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Fidel Castro, la légende et l'histoire


Mercredi, 08-Fév-2017
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       Dernier survivant de la guerre Froide, Fidel Castro, qui avait fait rêver les révolutionnaires de la seconde moitié du XX ième siècle avec son compagnon Che Guevara s'est éteint à 90 ans en laissant le pouvoir à son frère, lui même bien âgé. Il laisse un pays instruit et en bonne santé avec un niveau de revenu très bas.       Les attaques contre son      régime dictatorial s'expliquent bien davantage par la guerre menée par Fidel Castro pour affranchir les peuples de l'influence des États Unis et autres puissances occidentales, et par son alliance avec Moscou, voir avec l'Iran, que par l'oppression dont souffriraient les Cubains. 
 
 

Un homme de Légende

Sa mort n'a pas été une surprise, cela faisait si longtemps qu'il était malade, il n'exerçait plus le pouvoir depuis longtemps, et c'était son frère Raul, dont on n'avait jamais entendu parler qui régnait à sa place. Mes relations avec "el Comandante" était si ancienne, que j'en ai la nostalgie, pensez donc, il était au pouvoir depuis 1959, j'avais quinze ans, l'année où je me suis ouvert à la politique. Cuba était pauvre alors, alors qu'aujourd'hui l'île manque de tout.

Les riches des États-Unis contrôlaient pas mal le pays, temple des casinos et de la prostitution, alors des grandes sociétés souvent des États Unis contrôlaient des terres et un peu ce qui avait de la valeur, et ils achetaient tout ce qu'ils pouvaient, y compris les dirigeants.

Sorti de la jungle, Fidel Castro, tout jeune, tout beau apportait la justice sociale, l'indépendance et la liberté. Il a nationalisé les plantations de Canne à Sucre qui appartenaient en grande partie à des multinationales US...  il a promis l'égalité et l'éducation, et il a tenu parole. Cuba aujourd'hui possède le plus gros taux d'alphabétisation d'Amérique Latine, il a formé suffisamment de médecins pour pouvoir en exporter.
               Avec un taux de mortalité infantile de 4,2 pour mille, l'île de la Caraïbe présente le meilleur indicateur du continent et du Tiers-Monde, reflétant ainsi la qualité de son système et l'impact sur le bien-être des enfants et des femmes enceintes.

Le taux de mortalité infantile de Cuba est même inférieur à celui des États-Unis et se situe parmi les plus bas au monde. Avec une espérance de vie de 79 ans, Cuba est l'un des meilleurs élèves du continent américain égal au Danemark, mais derrière la France et Israël (82 ans). En moyenne, les Cubains vivent 30 ans de plus que leurs voisins haïtiens.


Un hostilité constante des États Unis

En juin 1959, quelque cinq mois après le triomphe de la révolution cubaine, le gouvernement de La Havane promulguait une loi de réforme agraire qui assurait l'expropriation par l'Etat des vastes propriétés foncières privées. Avec cette loi, les compagnies sucrières américaines perdaient en fin de compte quelque 670.000 hectares de terres de choix et un gros paquet de millions de dollars en exportations futures de récoltes. L'année suivante, le président Dwight D. Eisenhower, citant l'« hostilité » de La Havane à l'égard des États-Unis, réduisit les quotas sucriers de Cuba d'environ 95 pour-cent, imposant par-là même un boycott sur le sucre cubain produit par l'Etat. Trois mois plus tard, en octobre 1959, le gouvernement cubain nationalisait toutes les banques et les importantes entreprises commerciales et industrielles, y compris celles, nombreuses, qui appartenaient à des sociétés américaines. -(1)

L'abandon du libre marché pour un système communiste a été perçu pars les États Unis comme une menace, non pas seulement en raison du marché Cubain qui était perdu, mais surtout en raison du risque de contagion à travers toute l'Amérique centrale et du Sud.

