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Mort de Shimon Pérès
Revue de presse


Vendredi, 14-Oct-2016
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Shimon Pérès, l'ancien président et premier ministre israélien, est mort


 

 

 

Ssource : Le Monde 28 septembre par Gilles Paris

L'état du Prix Nobel de la paix s'était aggravé mardi, deux semaines après un accident vasculaire cérébral. Il avait 93 ans.
De tous les responsables de son pays, il était à la fois le plus ancien et le moins israélien. Longtemps mal-aimé parmi les siens, toujours prêts à moquer son inaptitude persistante au suffrage universel, et pourtant sans conteste meilleur commis voyageur d'Israël. Cultivé, épris de littérature, parfois visionnaire, et en même temps sinueux, âpre avec ses adversaires comme avec ses alliés, et comme incapable surtout de résister à l'attrait du pouvoir.

De par ses choix et sa vie, Shimon Pérès, mort le mercredi 28 septembre à 93 ans, dix-huit fois ministre ou premier ministre, campait à l'opposé des canons du héros israélien. Il demeurait une sorte d'animal politique hybride – façonné entre shtetl, le foyer juif d'Europe centrale, et Yichouv, la destination des premières alyas, en Palestine mandataire –, et donc bien éloigné de ses contemporains, qu'il s'agisse de Yitzhak Rabin ou d'Ariel Sharon.

Car au commencement, Shimon Persky n'est pas un sabra. Fils d'un négociant en bois, il est né le 2 août 1923 à Vichneva, en Pologne Biélorussie actuelle). Un millier d'habitants juifs, des isbas en bois disséminées le long de la route, pas d'électricité.

Le grand-père maternel, très religieux, est le chef de la communauté. Le futur président racontera, dans un livre d'entretiens avec Robert Littell (Conversations avec Shimon Pérès, Denoël, 1997), qu'il respirait longuement les papiers emballant les oranges, arrivées en provenance d'Israël, cette terre inconnue mais si proche, fantasmée.(

C'est en 1934, à l'âge de 11 ans, que Shimon Pérès arrive en Palestine, sous mandat britannique. Il vit dans un kibboutz de Galilée, intègre une école d'agriculture où se forme sa conscience politique Il décide aussi de changer de nom, abandonnant Persky pour Pérès (aigle). Un nom qui lui vaudra des décennies plus tard l'ironie facile de commentateurs à propos de rapaces en voie d'extinction.


Etroits contacts avec la France

Converti au socialisme des pionniers juifs, il grimpe dans la hiérarchie des mouvements de jeunesse à une vitesse stupéfiante. Lorsqu'éclate la guerre en 1948, après la proclamation de l'Etat d'Israël, il est déjà responsable des effectifs au sein de l'armée tenue longtemps clandestine, la Haganah.

Pendant qu'un autre jeune pionnier prometteur, Yitzhak Rabin, se fait un nom au sein du Palmach, le corps d'élite, Shimon Pérès, lui, est chargé des achats d'armes des Forces israéliennes de défense, appelées désormais « Tsahal ». Une œuvre capitale, mais une tâche de l'ombre, là où se produisent les faux documents et les fausses pièces d'identité.

En 1949, avec son épouse Sonia et leur fille, Shimon Pérès s'installe aux Etats-Unis. Il passe quelques mois à Harvard. En même temps, il travaille pour la mission du ministère de la défense, avec comme priorité l'acquisition d'armes pour le jeune Etat hébreu.


       A son retour, David Ben Gourion le nomme directeur général adjoint, puis rapidement directeur général, du ministère de la défense. Il joue un rôle majeur dans les contrats à l'étranger, notamment en Europe de l'Est, sous la coupe de l'Union soviétique (URSS), en dépit de l'embargo officiel des Nations unies (ONU). Il est à l'origine de la création de la première entreprise de matériel militaire aérien.

Au ministère de la défense, Shimon Pérès établit d'étroits contacts avec la France qui se concluent par la signature des premiers contrats, en 1955. Il s'agit du prélude à l'expédition conjointe de Suez, menée avec les Britanniques un an plus tard, qui s'achève par un fiasco retentissant. Les liens avec Paris ne sont pourtant pas coupés, loin de là. C'est au contraire grâce à l'aide de la France que naît le programme nucléaire militaire israélien, dont l'existence est officiellement ni infirmée ni confirmée jusqu'à aujourd'hui.

Au cœur du dispositif militaire israélien

En 1963, l'embargo américain est levé. Shimon Pérès, devenu entre-temps député à la Knesset, négocie avec Washington un accord portant sur la fourniture de missiles. Un an plus tard, suivent les chars Patton et les chasseurs Skyhawk. L'offensive éclair de 1967, lors de la guerre de Six jours, porte au pinacle Yitzhak Rabin, chef d'état-major depuis le début des années 1960. Mais son succès doit beaucoup à l'opiniâtreté de Shimon Pérès qui a permis à l'armée israélienne de disposer de matériels performants.

D'une guerre à l'autre, il reste au cœur du dispositif militaire israélien, tout en s'aventurant en politique sur les traces de son mentor, David Ben Gourion. Ce dernier est alors au crépuscule de sa carrière. Il a rompu avec le puissant parti Mapaï, entraînant son fidèle second. Pas pour longtemps.

En 1968, Shimon Pérès rebondit et devient le nouveau secrétaire général de la formation ravailliste, rebaptisée Avoda. Mais il se heurte durablement à Golda Meir, qui facilite l'ascension du rival Rabin jusqu'à son retrait, après la guerre de 1973. Il doit donc se contenter de portefeuilles ministériels subalternes.

