés de son neveu Mehdi H., 13 ans, fils d'un arbitre de football niçois. La soeur jumelle de Mehdi a été grièvement blessée dans l'attentat, selon Gilles Ermani, président de la Commission des arbitres de la Côte d'Azur à la Fédération française de football.

- Thérèse Michel, 72 ans

Thérèse Michel avait quitté la région de Dunkerque il y a une dizaine d'années pour vivre sur la Côte d'Azur avec sa fille et son mari, décédé il y a un an, selon La Voix du Nord. Elle vivait à Nice à proximité de sa soeur, avec qui elle était de sortie le jour des attentats. Dans la soirée, les deux femmes se sont séparées, sa soeur voulait assister à un concert et Thérèse au feu d'artifice sur la Promenade des Anglais, où elle a été fauchée par le camion fou. Elle avait deux petits-enfants.

- Tatiana Muhamedova, 61 ans

Originaire du nord de l'Estonie, Tatiana Muhamedova, 61 ans, vivait et travaillait à Nice avec son mari, selon les médias estoniens. Ses deux petites-filles les avaient rejoints pour les vacances. "Elle marchait avec ses petits-enfants sur la Promenade niçoise", a confimé le Premier ministre estonien Taavi Roivas. Son mari et une des petites-filles sont hospitalisés, l'autre est indemne, selon les médias.

- Camille Murris, 26 ans

Camille Murris, 26 ans. Diplômée de Skema Business School, une école de commerce dont l'un des campus se trouve à Sophia Antipolis près de Nice, elle a travaillé trois ans dans la communication, puis est partie pour un long voyage en Amérique latine où elle s'est investie dans l'humanitaire. Un ami la décrit dans Le Figaro comme "une jeune femme pétillante, toujours souriante et prête pour l'aventure", très investie dans la vie associative.

- Lyubov et Marina Panchenko, 59 et 33 ans, Silvia, 2 ans

Lyubov Panchenko, 59 ans, sa fille Marina Panchenko, 33 ans, originaires de Pavlodar au Kazakhstan, et sa petite-fille Silvia, deux ans et demi, née en France, ont péri dans l'attentat, a dit à l'AFP le consul Bolat Otegen. "Trois anges nous ont quittés", a confirmé une amie de Marina sur Facebook.

- Michaël Pellegrini, 28 ans, Véronique Lyon, 55 ans, François et Christiane Locatelli, 82 et 78 ans, Gisèle et Germain Lyon, 68 et 63 ans

Michaël Pellegrini, 28 ans, professeur d'économie au lycée privé des Récollets, à Longwy (Meurthe-et-Moselle). Sur Twitter, des élèves ont salué sa mémoire, en publiant des photos le montrant riant aux éclats dans sa salle de classe. "On perd un collègue. Ce n'est pas un manque, c'est un trou béant que l'on n'arrivera pas à reboucher de sitôt", a confié l'un de ses collègues.

Lors du drame, le jeune homme se trouvait avec six membres de sa famille, dont cinq sont morts. Parmi eux: sa mère, Véronique Lyon, assistante maternelle de 55 ans, et ses grands-parents maternels, François et Christiane Locatelli, 82 et 78 ans. C'était "une famille estimée, connue, impliquée dans la vie associative", a déclaré Gérard Didelot, maire d'Herserange, localité de la banlieue de Longwy où ils vivaient.

Les deux dernières victimes, Gisèle et Germain Lyon, sont les beaux-parents de Véronique. Agés de 68 et 63 ans, ils vivaient à Bram, dans l'Aude, et étaient "venus passer une soirée en famille", a raconté la maire de Bram, Claudie Méjean, sur la page Facebook de la municipalité. Leur fils Christophe, ex-président du club de rugby de Longwy installé à Gattières, près de Nice, est le seul survivant de cette famille: il a perdu dans l'attentat son épouse, ses parents, ses beaux-parents et le fils de sa compagne, issu d'une première union.

- Zahia Rahmouni, 72 ans

Zahia Rahmouni, 72 ans, retraitée algérienne. Originaire de Constantine (est), elle était en visite à Nice chez sa fille, selon les autorités algériennes. Sa fille et son petit-fils, présents aux côtés de la septuagénaire pour le feu d'artifice, ont échappé de peu à la mort, selon des médias algériens: quelques secondes avant le passage du camion, le petit garçon aurait en effet échappé à la vigilance de sa mère, qui aurait couru pour le rattraper, s'éloignant ainsi du passage du camion.