Pour justifier leur hostilité, les États Unis ont dénoncé la dictature communiste cubaine, pour 1960 on a compté plus de six cent condamnations à mort, mais cet argument est difficilement recevable, car Washington n'a jamais rompu ses relations avec des dictatures tout aussi dictatorialement dictatoriales... comme l'était le régime pourri de Fulgencio Batista

En avril 1961, sous John Fitzgeradl Kennedy, quelque 1.600 émigrés cubains de droite, entraînés et financés par la CIA et assistés de centaines de « conseillers » américains, envahissent Cuba à la "Baie des Cochons" dans le but clair de renverser Fidel Castro; Et c'est un échec total, la population refuse de les soutenir, et ils sont bientôt faits prisonniers. Le Régime s'en trouve consolidé.

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L'hostilité de Cuba aux États Unis n'est pas moindre

En février 1960, Cuba noue des relations privilégiées avec l'Union Soviétique, au mois d'avril, en juillet 1960 les raffineries US refusent de traiter le pétrole d'URSS, en représailles Fidel Castro nationalise les installations pétrolières...  ceci explique déjà la tentative de la Baie des Cochons, et en mai 1962, Nikita Khrouchtchev déclenche l'opération Anadyr : il envoie 50 000 soldats, trente-six missiles nucléaires SS-4 et deux SS-5 ainsi que quatre sous-marins à Cuba pour empêcher les États-Unis d'envahir l'île.

En octobre 1962, on a frôlé une guerre nucléaire, le président Kennedy refuse de voir des torpilles nucléaires pointées sur les États Unis, lance une blocus maritime, arrive au contact des Russes... un incident fatal était sur le point d'arriver.  Heureusement, des diplomates ont senti le danger mortel, et ont réussi a établir des liens directs entre l'URSS et les États Unis, les USA s'engageaient à ne plus tenter de renverser Fidel Castro et retiraient leurs missiles nucléaires de Turquie et d'Italie, et l'Union, Soviétique retirait les siens de Cuba. Cet échec apparent de l'URSS n'en était pas un, Fidel Castro devenait l'agent soviétique numéro un pour susciter les révolutions en Afrique et en Amérique Latine.

Les États Unis ont alors maintenu un blocus de Cuba, et les relations sont restées empoisonnées jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Obama

Avec Nasser (Égypte), Tito(Yougoslavie), Soekarno(Indonésie), Nehru(Indes) il dirigeait le mouvement des non-alignés qui entretenait partout dans le monde les mouvements nationalistes pour expulser les colonisateurs anglais, américains et français de partout où cela été possible.

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En 1961, Fidel Castro avait envoyé son premier bateau d'armes au FLN, alors qu'il n'était au pouvoir à La Havane que depuis deux ans. En 1962, il accueillera à Cuba Ahmed Ben Bella en ami et en héros. L'année suivante, on envoie des armes, y compris 22 blindés, et des soldats, pour assister l'Algérie dans la première « guerre des sables » qui est sur le point de l'opposer au Maroc. (2) D'ailleurs, Fidel Castro a armé le Front Polissario (Les indépendantistes du Sahara ex-espagnol, dont le territoire a été annexé par le Maroc) pour qu'il s'oppose au Royaume Chérifien.  Che Guevara va se charger de porter la révolution dans le reste de l'Afrique, qu'il parcourt pendant trois mois en 1964.

« En Afrique, nous pouvons infliger une lourde défaite à toute la politique des impérialistes… Nous pouvons libérer l'Afrique de l'influence des États-Unis et de la Chine ». Il s'est lié à tous les dictateurs d'Afrique, sans tenir compte ni de leur couleur politique, ni de leur moralité, il était l'allié des pires sanguinaires, à une seule solution : qu'ils soient les ennemis des États Unis.

Il s'est battu en Angola pour l'indépendance, et son action a précipité la chute du régime fasciste portugais, En janvier 1988, entre 20 000 et 40 000 Cubains, selon les sources, sont engagés aux côtés de 30 000 Angolais et 3 000 Namibiens, avec 600 chars en appui, des centaines de pièces d'artillerie, 1 000 canons antiaériens et des Mig 23. En face, l'armée sud-africaine. Après des batailles exténuantes pour les deux camps, l'Afrique du Sud reconnait l'indépendance de la Namibie, et Fidel Castro se retire d'Angola.