Au début des années 1970, selon une terminologie qui n'est pas encore en vigueur, Shimon Pérès compte parmi les « faucons » de son camp. Il est le plus déterminé lors de l'opération audacieuse menée par l'armée israélienne en Ouganda, à Entebbe, pour libérer les otages de pirates de l'air palestiniens.

« Comploteur infatigable »

Et il se garde bien de contrarier les plans du Goush Emounim, le Bloc de la foi, qui se lance dans la colonisation des territoires palestiniens conquis quelques années auparavant.

Après le retrait inattendu de Yitzhak Rabin avant les élections de 1977, à la suite d'une controverse liée à la possession par la femme de ce dernier d'un compte bancaire aux Etats-Unis, il assiste en vaincu au triomphe de la droite nationaliste de Menahem Begin et à la première alterrnance politique d'Israël.

Il croit l'emporter dans les urnes en 1981. La télévision publique annonce même brièvement sa victoire, mais en pure perte. Shimon Pérès se contente de diriger  l'opposition. Il accède bien au pouvoir brièvement de 1984 à 1986 mais selon les termes d'un accord avec la droite qui prévoit une rotation au poste de premier ministre.

Au bout de ses deux années, son bilan n'est pas négligeable : il a dompté une inflation à trois chiffres qui menaçait le pays et retiré la majorité des troupes israéliennes du Liban où elles étaient embourbées depuis l'opération « Paix en Galilée » lancée par Ariel Sharon en 1982. Mais en 1988, les électeurs israéliens lui préfèrent une nouvelle fois la droite, avec laquelle il doit encore composer.

Quatre ans plus tard, son rival de toujours, Yitzhzak Rabin, qui le qualifiera de « comploteur infatigable » dans ses Mémoires, l'emporte sur lui au cours des primaires travaillistes. Puis l'ancien chef d'état-major conduit son camp à la victoire électorale. Une nouvelle page politique s'ouvre dans la vie de Shimon Pérès, sans doute la plus importante.

Prix Nobel de la paix décerné en 1994

La cohabitation à la tête de l'exécutif des deux frères ennemis travaillistes s'annonce périlleuse. Il n'en sera rien. Les différends et les rancunes vont être  transcendés par un projet de paix avec les Palestiniens, cette paix que Yitzhak Rabin a promis dès son élection. Shimon Pérès en est le maître d'œuvre. Il a réussi à convaincre  le premier ministre de lui laisser les coudées franches puis il a pris contact discrètement avec la partie palestinienne.

Le 13 septembre 1993, les accords d'Oslo sont signés sur la pelouse de la Maison Blanche. La poignée de main entre le premier ministre israélien et Yasser Arafat est immortalisée, mais Shimon Pérès est honoré conjointement avec les deux responsables par un prix Nobel de la paix décerné en 1994. Ce prix couronne une évolution politique commencée plus d'une décennie auparavant. Il est à présent la « colombe » la plus célèbre d'Israël. Pour le meilleur comme pour le pire.


Le pire, justement, ne tarde pas. Le 4 novembre 1995, Rabin est assassiné à Tel-Aviv par un extrémiste israélien. Shimon Pérès accède une nouvelle fois au poste de premier ministre par défaut. Son mandat ne vaut que jusqu'aux élections fixées en mai de l'année suivante et qu'il refuse d'avancer, ce dont le prie pourtant la veuve de son ancien rival, Léa Rabin.

En février, une vague d'attentats palestiniens consécutive à l'assassinat par Israël d'un cadre militaire d u Mouvement de la résistance islamique (Hamas) a tôt fait de briserr le rêve d'Oslo qui avait poussé le responsable travailliste à imaginer, lyrique, un « Nouveau Proche Orient » débarrassé des carcans du passé et converti à la globalisation.

Une nouvelle fois, Shimon Pérès est proclamé vainqueur par excès de précipitation, avant d'être déclaré battu par Benyamin Nétanyahou. Il retourne donc dans l'opposition.

Sa carrière semble désormais achevée. Il a plus de 70 ans et les travaillistes s'en remettent désormais au militaire le plus décoré de toute l'histoire d'Israël, Ehoud Barak, entré sur le tard en politique et sur lequel ils comptent pour sauver un processus de paix en perdition.

De fait, M. Barak, élu triomphalement en 1999 sur la promesse de la paix décide de pousser  M. Pérès vers la sortie. Ce dernier n'est gratifié que d'un ministère de la coopération qui signifie une préretraite. Camouflet suprême, un membre discret du Likoud, Moshé Katsav, l'emporte face à lui lors de l'élection au poste honorifique de président de l'Etat. L'échec des négociations de Camp David, en juillet 2000, signe pourtant celui de M. Barak, défait dans les urnes par Ariel Sharon en février 2001.

Une forme de défaite

Frappés à la tête, les travaillistes se tournent vers Shimon Pérès qui s'efforce de négocier au mieux leur intérêts dans le gouvernement d'union nationale que les Israéliens appellent de leurs vœux. Lui redevient ministre des affaires étrangères  et s'efforce d'éviter l'effondrement d'Oslo avec ses anciens partenaires palestiniens, Ahmed Qoreï et Mahmoud Abbas, jurant n'être mû que par convictions et réalisme.

L'Etat palestinien est désormais une nécessité pour Israël, assure-t-il tout en se gardant d'entracer trop précisément les frontières. Son influence sur Ariel Sharon est pourtant limitée. Il est donc accusé par ses détracteurs de se contenter de « vendre » à l'étranger la politique exclusivement basée sur la force du nouveau premier ministre, auquel il semble pourtant uni par une complicité de vétérans sur le retour.

Après la nouvelle défaite travailliste aux élections de 2003, il redevient d'ailleurs le pape de transition à la tête d'un parti en déshérence, qui voit Ariel Sharon appliquer à sa manière une partie de son programme en prônant le retrait de la bande de Gaza.