- Laurence Rasteu, 46 ans

Laurence Rasteu, 46 ans. Cette artiste niçoise aux longs cheveux bruns, passionnée de photographie, avait créé une page Facebook, Seen in Nice, où elle postait ses plus beaux clichés. "Amoureuse de ma ville, je veux vous faire partager en images instantanées mes p'tits et grands bonheurs lors de mes déambulations", peut-on lire dans la description.

"C'était une belle personne. Elle aimait la photo, la musique, c'était quelqu'un de très sensible", a décrit le père Yves-Marie Lequin, aumônier des artistes de Nice, confirmant son décès à l'AFP. Le père Lequin, qui l'avait croisée à "plusieurs reprises lors de la messe annuelle des artistes", célébrera ses funérailles jeudi en l'église Saint-Pierre d'Arène, dans le centre-ville.

- Mino Razafitrimo, 31 ans

Mino Razafitrimo, 31 ans, assistante de direction. Installée dans la région niçoise depuis douze ans, cette mère de famille franco-malgache était venue assister au feu d'artifice avec ses deux enfants de quatre et six ans. "Tous deux ont survécu", a précisé à l'AFP un proche de la victime, qu'il décrit comme une personne "joyeuse" et "très impliquée au sein de la communauté malgache de Nice".

- Laurence Sahraoui, 49 ans, Yanis, 7 ans, et Léana, 2 ans

Laurence Sahraoui (née Tavet), 49 ans. Cette Française mariée à un Algérien a été tuée avec ses deux petits-enfants, Yanis, sept ans, et Léana, deux ans, venus lui rendre visite pour les vacances. Cette Niçoise, employée de cuisine scolaire, avait selon Le Parisien rencontré son mari alors qu'il travaillait dans un piano-bar de la Promenade des Anglais. Elle s'était convertie à l'islam pour l'épouser.

- Viktoria Savtchenko, 20 ans

Viktoria Savtchenko, 20 ans, touriste russe. La jeune femme étudiait à l'Université des Finances auprès du gouvernement russe, à Moscou, a dit l'établissement dans un communiqué. Elle se trouvait à Nice en vacances avec une amie, étudiante dans la même université. Cette dernière a été blessée, d'après le site russe Novosti-24.

- Mohamed Toukabri, 50 ans

Mohamed Toukabri, Tunisien de 50 ans. Originaire de Béja (nord du pays), il travaillait comme mécanicien à Nice, selon le ministère tunisien des Affaires étrangères.

- Marie-Pierre Viale

- Amie V., 12 ans

Amie V., 12 ans, élève du collège Saint-Barthélémy de Nice, fille d'une institutrice et d'un journaliste du magazine Ressources. "Elle était très bonne élève. C'était une boulimique de lecture. Une ado joyeuse bien dans son temps, bien dans ses baskets, pleine d'humour, souvent décalé", a raconté son père à Nice-Matin.

- Jacqueline Wurtlin, 64 ans

Jacqueline Wurtlin, 64 ans, originaire de Limoges, qu'elle avait quitté il y a quinze ans pour s'installer à Nice, puis à Toulon. Retraitée, elle avait travaillé dans la restauration puis dans un magasin de développement de photographies, selon Le Populaire.

- Patricia Zanon

 

 

Plainte de Cazeneuve : la policière répond au ministre

 

 

 

Modifié le 24/07/2016 à 21:31 - Publié le 24/07/2016 à 20:28 | Le Point.fr

Sandra Bertin, qui accuse l'Intérieur d'avoir fait pression sur elle, a accordé une interview à France 2 dans laquelle elle maintient ses accusations.  © FRANCE 2  AVEC AFP

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Ce dimanche dans le JDD, Sandra Bertin, chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice, a accusé le  ministère de l'Intérieur d'avoir fait pression sur elle après l'attentat sur la Promenade des Anglais. Ses déclarations ont créé une vive polémique auprès des responsables politique et de police. En réponse à la plainte de  Bernard Cazeneuve, déposée plus tôt dans la journée pour diffamation, la policière a maintenu sa version des faits, dans une interview accordée au 20 heures de  France 2, reprenant point par point ses accusations. Des propos réitérés lors d'une conférence de presse donnée peu avant 21 heures, où son avocat a indiqué qu'elle allait faire un signalement au procureur pour faux en écriture publique. Sandra Bertin a également confirmé que "plusieurs témoins" avaient bien assisté à la scène et l'avaient "soutenue".