Puis Fidel Castro s'est retourné dans les années 2000 vers l'Amérique Latine, il a appuyé les mouvements anti États Unis, et a été un fidèle soutien à la Révolution Bolivarienne au Vénézuela, au Péru et partout où des présidents élus ont décidé de mettre à la porte les entreprises des USA, ou de nationaliser leur économie

Un homme fantasque

Fidel Castro a été un personnage excessif, ses discours étaient interminables, le dix octobre 1997, il a tenu le discours pendant six heures quarante cinq  !   !   on peut quand même interpréter ceci comme un mépris absolu pour ses auditeurs, avait-il pensé que certains d'entre eux pouvaient avoir envie de faire pipi ? 

Ses relations féminines sont si riches et complexes, qu'il est probable que des cinéastes vont s'en emparer lorsque les circonstances le permettront. En 2008, le New York Post l'avait appelé l'homme aux 35000 femmes, et parmi elles on a compté Gina Lolobrigida, dont les vieux croutons de mon âge ont admiré les seins légendaires.

Fidel Castro affirmait ne s'être marié qu'une seule fois, le 12 octobre 1948 avec Mirta Diaz-Balart, une étudiante en philosophie issue d'une famille aisée, mère de son aîné, Fidelito, physicien nucléaire de 67 ans. Il divorça en 1954 à sa sortie de prison. Il avait en même temps une maitresse qu'il adorait et admirait, Natalia Revuelta, « Naty », une jolie blonde mariée. Pourquoi s'est il fâché avec Mirta ?  les uns disent qu'il avait appris qu'elle travaillait pour les services secrets Cubain et qu'elle était chargée de l'espionner, et d'autres disent qu'il avait écrit des lettres enflammées à Mirta et à Natalia le même jour, et que les gardiens auraient volontairement inversé les lettres !  Allez donc savoir  !  Vous trouverez dans la revue de presse un article passionnant sur la vie sentimental de ce fidel pas très fidèle.

Castro et Israël

 Fidel Castro avait établi de bonnes relations avec Israël, et une excellente coopération militaire entre les deux pays jusqu'au début des années 1970. Lui-même avait déclaré en 1967 à l'hebdomadaire français Nouvel Observateur : «  Les vrais révolutionnaires ne menacent jamais d'exterminer un pays entier, en l'occurrence l'État d'Israël». Au sein de l'intelligentsia cubaine, Israël faisait débat car les généraux étaient favorables à Israël tandis que les dirigeants politiques prônaient la rupture des relations diplomatiques pour coller au mieux à l'Union soviétique.
Certains lui avaient même imaginé des racines juives, car Castro est un nom relativement fréquent dans la communauté d'origine séfarade.

  Après il a suivi les méandres de la diplomatie soviétique pour devenir très hostile.

Les États Unis soutenant Israël, le combat anti-impérialiste imposait donc un changement de cap, et Fidel Castro dès le début des années 70 a voté toutes les résolutions anti israéliennes qui passaient à l'ONU et Dieu sait qu'on n'en a jamais manqué.

En 2014, il a accusé Israël d'avoir commis un « Holocauste palestinien à Gaza », et décrit l'opération militaire israélienne contre le Hamas de « nouvelle forme répugnante du fascisme. »

Des efforts pour mettre fin au blocus

Cuba souffre du blocus américain, et la communauté internationale souhaite que la situation d'exclusion de Cuba cesse. Cuba ne doit plus être considéré comme pestiférée, cela profiterait à une normalisation du régime et à la paix dans le monde.

C'est comme cela qu'il faut voir les efforts du Vatican pour faire réadmettre Cuba dans le concert des nations. Fidel Castro restera l'homme qui a rencontré trois Papes. Reçu au Vatican par Jean-Paul II en 1996, il avait également reçu Jean-Paul II et Benoît XVI lors de leurs visites respectives à Cuba, en 1998 et en 2012. Et puis il avait discuté avec le Pape François le 20 septembre 2015. Une rencontre dans une ambiance informelle au cours de laquelle il avait notamment été question des atteintes contre l'environnement dont parle l'encyclique Laudato sì'.

A L'ONU, la majorité systématique anti israélienne, soutient unanimement Fidel Castro, et régulièrement condamne les États Unis qui maintiennent l'embargo sur Cuba. En 2007 ce sont 184 nations qui se sont prononcées en faveur de la levée de l'embargo. Seuls trois États y étaient opposés : les USA, Israël et les îles Marshall.