En novembre 2005, ce retrait effectué, Shimon Pérès rompt avec les travaillistes pour rejoindre Kadima, la formation centriste lancée par Ariel Sharon qui a de son côté fait sécession du Likoud. Un pari judicieux qui lui permet d'accéder à la présidence de l'Etat en 2007, à 84 ans, l'âge d'un sage devenu respecté et populaire. L'heure des hommages est venue, même s'il lui arrive encore de croiser le fer, comme au Forum de Davos, en 2009, avec le premier ministre turc de l'époque, Recep Tayyip Erdogan.

En juillet 2014, Shimon Pérès a quitté, après sept ans de présidence, sa résidence officielle de Jérusalem, pour retrouver son appartement à Tel-Aviv. Son successeur, Réouven Rivlin, homme cultivé et défenseur infatigable des droits des minorités, est néanmoins opposé à l'idée d'un Etat palestinien.

Une forme de défaite pour Shimon Pérès, impuissant à conjurer, comme toute sa génération, le pessimisme qui a gagné la société israélienne.

L'ancien président avait connu plusieurs alertes médicales, ces dernières années. Infatigable avocat d'Israël, toujours prêt à professer que l'éducation valait plus que le pourcentage de terre contrôlée, à rebours de la nouvelle doxa nationaliste et religieuse israélienne, Shimon Pérès semblait devenu presque immortel.

Gilles Paris  journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/09/28/shimon-peres-l-ancien-president-et-premier-ministre-israelien-est-mort_5004495_3218.html#B4VeZIOuJgF2X8EK.99

 
 

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Il y a quelque chose de gênant dans
l'hommage à Shimon Peres

Claude Askolovitch 29.09.2016 -Slate

http://m.slate.fr/story/124069/hommage-shimon-peres


La vérité de Peres ne résidait pas dans la légende que les nécrologies construisent: ce n'était pas un tendre, et c'était un patriote avant tout.

Il y a quelque chose de gênant dans ce hesped universel qui accompagne Shimon Peres –le hesped, l'éloge funèbre né des traditions juives, où c'est un commandement divin de célébrer la beauté des hommes.

Quelque chose de gênant, tant ces mots plus grands que nous– «prophète de la Paix», ce genre de chose- que répètent les doux maîtres du monde, écartent Peres de sa vérité, pour l'inscrire dans une aimable légende, le Graal de la paix jamais atteinte. Shimon Peres, s'il fut grand, ne le fut pas pour nous complaire –pacifiques occidentaux peinés par le chaos guerrier.

Le patriote

Il agissait, lui, pour le bien de son peuple et de son pays: un patriote avant tout, un nationaliste pragmatique, et c'est pour cette identité qu'il appartenait au monde, et que le monde pourrait le reconnaître. Dire que ce n'est pas le pacifiste qui était aimable, mais l'Israelien… Il avait été un enfant juif de Vicheneva, en Biélorussie, qui accompagnait son grand-père à la shoule, dans un univers aujourd'hui détruit. Sa famille avait émigré en Palestine en 1934, pour découvrir une terre qui s'échappait de l'Orient pour devenir juive et moderne, et ensuite un Etat appelé Israel, dont il serait un dirigeant. La vérité de Peres était là. Il était un sioniste, acteur et militant de cette pensée politique que l'on masque à sa mort comme un mot dont on ne sait que faire, tant il attire l'ignorance et la détestation. Il était sioniste, donc un ouvrier d'un Etat juif, pour les juifs, complexe et inabouti comme toutes les constructions humaines, mais dont l'existence et la force étaient son objectif. La Paix, pour cet Etat, en découlait simplement. Pour cet Etat, et pour les juifs qu'on ne tuerait plus en vain.

Il y a un peu moins de vingt ans, en 1997, dans un moment de jachère de son parcours politique, Shimon Peres s'était amusé à un livre édifiant et fantastique, Le Voyage imaginaire, où il s'imaginait accompagner Theodore Herzl, l'inventeur du sionisme, dans un voyage dans l'Israel réel. Il s'y référait à un vieux conteur yiddish!

«Herzl reviendra et je l'accompagnerai en me murmurant à chaque pas cette phrase de Cholem Aleichem: "J'ai rêvé un rêve". Avec le père de l'Etat juif, nous rêverons de concert, l'espace de quelques jours, un rêve aux couleurs chatoyantes, ses retrouvailles ou plutôt sa découverte du bien le plus précieux qu'il ait légué en héritage à son peuple, une terre et un Etat.»

Le prophète pragmatique

Déjà sanctifié vivant par la communauté internationale, comme l'inventeur des accords d'Oslo et le compagnon du martyr Itzhak Rabin, Peres avait pourtant été rejeté par son pays, battu aux élections de 1996 par Benjamin Netanyahou, déclinaison israélienne des néo-conservateurs américains. Suspect de naïveté, voué aux gémonies par les faucons qui allaient saboter son oeuvre, Peres voulait affirmer son nationalisme. Le livre était enthousiaste et amusé, assumant tout, et Peres, ravi, imaginait le sage Herzl interloqué par le culte de Tsahal, l'armée israélienne: «Je me demande si tu n'est pas devenu une espèce de Junker juif, avec toute tes vantardises sur ton armée». Un Junker, un fana-mili germanique, lui, le Prophète de la Paix?

Peres revendiquait tout. Ce qui l'opposait à Netanyahu n'était pas moral, mais politique. Les démagogues de son pays excitaient les foules contre sa paix ? Les foules sont idiotes et les nationalistes si souvent brouillons. Peres prétendait être meilleur patriote et gardien d'Israel, par son réalisme et ses visions, que les démagogues. Il n'était pas un tendre.