Bernard Cazeneuve, présent lors de la diffusion de l'interview sur France 2, a lui aussi maintenu sa version des faits, et s'est dit serein sur l'aboutissement de la plainte qu'il a déposée pour diffamation. Il a également dénoncé ce qu'il estime être des "manoeuvres de basse politique" : "Cela fait dix jours que nous sommes quasiment quotidiennement confrontés à des attaques, des insinuations, des mensonges de la part de gens à Nice qui, pour certains, exercent des responsabilités politiques", a-t-il déclaré.

Une heure plus tôt, lors d'un point presse où Sandra Bertin était censée donner sa version des faits mais n'était finalement pas présente, les syndicats de police ont appelé à l'apaisement : "Tout le monde a assuré ses missions (...) Nous ne souhaitons qu'une chose c'est de protéger les Français de ce genre d'événements", a déclaré Cynthia Foucaud, déléguée FO de la police municipale de Nice. Pas de rétropédalage de la part des syndicats donc, mais face à l'ampleur de la polémique, un appel au calme et à la justice.

Une plainte déposée

Ce matin, dans les colonnes du JDD, Sandra Bertin, chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice et secrétaire générale du Syndicat autonome de la fonction publique territoriale (SAFPT), a révélé des pressions exercées par la sous-direction anti-terroriste et le ministère de l'Intérieur pour changer son rapport sur la soirée du 14 juillet. Selon elle, la place Beauvau l'a contactée pour lui faire « un compte rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l'on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité ». « Je lui ai répondu que je n'écrirai que ce que j'avais vu. Or la police nationale était peut-être là, mais elle ne m'est pas apparue sur les vidéos, explique-t-elle. Cette personne m'a alors demandé d'envoyer par email une version modifiable du rapport, pour ne pas tout retaper. J'ai été harcelée pendant une heure, on m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues à l'écran. À tel point que j'ai dû physiquement renvoyer du CSU l'émissaire du ministère ! J'ai finalement envoyé par email une version PDF non modifiable et une autre modifiable », raconte-t-elle.

Des accusations prises très au sérieux par le ministère de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve a répondu ce dimanche en portant plainte pour diffamation dénonçant des « accusations indignes ».  En fin d'après-midi, la police nationale a également répondu à la polémique lors d'un point presse dénonçant des accusations mensongères.

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Accointances politiques

Les attaques du président de la région PACA à l'encontre du ministère de l'intérieur sont devenues quotidiennes. S'embarrassant parfois peu de la vérité : en criant au scandale, jeudi 21 juillet, M. Estrosi a réussi à faire passer une réquisition judiciaire pour une tentative de dissimulation de preuves. La sous-direction antiterroriste avait demandé au CSU de  supprimer  des images de vidéosurveillance du 14 juillet, pour  éviter toute fuite, les enquêteurs disposant des enregistrements.

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Des observateurs remarquaient, avec la même circonspection, qu'outre ses fonctions de chef du CSU, Sandra Bertin s'avère être une proche de la municipalité. Le profil Facebook de la policière n'était plus consultable lundi, mais il attestait dimanche de ses accointances politiques, à travers son adhésion au « groupe des amis de Christian Estrosi » ou à la page du maire actuel, Philippe Pradal (Les Républicains).

Sandra Bertin est également signataire d'une pétition initiée par M. Estrosi contre le « laxisme d'Etat » face à la radicalisation. Ou d'un courrier des syndicats de policiers municipaux qui regrettaient que « la police municipale n'ai pas été citée »par le ministère de l'intérieur et celui de la défense lors d'une conférence de presse le 16 juillet. Des syndicats qui n'ont pourtant pas voulu cautionner la démarche de Mme Bertin le 25 juillet, tout en refusant de dénigrer une« fonctionnaire irréprochable ».