En mars 2016  Barak Obama s'est rendu à Cuba et a promis la fin du Blocus, Fidel Castro n'était plus au pouvoir et c'est son frère Raul qui était aux manoeuvres 

... mais rien de concret ne s'est passé, le blocus sera allégé, et servira de moyen de pression pour s'assurer de la sagesse de Cuba. Fidel Castro n'est plus là...  et l'histoire de Cuba continue

Une fin de règne pas très glorieuse

Fidèle Castro a encouragé tous les mouvements subversifs possibles, et a été l'ami des gens les moins recommandables, dans son pays, il n'y avait guère de liberté, et il y a plus d'un million de réfugiés Cubains aux États Unis. La légende selon laquelle ils sont des exploiteurs qui ont fuit les nationalisations ne tient pas plus que celle des Algériens qui affirment que les non musulmans qui ont fuit l'indépendance de l'Algérie étaient des colons «qui faisaient suer le burnous».

On a fait la fête à Miami quand on a appris le décès d'El commandante, parmi les crimes qu'on lui reproche, j'ai lu ceci : «Le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 civils et militaires cubains par décision de Fidel Castro, et vendus au Vietnam communiste au prix de 100 dollars le litre. Après la prise de sang, les 166 condamnés, en état d'anémie cérébrale, paralysés et inconscients, furent emmenés sur des brancards et exécutés. »  Les opposants politiques fusillés furent très nombreux, et il n'y a avait pas l'ombre d'une démocratie dans le pays. Comme l'a souligné Etienne Caubel : «Fidel Castro sera incinéré; les Cubains verront pour la première fois à quoi ressemble une urne».

 

Lors de ses funérailles, il n'y a eu que très peu de dirigeants : les présidents de l'Équateur Rafaël Correa, de Bolivie, Evo Morales, du Vénézuela, Nicolas Maduro, et du Nicaragua, Daniel Ortega, du Honduras, Juan Orlando Hernandez Alvarado, du Panama, Juan Carlos Varela, du Mexique, Enrique Pena Nieto, et le président colombien, Juan Manuel Santos. Le seul Européen était le grec Alexis Tsipras, et quelques rares africains : Les dirigeants du Zimbabwe, Robert Mugabe, du Kenya, Uhuru Kenyatta, de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, et de Namibie, Hage Geingob

La France était représentée par Ségolène Royale, ex-compagne de François Hollande, et ministre de l'écologie, elle a jugé diplomate de nier l'existance de prisonniers politiques à Cuba, ce qui a fait scandale. En fait il y en a très peu. En 2010, Amnisty en dénombrait 55, il y en aurait une centaine aujourd'hui, s'ils sont si peu nombreux, c'est par ce que les ennemis politiques ont été contraints à l'exil.

 L'histoire ne dit pas combien de femmes ont pleuré le Lider maximo à La Havane.

Son frère Raul prend la succession, il est aussi très âgé, il devra surtout assurer la transition vers l'après Castrisme. Tout le monde espère une évolution dans le calme vers plus de liberté et de démocratie, on espère aussi que les réussites en matière d'éducation et de santé ne seront pas saccagées par les successeurs.

Michel Lévy

Pour en savoir plus : voir Revue de Presse

  • Cuba,un modèle selon l'Organisation mondiale de la santé Salim Lamrani sur le site Opera-Mundi
  • Castro, le mauvais génie des dictateurs arabes Jacques Bennilouche
  • Mort de Fidel Castro : l'anticommunisme est un humanisme, sauf en France ! Gilles Goldnadel
  • Fidel Castro, l'homme aux 35000 femmes - Madame Le Figaro
  • Mort du «Comandante» Fidel Castro, Gérard Thomas Libération
  • Pour Fidel «Toute la gloire tient dans un grain de maïs» a dit Raul dans Histoire et Société
  • Pourquoi cette hostilité incessante des USA contre Cuba ? Par Michaël Parenti dans  Investig'action
  • En Afrique, la petite Cuba s'est donné un rôle planétaire Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional) LE MONDE

 


 

 

 

 

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