Shimon Peres fut ce jeune haut fonctionnaire à qui David Ben Gourion, premier ministre et fondateur du pays, confia une part de la survie d'Israel: l'alliance française, alors déterminante, qui fournit à l'Etat juif les armes des ses victoires de 1956 et 1967, et l'énergie nucléaire de son ultime garantie. Shimon Peres fut ce soldat d'Israel, sans l'uniforme, qui irait jusqu'en Afrique du Sud, au temps de l'apartheid, chercher des alliances pour la sécurité des siens. Il fut ce chef de gouvernement à la main trop lourde, qui fit bombarder le Sud-Liban du Hezbollah et tuer, par erreur, des dizaines d'innocents à Cana, en 1996. Il fut cet homme d'Etat protégeant de son aura un pays déstabilisé sur la scène internationale, après la deuxième Intifada. Lui, l'homme des accords d'Oslo, avait rejoint Ariel Sharon au pouvoir: les deux hommes avaient eu le même père en politique, David Ben Gourion, et partageaient l'idée que l'Etat était la valeur suprême.

La Paix, là-dedans? Elle ne fut pas un choix insincère; au contraire, déterminant : mais justement, elle fut un choix politique. Elle n'était pas un bien supérieur, une catégorie morale transcendante, mais un raisonnement. Il faut la Paix, avec le monde arabe et les Palestiniens, pour que l'Etat juif ne se perde pas dans une solitude périlleuse. Il faut la paix parce qu'elle est rendue possible par la puissance. C'est parce que la centrale nucléaire de Dimona donnait à Israel la puissance suprême que l'Egypte de Sadate était venue négocier: Peres l'affirmait.

Aimer Peres

Était-il un prophète? Il s'y essayait, mais dans un registre raisonné. Theodore Herzl avait imaginé dans un roman d'anticipation,Altneuland ce que serait l'Etat juif. Shimon Peres, quelques mois après les accords d'Oslo, composait à son tour une utopie, Le nouveau Moyen-Orient, dans lequel il faisait de l'économie et du développement la clé du futur. Oslo n'était que la première étape d'une construction de la co-prospérité. Peres était dans la pensée de ce temps, libéral et mécaniste, mondialiste, clintonien. Il inscrivait Israel dans la prospérité moderne, bientôt dans le nouveau monde d'internet et de facebook, cette universalité virtuelle.

Il n'était pas l'ami des Palestiniens, comme on l'imaginerait d'un pacifiste, mais se posait parfois comme leur protecteur raisonnable, du côté de la force bienveillante, la force pourtant, avec un zeste de colonialisme bénévolent, en dépit de phrases justes. Il ne se trompait pas de registre. Il était de son monde et de son pays. L'historien Zeev Sternhell avait écrit, jadis, une histoire saisissante des gauches sionistes, Aux origines d'Israel, montrant comment l'idéologie qui les animait avait cédé au pragmatisme étatiste. Ben Gourions et ses successeurs n'avaient pas construit le socialisme mais un pays, troquant le kibboutz contre l'armée, la bourgeoisie, la diplomatie. Shimon Peres, élégant, raffiné, courageux, ambitieux, politique, francophile, utopiste, pacifique, était de cette gauche de l'Etat. Il est d'autres gauches, par le monde, qui en tiennent pour le libéralisme et la patrie, et prétendent faire simplement un meilleur travail que les droites… Il y a bien des raisons d'aimer Shimon Peres, pour ce qu'il nous dit de nous-mêmes.

Ce n'est évident dans ce que l'on entend, aujourd'hui. Son âme est-elle flattée de tant de mots, ou bien Szimon Perski, qui découvrait fièrement la Tel-Aviv blanche et nette de son enfance, le «petit Paris» des sionistes, ces juifs enfin libérés de l'Exil, pense-t-il simplement aux siens? Dites prophète, si vous voulez. Dites «Paix», autant que vous souhaiterez. Dites Israel, Etat, sionisme, judaïsme, et vous serez un peu plus juste, quand vous commémorez cet homme. Aimez Shimon Peres pour ce qui fut son oeuvre, l'existence de ce Pays, Israel, et admettez que son existence même est importante pour l'humanité, quelles que soient ses fautes et ses imperfections? C'est un peu plus complexe, mais quel bel exercice de vérité

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Aux obsèques de Pérès, beaucoup de monde mais peu de diplomatie

Par Nissim Behar,
à Tel-Aviv
— 30 septembre 2016 à 17:01

 

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Obama, Clinton, Hollande, entre autres, ont assisté à l'enterrement de l'ancien Premier ministre israélien. Mais le sommet tripartite américano-israélo-palestinien qu'espéraient certains n'a pas eu lieu.

S'il avait pu assister à ses propres obsèques, Shimon Pérès aurait sans doute apprécié de voir avec quel empressement les dirigeants qu'il a croisés au long de sa longue carrière se sont déplacés pour lui rendre un dernier hommage, vendredi matin sur le mont Herzl de Jérusalem.

Outre Barack Obama, l'ex-président Clinton, François Hollande, Nicolas Sarkozy, le prince Charles, le roi d'Espagne et Mahmoud Abbas, plus de 90 chefs d'Etat et de gouvernement, de ministres, et d'envoyés officiels ont en effet transformé cette cérémonie en un événement international protégé par huit mille policiers et soldats. Un déplacement géant censé parer à toute éventualité, y compris à des troubles puisque le Hamas avait proclamé que ce vendredi serait une «journée de la colère».

Les discours? Sans surprise. De Binyamin Netanyahou à l'écrivain Amos Oz, l'ami de quarante ans de Pérès, tous les intervenants ont plus ou moins raconté la même chose. Sauf Obama, qui a commencé son allocution en rappelant la présence d'Abbas dans l'assemblée alors que les responsables israéliens l'avaient relégué au deuxième rang.