Le rapport que Mme Bertin a transmis aux autorités, et dont Le Monde a pris connaissance, est, de l'avis de tous, tout à fait sérieux dans les faits qu'il décrit. La note de la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes est en revanche beaucoup plus confuse. Communiquée dimanche par la DGPN à la presse, elle a été établie le 15 juillet, soit au lendemain de l'attaque et vise à retranscrire la « chronologie du franchissement du périmètre par le camion » du tueur qui a fait 84 morts ce soir-là. Le barrage de la circulation y est mal situé, la présence de policiers nationaux qui y est mentionnée s'avère également erronée.« Le 15 juillet, nous n'avions pas tous les éléments », précise une source au ministère de l'intérieur. Mal informé, un fonctionnaire a-t-il pu se montrer trop zélé ?

 

 

 

 

 

 

Criminaliser le salafisme et interdire les organisations liées aux Frères musulmans

 
  écrit 15 juin 2015 mis à jour 15/6/2016

Journaliste, président de l'association "Onze janvier"

http://www.huffingtonpost.fr/

 

RELIGION - La communauté internationale et singulièrement les grandes démocraties, font preuve d'incohérence et manquent cruellement de courage dans le cadre de la lutte idéologique qui les oppose aux tenants du totalitarisme islamiste.

Depuis plusieurs années, je plaide, malgré les cris d'orfraies, à la criminalisation de l'idéologie salafiste et à l'interdiction pure et simple des organisations s'inspirant de la pensée des Frères musulmans. Ce double objectif devrait être celui de tout démocrate, attaché à la laïcité, qui aspire à vivre au sein d'une société apaisée où la violence et le terrorisme seraient bannis. Ce double objectif permettra de préserver, par ailleurs, l'ordre républicain et de garantir une compatibilité de l'islam avec la République. Car, disons les choses clairement, si aujourd'hui, à certains égards, l'islam pose problème, c'est parce qu'il n'est pas représenté pas une spiritualité, un culte ou une culture, mais parce qu'il est largement phagocyté par deux idéologies nihilistes : celle des salafistes et celle des Frères musulmans. En d'autres termes, si la majorité des musulmans est apaisée et n'aspire qu'à vivre dans la quiétude, les courants, associations et organisations visibles et actifs sont dominés par les deux idéologies en question.

La criminalisation du salafisme et l'interdiction des organisations liées aux frères musulmans sont confortées par des arguments qui s'articuleraient autour de trois raisons objectives.

Pour des questions politiques d'abord. Ces deux idéologies, nous le voyons tous les jours, représentent un danger pour la cohésion d'une société. Elles la clivent et la segmentent y compris en usant de violence. Si la démarche des salafistes peut-être constatée au quotidien, les visées non avouées des Frères musulmans doivent, elles, être décryptées. Quoi qu'il en soit, les uns et les autres veulent provoquer la rupture du lien social. Pour se convaincre de leur nocivité, il suffit d'observer leurs agissements et leur comportement dans les pays dits « musulmans ». Ils sont souvent à l'origine du désordre et du chaos même lorsqu'ils font face à des régimes détestables.

Pour des questions idéologiques ensuite. Ces deux courants sunnites (on pourrait dire la même chose des intégristes chiites) sont des pensées totalitaires - à certains égards fascisantes - incompatibles avec la lettre et l'esprit du corpus démocratique qu'elles cherchent à anéantir et à réduire en cendres. Un simple examen froid et critique des textes salafistes ou fréristes permettrait de faire ce constat. Que le groupe islamiste ait pour nom le Hamas (Frères musulmans) à Gaza ou Daech (salafistes) à Raqaa, que l'ennemi ait pour nom Israël, l'Amérique ou la France, la barbarie qui s'exerce à l'endroit de leurs propres coreligionnaires suffit à illustrer le caractère fasciste et nihiliste de ces idéologies.