«Le rêve sioniste est de voir naître un Etat palestinien»

Dans la foulée, le président américain a révélé que durant leurs discussions, Pérès lui avait dit que «le peuple juif n'a pas été créé pour en dominer un autre». A l'en croire, il «regardait les Palestiniens comme des gens égaux (…) et pensait que le seul moyen de défendre le rêve sioniste est de voir naître un Etat palestinien».

Peu avant le début de la cérémonie, Netanyahou et Abbas se sont longuement serré la main. Le geste est donc considéré comme «historique» puisque les deux hommes ne s'étaient plus rencontrés depuis des années sur le territoire israélien. L'on sentait d'ailleurs une certaine tension dans la manière dont ils sont salués. «Heureux de vous revoir, il y avait longtemps», a dit Abbas à son hôte. «Moi aussi», lui a répondu ce dernier

Même sensation lorsque Saeb Erekat, le président de l'OLP et responsable des négociations avec Israël, s'est retrouvé face au Premier ministre de l'Etat hébreu. «Heureux de vous voir ici», a lâché ce dernier.«Merci de nous avoir invités», a répondu le Palestinien qui s'est empressé de prendre ses distances en souriant de travers.

Ces dernières heures, plusieurs commentateurs israéliens avaient caressé l'idée d'une possible rencontre tripartite entre Obama, Netanyahou et Abbas destinée à convenir de la future reprise du dialogue israélo-palestinien mais ils rêvaient. Pressé par le temps, le président américain est en effet reparti à Washington peu après la fin de la cérémonie. Quant à Abbas, Erakat et leurs accompagnateurs, ils ne se sont pas éternisés davantage. Parce que l'opinion palestinienne désapprouve largement leur participation à cette cérémonie et Peres passe à ses yeux pour «criminel» qui a favorisé la «Nakba» (l'exil des réfugiés palestiniens en 1948) ainsi que la colonisation des territoires conquis par l'Etat hébreu en 1967.

En marge des funérailles, Netanyahou s'est cependant entretenu avec la responsable de la diplomatie européenne Frederica Mogherini. Des contacts ont également eu li       eu entre des responsables israéliens et la délégation de François Hollande, qui continue de promouvoir l'idée d'une conférence internationale de paix cet hiver à Paris.

Nissim Behar à Tel-Aviv

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Le criminel de guerre Shimon Peres échappe à la justice humaine

mercredi 28 septembre 2016 / 6h:10 
http://chroniquepalestine.com/criminel-de-guerre-shimon-peres-echappe-a-justice-humaine/

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Ben White – Shimon Peres, décédé mercredi à l'age de 93 ans après avoir subi un accident vasculaire cérébral le 13 septembre, incarne la disparité entre l'image d'Israël en Occident et la réalité de ses sanglantes politiques coloniales en Palestine et dans la région.

Un acteur de la purification ethnique de la Palestine lors de la Nakba

Peres est né en Biélorussie en 1923, et sa famille a déménagé en Palestine dans les années 1930. Encore jeune, Peres a rejoint la Haganah, la milice première responsable de l'épuration ethnique des villages palestiniens en 1947-1949, au cours de la Nakba.

Alors que le déplacement violent des Palestiniens atteignait un record historique, Peres a toujours insisté sur le fait que les forces sionistes « ont confirmé la « pureté des armes  » lors de la création de l'État d'Israël. Il a été jusqu'à affirmer qu'avant l'existence d'Israël, « il n'y avait rien ici. »

Une vie au service du colonialisme et de l'apartheid

Dans les décennies qui ont suivi, Peres a servi comme Premier ministre (deux fois) et président, mais il n'a jamais gagné une élection nationale. Il était membre de 12 cabinets et a eu comme mandats la Défense, les Affaires étrangères et les Finances.

Il est peut-être mieux connu en Occident pour son rôle dans les négociations qui ont abouti aux Accords d'Oslo de 1993 et qui lui ont valu, avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, le Prix Nobel de la Paix.

Pourtant, pour les Palestiniens et leurs voisins du Moyen-Orient, les antécédents de Peres sont très différents de sa réputation en Occident comme « colombe » infatigable, et ce qui suit est loin d'être un résumé complet du dossier Peres au service du colonialisme et de l'apartheid

Bombes atomiques

Entre 1953 et 1965, Peres a servi d'abord comme directeur général du ministère de la Défense d'Israël, puis comme vice-ministre de la Défense. En raison de ses responsabilités à l'époque, Peres a été décrit comme « l'architecte du programme d'armement nucléaire israélien  d'Israël », qui à ce jour, « reste en dehors du contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). »

Selon des procès-verbaux restés secrets et révélés depuis, Peres a rencontré en 1975 le ministre de la Défense sud-africain PW Botha et a « offert de vendfe des ogives nucléaires  au régime de l'apartheid. » En 1986, Peres a autorisé  l'opération du Mossad où le technicien nucléaire Mordechai Vanunu a été enlevé en Rome.

Cibler les citoyens palestiniens

Peres a joué un rôle clé dans le régime militaire imposé aux citoyens palestiniens jusqu'en 1966, en vertu duquel les autorités volaient massivement les terres et déplaçaient les habitants.

Un des outils [de la dépossession] était l'article 125 qui a permis que la terre palestinienne soit déclarée zone militaire fermée. Ses propriétaires étaient interdits d'accès, les terres devant ensuite être confisquées comme « incultes ». Peres s'est félicité de l'article 125 comme un moyen de « poursuivre directement la lutte pour la colonisation juive et l'immigration juive. »

Une autre des responsabilités de Peres en sa qualité de directeur général du ministère de la Défense était de « judaïser » la Galilée, c'est-à-dire, de poursuivre les politiques visant à réduire la taille de la région où vivaient des citoyens palestiniens et d'étendre celle où vivaient les juifs.