Pour des questions juridiques enfin. Ces deux idéologies sont criminogènes. Au mieux, elles impliquent, là où elles sont fortement représentées, un risque de trouble à l'ordre public. Et de ce point de vue, il serait naïf de constater le caractère violent du salafisme et des Frères musulmans à travers les seules manifestations terroristes. La violence est consubstantielle à l'un et aux autres. Violence à l'égard des minorités religieuses, spirituelles, sexuelles, philosophiques. Violence par le verbe, par l'épée et par le texte, mais aussi violence par l'humiliation, par le regard, par le comportement et violence enfin par la diabolisation, l'excommunication ou le rejet de la « différence » réelle ou supposée.
Les deux pensées sont, de manière assumée ou dissimulée, antisémites, homophobes, misogynes, apologétiques de la violence et de la haine dans leurs textes et dans les discours de la plupart de leurs représentants.

Écrire ce qui précède pourrait susciter le scepticisme. De belles âmes pourraient trouver que ce serait là une démarche excessive, un propos extrême et une attitude intolérante. Je suis prêt à entendre de telles critiques à condition que l'on m'explique comment devrait-on gérer les dogmes qui structurent les deux pensées en question.

Sait-on au moins ce que celles-ci pensent du projet de société que nous défendons ?

Quelques petits rappels :

S'agissant de la démocratie, les Frères musulmans ont toujours rejeté cette valeur que ce soit à travers la voix de leur fondateur Hassan el Banna ou à travers des figures du mouvement comme Sayed Qutb ou, au Pakistan, Al Mawdoudi. Les uns et les autres estiment que la souveraineté doit être détenue par Dieu, et non par le peuple. Les islamistes estiment que toutes les lois nécessaires à la gestion de la cité existent dans le corpus islamique à travers le Coran et la Sunna (la tradition du Prophète). Les quelques "évolutions" qui ont été consenties par la Confrérie ont accepté l'idée d'une sorte de démocratie qui soit contrôlée et assujettie à la loi religieuse, la charia. Pour la Confrérie intégriste, la prépondérance de la législation islamique sur l'ensemble des lois "inventées par l'homme" est une question non négociable. De ce point de vue, pour s'en convaincre, il suffit de lire ou de relire le mot d'ordre de la Confrérie : "Dieu est notre objectif. Le Prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad est notre voie".

Les salafistes, eux, sont plus explicites. Ils ont ce mérite d'être moins hypocrites que les Frères musulmans et moins dissimulateurs. Pour eux, le rejet de la démocratie est clair et sans ambages. L'un de leurs leaders spirituels contemporains, le jordanien Abou Mohamed El Maqdissi, écrivait au cours des années 2000, un texte intitulé La démocratie est une religion dans lequel il qualifiait la démocratie de "religion autre que la religion d'Allah". Elle y est décrite comme "une religion mécréante innovée dont les partisans sont soient des seigneurs législateurs ou des suiveurs qui les adorent".

Un autre idéologue, le cheikh Mouqbil, un yéménite formé en Arabie saoudite, affirmait dans l'un de ses prêches : "La démocratie est une mécréance. Nous n'avons pas besoin de la démocratie. Qu'implique t-elle ? Le fait de donner au peuple l'occasion de se gouverner par lui même. C'est à dire sans Livre (Coran) et sans Sunna (Tradition du Prophète). La démocratie vote en faveur de la pornographie, ils ont voté dans certains pays mécréants qu'il est autorisé à un homme d'en épouser un autre. La démocratie n'est qu'ignominie. Elle met sur un même pied d'égalité le pieux et le pervers". On ne peut pas être plus clair.

S'agissant de la laïcité, pour connaître l'avis des Frères musulmans, il suffit de lire Hassan el Banna ou d'écouter attentivement Tariq Ramadan, son petit-fils et néanmoins représentant médiatique de sa pensée. Le fondateur de la Confrérie extrémiste affirmait : "l'islam est foi et culte, patrie et citoyenneté, religion et État, spiritualité et action, Livre et sabre...". Ce mot d'ordre est repris de nos jours par Tariq Ramadan qui le résume d'une phrase : "l'islam est un englobant". Donc, point de séparation entre le temporel et le spirituel pour les tenants de cette pensée intégriste dont les promoteurs savent se draper généralement derrière les habits et le langage de la modernité.