En 2005, comme vice-Premier ministre dans le cabinet d'Ariel Sharon, Peres a renouvelé ses attaques contre les citoyens palestiniens avec des plans pour encourager les Israéliens juifs à s'installer en Galilée. Son plan de « développement » couvre 104 communautés – 100 d'entre elles exclusivement juives.

Dans des conversations secrètes avec les responsables américains la même année, Peres prétendait Israël avait « perdu un million de dunams [1000 kilomètres carrés] de terres du Néguev pour les Bédouins », ajoutant que le « développement » du Néguev et de la Galilée pouvait « soulager ce [qu'il] appelait une menace démographique ».

Soutenir les colonies illégales en Cisjordanie

Alors que le projet de colonisation d'Israël en Cisjordanie est vu comme principalement associé au Likoud et d'autres partis nationalistes de droite, c'est en fait le parti Travailliste qui commencé la colonisation du territoire palestinien nouvellement conquis. Et Peres y a participé avec enthousiasme.

Durant le mandat de Peres comme ministre de la Défense, de 1974 à 1977, le gouvernement Rabin a établi un certain nombre de colonies clés en Cisjordanie, dont celle d'Ofra  pour laquelle de grandes sections ont été construites sur des terres palestiniennes volées.

Après avoir joué un rôle de premier plan dans les premiers jours de l'entreprise de colonisation, Peres est intervenu ces dernières années pour contrecarrer toute mesure, aussi modeste soit-elle, pouvant sanctionner les colonies illégales – toujours, bien sûr, au nom de la protection des « négociations de paix ».

Le massacre de Qana

En tant que Premier ministre en 1996, Peres a ordonné et supervisé l'agression militaire « Raisins de la colère » , au cours de laquelle les forces armées israéliennes ont massacré quelque 154 civils au Liban et en ont blessé 351 autres. L'opération, largement soupçonnée d'avoir été un spectacle pré-électorale de démonstration de force, a délibérément transformé les civils libanais en cibles.

Selon le site israélien des forces aérienne, l'opération a impliqué « le bombardement massif des villages chiites dans le sud du Liban, afin de provoquer un flux de civils au nord, vers Beyrouth, appliquant ainsi la pression sur la Syrie et le Liban pour qu'ils bloquent le Hezbollah. »

L'incident le plus notoire de la campagne a été le massacre de Qana , quand Israël a bombardé un camp des Nations Unies et tué 106 civils qui s'y abritaient. Un rapport de l'ONU  a déclaré que, contrairement aux affirmations israéliennes, il était « peu probable » que le bombardement « ait été le résultat d'erreurs techniques et/ou de procédure. »

Plus tard, les artilleurs israéliens ont dit à la télévision israélienne qu'ils n'avaient aucun regret pour le massacre, puisque les morts étaient « justse un groupe d'arabes . » Quant à Peres, sa conscience était tout aussi propre: «Tout a été fait selon une logique claire et d'une manière responsable, » a-t-il dit. « Je suis en paix. »

Gaza – défendre le blocus, la brutalité, la violence

Peres a décidé de lui-même d'être un des ambassadeurs mondiaux les plus importants d'Israël au cours des dix dernières années, tandis que la bande de Gaza était soumise à un blocus dévastateur et à trois grandes offensives militaires israéliennes. Malgré l'indignation mondiale devant ces politiques, Peres a toujours soutenu la politique de punition collective et la brutalité militaire.

En janvier 2009, par exemple, malgré les appels lancés par les « organisations israéliennes de défense des droits humains … pour que l'opération 'Plomb durci' soit arrêtée », Peres a décrit « la solidarité nationale derrière l'opération militaire » comme « une heure de gloire d'Israël. » Selon Peres, le but de l'agression « était de donner un coup puissant à la population de Gaza afin qu'elle perde son envie de tirer vers Israël. »

Au cours de l'opération militaire « pilier de défense » en novembre 2012, Peres « a pris la tâche de contribuer à l'effort de relations publiques d'Israël, transmettant le récit israélien aux dirigeants de la planète », selon la citation d'Ynetnews. A la veille de l'offensive israélienne, « Peres a averti le Hamas  que s'il veut une vie normale pour les habitants de Gaza, alors il doit cesser de tirer des roquettes sur Israël. »

En 2014, lors du bombardement sans précédent de Gaza, Peres s'est escrimé encore une fois pour blanchir les crimes de guerre. Après que les forces israéliennes aient massacré quatre petits enfants  jouant sur une plage, Peres savait qui blâmer  – les Palestiniens : « C'est une zone où nous avions prévenu qu'elle serait bombardée, » a-t-il affirmé. « Et malheureusement, ils n'ont pas écarté les enfants. »

Le blocus étouffant, condamné internationalement comme une forme de punition collective tout à fait illégale, a également été défendu par Peres – précisément parce qu'il est une forme de punition collective. Comme Peres l'a dit en 2014  : « Si Gaza cesse le feu, il n'y aura pas besoin d'un blocus. »

Le soutien de Peres pour la politique de punition collective s'est également étendu à l'Iran. Commentant en 2012 les rapports selon lesquels six millions d'Iraniens souffrant de cancer ont été incapables d'obtenir le traitement médical nécessaire en raison des sanctions, Peres a déclaré  : « S'ils veulent revenir à une vie normale, qu'ils deviennent normaux. »

Fier de ses crimes jusqu'à la fin

Peres a toujours été clair sur l'objectif d'un accord de paix avec les Palestiniens. Comme il l'a dit en 2014 : « La première priorité est de préserver Israël comme un État juif. Tel est notre objectif central, ce pour quoi nous nous battons ». L'année dernière, il a réitéré ces sentiments  dans une interview avec l'Associated Press, en disant : « Israël doit mettre en œuvre la solution de deux États dans son propre intérêt, » afin de ne pas « perdre sa majorité [juive]. »

Ce rappel révèle le fond du soutien des Travaillistes pour les Accords d'Oslo. Rabin, parlant à la Knesset  peu de temps avant son assassinat en 1995, était clair sur le fait que ce que voulait Israël des Accords d'Oslo était une « entité » palestinienne qui serait « moins qu'un État ». Jérusalem serait la capitale indivisible d'Israël, les colonies clés seraient annexées et Israël resterait dans la vallée du Jourdain.

Il y a quelques années, Peres a calomnié les Palestiniens comme pratiquant « l'auto-victimisation » et il déclara: « Ils se victimisent. Ils sont inutilement victimes de leurs propres erreurs. » Une condescendance aussi cruelle était caractéristique d'un homme pour qui la « paix » a toujours signifié la pacification coloniale.

28 septembre 2016 – Middle East Monitor – Traduction : Chronique de Palestine – Lotfallah

Ps : Note de Mivy : je trouve cet article remarquable, ô combien Pérès avait raison ! les crimes qu'on lui repproche ne sont jamais des actes volontaires, bombardement imprudent à Cana, affaire de la plage, où la probabilité d'enfant jouant avec une bombe est plus probable qu'un tir de la marine, par contre on ne voit aucune appétance pour une vie normale en paix avec Israël du côté palestinien, effectivemente, ils s'auto-victimisent, et remettent jamais en cause leur propre politique de guerre à outrance, et leur refus de vivre en paix au côté d'Israël.

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Odeh défend le boycott des funérailles de Peres par son parti

http://fr.timesofisrael.com/odeh-defend-le-boycott-des-funerailles-de-peres-par-son-parti/

 

 

Le chef des 13 députés de la Liste arabe unie a présenté ses condoléances à la famille du 9e président mais n'a "pas de place" en ce "jour de deuil national"'
J'essaie de comprendre la douleur des juifs, avec l'Holocauste et les pogroms… Les juifs doivent comprendre notre douleur aussi'

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Peres a été enterré vendredi au cimetière du mont Herzl à Jérusalem. Des dignitaires de plus de 70 pays ont assisté à ses obsèques, comme le président américain Barack Obama et l'ancien président Bill Clinton. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et d'autres responsables du Fatah, ainsi que le ministre égyptien des Affaires étrangères étaient également présents, mais les absences du président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi et du roi de Jordanie Abdallah II ont été remarquées.

Avant les funérailles, Odeh avait déclaré que les membres de son parti n'y assisteraient pas, citant une histoire « compliquée ». Le parti, qui compte 13 députés, est également resté majoritairement silencieux depuis le décès de Peres mercredi matin, ne publiant ni hommage ni communiqué. Peres est mort deux semaines après un important accident vasculaire cérébral.

Sur la Deuxième chaîne vendredi, Odeh a déclaré que les obsèques de Peres faisaient partie d'un « jour de deuil national dans lequel je n'ai pas de place, ni dans le narratif, ni dans les symboles qui m'excluent, ni dans les histoires de Peres, un homme qui a construit les défenses d'Israël. »

Odeh a présenté ses condoléances à la famille et aux amis proches de Peres, et déclaré qu'il comprenait que la décision de ne pas participer aux obsèques était blessante pour les « forces raisonnables de la société israélienne », avec qui il a dit avoir construit des liens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant les funérailles d'état du défunt 9e président Shimon Peres, au cimetière du mont Herzl, à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le chef du parti majoritairement arabe, composé de Balad, Taal, Hadash et de la Liste arabe unie, a été sévèrement réprimandé par les experts de la Deuxième chaîne, qui ont affirmé que la décision de ne pas assister aux funérailles montrait un manque de leadership de sa part et une occasion ratée.

Odeh a répondu qu'il n'acceptait pas cette « interprétation condescendante » de ses actes, plaisantant ironiquement d'être arrivé dans le studio avec un gilet pare-balles contre la tempête de critiques que lui et les membres de son parti se sont attirés.

Odeh a déclaré que depuis l'AVC de Peres il y a deux semaines, et particulièrement depuis son décès mercredi, il était important pour lui « de ne pas blesser et de transmettre des messages qui peuvent être complexes et mal compris. »

« D'un point de vue humain et personnel, je ressens de la peine [après le décès de Peres], mais pas d'un point de vue national », a déclaré Odeh.

Said Haruf (de face), entouré de (de gauche à droite) Ola Zahar, dirigeante de Maantech, Shimon Peres, alors président, Boaz Maoz, PDG de Cisco Israël, du président américain Barack Obama et du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en mars 2013. (Crédit : bureau du président)

« J'essaie tellement de comprendre la douleur des juifs, avec l'Holocauste et les pogroms dont ils ont souffert. Les juifs doivent comprendre notre douleur [des Arabes israéliens] aussi, sinon il n'y a pas de réelle coexistence », a-t-il affirmé.

Odeh a annoncé que samedi, la communauté arabe israélienne marquait le 16e anniversaire des émeutes d'octobre 2000 pendant lesquelles 13 membres de la communauté ont été tués par la police lors d'une série de manifestations dans les villages arabes. Ils manifestaient contre les actions d'Israël à l'égard des Palestiniens au moment où la deuxième intifada commençait.

« Quelqu'un peut-il comprendre notre douleur [après ces évènements], ou cela n'intéresse-t-il personne ? », a demandé Odeh, qui a déclaré que l'un des morts était le plus jeune frère de son épouse. « Quelqu'un du gouvernement assistera-t-il [aux cérémonies commémorant les morts] ? », a-t-il continué.