Même vision pour les salafistes. Un exemple pour illustrer la position de ces derniers à l'égard de la laïcité : un texte rédigé par un idéologue algérien, Mohamed Ferkous. Il écrit : "la laïcité est une idéologie mondaine qui vise à isoler l'influence de la religion sur la vie" avant de conclure: "la religion et le pouvoir sont inséparables, et ce, depuis le jour où s'est composée pour la première fois la société musulmane... L'Islam ne tolère pas l'athéisme et ne reconnaît pas de liberté de combattre la religion d'Allah et ses préceptes. Il refuse que le principe de liberté permette l'éviction de l'éducation religieuse et des valeurs éthiques".

Aussi, si le salafisme et la pensée des Frères musulmans ne reconnaissent pas deux des principales valeurs universelles, qu'en est-il des autres principes ?

Les droits de la femme par exemple ?  A ce sujet, l'une des plus grandes références du salafisme, le cheikh Otheimine, une figure du wahhabisme saoudien, estime, dans ses recommandations, que "les femmes musulmanes ne doivent quitter leur domicile qu'avec l'autorisation du mari ou du tuteur". Il précise même très sérieusement que "La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères". Et de prévenir : "Que ces femmes craignent Allah et délaissent les propagandes occidentales corruptrices !"

Il serait faux de croire que les adeptes des Frères musulmans seraient éloignés de cette vision. Très récemment, en 2013, la Confrérie annonçait en Égypte, qu'accorder trop de droits aux femmes et en faire les égales des hommes conduirait à "la destruction totale de la société". Pour s'en convaincre davantage, il suffit de relire les "conseils" de Youssouf al Qaradhaoui le chef spirituel de l'UOIF, l'organisation prosélyte qui défend en France la pensée frériste, et de toutes les associations qui se reconnaissent dans l'idéologie des Frères musulmans. Dans son livre Le licite et l'illicite en islam, al Qaradhaoui écrit que le mari, s'il fait face à une épouse "rebelle", peut "la corriger avec la main tout en évitant de la frapper durement et en épargnant son visage. Ce remède est efficace avec certaines femmes, dans des circonstances particulières et dans une mesure déterminée..."

Je mets au défi qui le souhaite de me dire quel article de la Déclaration universelle des Droits de l'homme serait respecté par le salafisme ou par la pensée des Frères musulmans. En vérité, aucun.

Il n'y a pas un seul principe fondamental qui soit compatible avec les idées islamistes.

C'est là, la triste réalité. Et ce que pourraient dire certains de leurs représentants - notamment ceux des Frères musulmans - ne serait que balivernes. Les salafistes, eux, au moins assument publiquement leur rejet de la modernité et des valeurs universelles. Ces derniers assument y compris la rupture qu'ils doivent opérer avec une société, non régie par les principes salafistes.

En commentant le dogme de "l'alliance et du désaveu", le cheikh Fawzen, l'un des ténors du salafisme assure qu'il est "interdit de tenter de ressembler aux mécréants" et ce, "qu'il s'agisse de coutumes, d'adorations, d'allures ou de comportements". Pire, il recommande de ne pas "secourir" les mécréants ni "faire leur éloge ou les défendre" et "ne pas exalter leur culture ou leur civilisation". Comprendre qu'il est même interdit pour eux de dire ou d'écrire que la démocratie est une formidable valeur. Ceci annulerait l'islam selon cet idéologue.

Par conséquent, au moment où doit s'ouvrir au ministère de l'Intérieur une réunion de la nouvelle "instance de dialogue avec l'islam de France", ce qui précède et qui est loin d'être exhaustif doit nous amener à sortir collectivement de cette léthargie qui s'installe dès qu'il est question d'islamisme. Face à ce phénomène, il faut puiser une réponse ferme dans les principes républicains et démocratiques. Et cela est du champ du possible. Il faut défendre cette fermeté républicaine d'autant plus que c'est cette même léthargie, ce même laxisme, cette même peur, ces mêmes complexes, cette quête de la paix sociale au prix de toutes les compromissions, parfois à partir de positions très nobles et fort louables, que des organisations douteuses comme l'UOIF ont pu faire leur prosélytisme en faveur du voile ou que des groupuscules criminels ont pu endoctriner des Merah ou des Kouachi.

Aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous suffire de quelques palabres organisées sous les crépitements des appareils photo ou sous l'œilleton des caméras nous ne pouvons plus tolérer ces "représentants" de l'islam de France - qui ne servent à rien - militant pour leurs médailles en chocolat.