Peres, a-t-il déclaré, a fait « beaucoup de choses positives [dans sa vie] mais il y a des choses que nous ne pouvons pas pardonner [aux Israéliens], comme les évènements de 1948 [pendant la fondation de l'Etat d'Israël, quand des milliers de personnes de la communauté arabe ont fui ou ont été déplacées], Kfar Kassem [où 48 civils du village ont été tués par la police des frontières israélienne en 1956 quand ils ont violé sans le savoir un couvre-feu en rentrant du travail], et oui, les évènements d'octobre 2000. »

Peres s'était excusé officiellement des meurtres de Kfar Kassem, connus comme le massacre de Kfar Kassem, en 2007. « Un évènement terrible s'est produit ici dans le passé, et nous en sommes désolés », avait-il déclaré.

Odeh a déclaré que lui et son parti avaient décidé de rester silencieux après la mort de Peres « par respect ».

Jeudi, sur Twitter, Odeh avait écrit en hébreu que « le souvenir de Peres dans la communauté arabe est différent du narratif qui a été entendu ces derniers jours, et je comprends qu'il soit difficile d'entendre des messages si compliqués dans les moments suivant sa mort. »

Interrogé jeudi sur la radio militaire pour savoir s'il se rendrait aux funérailles de Peres, Odeh avait répondu que « je ne prendrais pas part à cette célébration de 1948, du réacteur nucléaire. Je pense que tous ces évènements ont été des tragédies pour un autre peuple, pour ma nation en 1948. »

Il a également déclaré que Peres était un « homme de sécurité, d'occupation et de construction de colonies qui a introduit le nucléaire au Moyen Orient et, malheureusement, a également été un président qui a choisi de soutenir Netanyahu et ses politiques. »

Odeh a continué en citant l'attaque de Qana en avril 1996, quand l'armée israélienne a tiré sur un complexe de l'ONU dans le village du sud du Liban, et a tué 106 civils.

Peres était Premier ministre à l'époque, et Odeh a déclaré à la radio militaire qu'il le tenait responsable de ce « massacre ».

Les remarques ont fait écho, mais de manière adoucie, à celles du député Basel Ghattas, également élu de la Liste arabe unie, qui a déclenché une tempête après avoir critiqué Peres il y a deux semaines, après son AVC.

Ghattas avait déclaré que Peres « était l'un des piliers du projet colonial sioniste, et l'un des hommes les plus méprisables, cruels, radicaux et durables [de son leadership]. »

Peres « a été le plus dommageable et calamiteux pour la nation palestinienne et les autres peuples arabes », a déclaré Ghattas.

Bien qu'il ait été ministre de la Défense et ait été considéré comme un faucon pendant ses premières années en politique, rejetant tout compromis avec les états arabes hostiles, Peres est ensuite devenu le visage du mouvement pacifiste du pays, portant l'héritage du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, qui était son partenaire pour les accords d'Oslo avec les Palestiniens.

Peres a déclaré s'être converti au pacifisme après 1977, quand le président égyptien Anwar Sadat a fait une visite historique à Jérusalem, entraînant le premier traité de paix israélo-arabe.

Shimon Peres avec le président égyptien Anwar Sadat. (Crédit : GPO)

Peres a été reconnu dans le monde entier en remportant le Prix Nobel de la Paix, et, dans la fin de sa vie, est devenu célèbre en voyageant dans le monde entier pour prêcher un message de paix et de coexistence.

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3 Israéliens soupçonnés de préparer des attentats arrêtés

 

 

 

 

Les trois hommes avaient prévu de cacher des armes pour commettre des attentats en Israël en les faisant passer de Cisjordanie vers Israël par un tunnel

AFP ET TIMES OF ISRAEL STAFF 13 octobre 2016, 17:4
http://fr.timesofisrael.com/3-israeliens-soupconnes-de-preparer-des-attentats-arretes/

 


Menaces perpétrées de l'autre côté de la frontière dans une vidéo diffusée par un Etat islamique affilié au plateau
du Golan syrien le 3 septembre 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le Shin Bet a annoncé jeudi l'arrestation de trois Arabes israéliens soupçonnés d'avoir préparé des attentats en s'inspirant de l'idéologie du groupe extrémiste Etat islamique (EI).

Les trois suspects âgés de 20, 26 et 32 ans, et habitants de la ville arabe israélienne de Taybeh (centre), ont été arrêtés courant septembre alors qu'ils projetaient d'incendier un stade où devait être donné un concert à l'occasion de la fête musulmane du Sacrifice, a indiqué le Shin Bet dans un communiqué.

« Les suspects étaient inspirés par l'idéologie de Daech (acronyme arabe de l'EI) et ont voulu empêcher ce concert, contraire à leurs yeux aux valeurs morales et aux principes de la religion selon le (groupe) Etat islamique », précisent les services de sécurité intérieure.

Un des suspects, Amir Jabara, 20 ans, avait été entendu par la police israélienne après avoir été expulsé de Turquie alors qu'il tentait de se rendre en Syrie. Un autre suspect avait prévu de se rendre en Syrie en paramoteur à partir d'Israël.

Un Arabe israélien avait rejoint les rangs du groupe EI par ce moyen en octobre 2015.

Selon le Shin Bet, les trois hommes avaient prévu de cacher des armes pour commettre des attentats en Israël en les faisant passer de Cisjordanie vers Israël par un tunnel.

L'EI n'a jusqu'ici revendiqué aucune attaque en Israël mais le Shin Bet estime que la menace existe.

Plusieurs Arabes israéliens accusés de liens avec l'EI ont été arrêtés dans le nord d'Israël et une cinquantaine d'Arabes israéliens se battraient actuellement dans les rangs de l'EI en Syrie et en Irak, selon les services de renseignement israéliens.