L'État doit hisser son niveau d'exigence, car il est insupportable de voir une association comme l'UOIF par exemple se jouer de la naïveté républicaine.

Un préalable pourrait être instauré avant d'entamer un dialogue sérieux avec des organisations dite religieuse : la signature d'une charte qui amènerait ces associations à s'engager pour une dénonciation sans conditions de toutes les violences qui s'expriment, en France ou à l'étranger, au nom de l'islam, un rejet de toutes les lectures extrémistes qui valident, directement ou indirectement, le terrorisme et/ou la haine de l'Autre, un strict respect de l'ensemble des principes contenus dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et notamment ceux relatifs à la liberté de conscience, à la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion ou de ne pas en avoir et, dans le cadre des lois de la République, à la liberté d'opinion, d'expression et de création et, d'un autre côté, à une adhésion pleine et totale aux valeurs républicaines et singulièrement au corpus démocratique et laïque ainsi qu'aux droits des femmes, pour ne citer que ces valeurs.

Un non respect de ce smig républicain pourrait, y compris d'un point de vue juridique, justifier une criminalisation de l'idéologie salafiste et une interdiction des organisations et associations se réclamant de la pensée des Frères musulmans.

Il est temps de traiter les musulmans en adultes.

  http://www.metronews.fr/info/interdire-le-salafisme-en-france-la-reponse-prudente-de-manuel-valls-a-la-proposition-de-nkm/mpgt!CEnSn0a1nfQhA/
 
 

Interdire le salafisme en France ? La réponse prudente de Manuel Valls à la proposition de NKM

 
MIS À JOUR : 20-07-2016 17:00
 
TERRORISME - La députée de l'Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet a développé mercredi à l'Assemblée nationale sa proposition visant à rendre la pratique du salafisme illégale en France pour permettre de lutter contre la radicalisation. Tout en partageant le diagnostic, le Premier ministre s'est montré prudent quant à l'usage de la notion de dérive sectaire invoqué par l'élue

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire Les Républicains pour la présidentielle, en a fait l'une de ses propositions au lendemain de l'attentat de Nice. Lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, la députée de l'Essonne a remis sur la table son idée de "rendre le salafisme illégal" sur le territoire français.

Dans une tribune à L'Opinion, l'élue avait défendu une telle mesure au début de la semaine, estimant que "les chefs islamistes manipulent des esprits faibles" et qu'il fallait "mener la guerre sur deux fronts : contre les têtes pensantes et contre la radicalisation qui leur sert de terreau". "Des mosquées sont prises en main par des individus qui prêchent la haine", a poursuivi la députée mercredi à l'Assemblée nationale, qualifiant ce courant de "dérive sectaire de l'islam responsable de la radicalisation" de certains individus. "Déclarer le salafisme hors la loi, c'est donner une base" au combat contre la radicalisation, a-t-elle conclu.

"Une minorité agissante qui gagne des batailles"

L'analyse de la responsable LR ne pouvait que trouver un écho chez le chef du gouvernement. En avril dernier, Manuel Valls avait en effet ciblé le salafisme, estimant que, tout en étant minoritaire, il était "en train de gagner la bataille de l'islam de France". Ce qu'il a redit mercredi : "Numériquement, le salafisme ne représente pas un courant fort, mais idéologiquement, c'est une minorité agissante qui gagne des batailles [...] C'est un danger pour le monde musulman et pour la France". Il a également évoqué, dans le même raisonnement, l'autre courant des Frères musulmans.

Pour autant, le Premier ministre a modéré la proposition de la députée. Tout en jugeant nécessaire de le combattre, il a estimé "qu'il n'y a pas de notion de secte en droit" et que "la liberté de conscience est fondamentale" et pourrait être invoquée par les associations concernées pour contester une telle mesure. "Je ne crois pas que ce soit le bon outil", a-t-il notamment estimé à propos de la notion de "dérive sectaire" invoquée par la responsable LR. Il n'a toutefois pas fermé la porte à sa proposition, jugeant qu'il faut "approfondir le débat", notamment sur le second argument invoqué par NKM, "l'atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation". Et de conclure : "L'islam de France a tout son rôle à jouer. A lui de mener le combat pour clairement séparer la réalité de l'islam de France de ces idéologies perverses".