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Novembre à Beith Shemesh


Samedi, 16-Déc-2017
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Article imprimable en PDF  Je fais des séjours réguliers à Beith Shemesh où habitent des gens que j'aime, et chaque voyage donne lieu à de nouvelles observations et à de nouveaux étonnement. La ville grandit très vite. Nous avons aussi réussi à entrer à l'Université Hébraïque de Jérusalem, (sans concours, simplement en séduisant le gardien), et nous vous en avons rapporté quelques photos.
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Les lecteurs de Mivy commencent à connaître Beith Shemesh, cela fait de longues années que j'en parles, depuis que ma fille et son mari ont décidé d'y planter leur tente.

En route pour Tel Aviv

L'aéroport d'Orly Sud d'où nous sommes partis est comme d'habitude en perpétuelle évolution, c'est probablement pour cela que le parking est à perpette les ouailles.  Vite nous avons cherché le panneau d'embarquement :

L'aéroport montre une grande majorité de vols vers l'Afrique du Nord, et l'Amérique centrale, afin de faciliter la vie des voyageurs, les autorités d'Orly on traduit toutes les directives en anglais et en chinois. Les voyageurs apprécient, de toute façon pour les personnes ne comprenant ni l'anglais ni le français, les messages sont en chinois  !   !

On a ici un exemple de norme généralement vraie, les chinois sont très nombreux, et il est logique de penser à eux, seulement, aucun vol d'Orly Sud ne part vers l'Asie où ils vivent, et je n'ai pas vu un seul chinois dans le hall d'embarquement. Il aurait été plus logique de mettre en avant la langue arabe à Orly Sud quitte à mettre le Chinois à Roissy là où arrivent les passagers de Singapour, Pékin ou Canton. Voici un bel exemple de centralisation démocratique si cher à nos amis chinois.

Arrivée à Tel Aviv, nous étions presque seul pour le contrôle des passeports. Enfin, un petit quart d'heure nous a suffit pour arriver jusqu'à la jeune dame qui contrôlait les documents en examinant notre tête... sans chapeau s'il vous plait, la photo du passeport et son ordinateur.. tout était ok, sauf le sourire de la policière que je cherche encore.
L

 

Nous avons voyagé avec Transavia, la nouvelle compagnie filiale d'Air France, et nous en avons été totalement satisfait, au moins à l'aller, car au retour, il y avait pénurie de sandwich. Le paysage a été splendide, à l'aller nous avons survolé les Alpes enneigées, la Mer Égée et ses îles innombrables. Au retour, de nuit, nous avons survolé Dijon, et j'ai reconnu le plan de la ville tout illuminé, c'était superbe, mais le temps que je cherche l'appareil de photo, nous étions déjà loin  !

Beith Shemesh grandit comme un champignon

La ville grandit énormément, officiellement on parle de 110 000 habitants, et l'objectif est de doublé d'ici assez peu d'années. A côté du "vieux" Beith Shemesh où se trouve la gare, et des centres commerciaux, on a bâti les hauts de Beith Shemesh, ou Ramath Beith Shemesh, d'abord "Aleph" à 5 km de la ville, puis "Beith" entre Ramath Beth Shemesh aleph et le vieux Beith Shemesh, et "Guimel" après la ville.

J'ai eu énormément de peine à voir la campagne éventrée, et d'innombrables chantiers de maisons et de routes éloignant sans cesse la campagne devenue introuvable. 

 

Au milieu du sol rasé à nu, , apparaissent parfois des traces de villages antiques quelques fois protégés par des gardes fous de fortune.

A la limite extérieure des zones entièrement ravagées, bien après "Ramath Beith Shemesh Guimel" des fouilles archéologiques plus sérieuses sont entreprises.

La photo du bas permet de deviner à quoi ressemblait la végétation, et là habitaient des animaux sauvages comme le chacal qu'on entendait hurler la nuit, et toutes sortes de petites bêtes pas toujours bien sympathiques. Enfin c'était la nature avec ses épines, ses odeurs, et ses mystères.

Plus de deux cent étudiants ont fouillé un secteur particulièrement riche où on a trouvé des restes importants datant de la période du second temple.
Tous les bâtiments ont disparu, et les pierres ont été réutilisées. Les grandes maisons de ce village, dont le nom reste inconnu possédaient leur propre bain rituel, et on en a retrouvé six.

On a aussi découvert tout un réseau de tunnels ayant servi aux insurgés lors de la grande révolte de Bar Kochba contre les Romains (entre 132 et 135).

Qui vit

La maison de retraite en construction prend l'allure d'un monument magnifique.

Voici la palissade plus en détail, assemblage de photos

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La palissade, du plus bel effet est un montage où on remarque plusieurs erreurs, par exemple tout en bas, vous voyez une canne qui ne touche pas le sol, le paysage qui peut être auvergnat n'a que peu de chance d'être israélien, certaines kippas ont visiblement été rajoutées, et mieux, vous pouvez remarquer Bill Clinton en haut à gauche  ! 

Toutefois, ce qui est le plus frappant, c'est l'absence de femme, tous les personnages sont masculins, curieux pour une maison de retraite généralement peuplé surtout de femmes, et cela s'explique par la vision, ou plutôt l'absence de vision des juifs craignant Dieu, les 'Harédim qui sont incapables de résister à la vue d'une femme, quelque soit leur âge et leur virilité actuelle. Beith Shemesh s'enrichit d'une communauté judéo-américaine, dont la présence s'affirme tous les jours sur les Hauts de Beth Shemesh 1. (Ramath Beith Shemesh Alef), et les habitants du quartiers sont souvent de tendance "Modern Orthodox" ; c'est à dire qu'ils suivent les 613 mitsvoths à la lettre, mais ne rejette pas le monde moderne tel qu'il est. Les femmes de cette tendance n'acceptent pas cette ostracisme, et la palissade a été décorée de plusieurs affiches, dont voici un exemple : . 

Ce n'est pas la seule manifestation de l'opposition, on sait que les craignant Dieu ('Harédim), rejettent l'armée et refusent de faire leur service militaire officiellement pour ne pas avoir à côtoyer de femmes. J'ai pris cette photo en face de la future maison de retraite.

On peut lire en  hébreu sous le drapeau Tsahal = Honneur  !  Tsahal est l'armée de défense d'Israël.  Sur l'affiche en bleu, il y a aussi un message important : A Vendre !  l'immobilier est cher en Israël, et Ramat Beith Shemesh Aleph voit les prix s'envoler, surtout que des projets commerciaux importants sont en cours, on construit un grand centre commercial et on parle d'un parc d'agrément autour d'un "lac" qui devrait être plus petit que le lac de Genève.  Les francophones fuient ce quartier devenu trop cher et s'installent à Ramat Beit Shemesh Guimel, le nouveau quartier.  

Tout en restant elle même

Les magasins de Ramath Beith Shemesh ne vendent que des produits cachères, les habits sont "sniouth", c'est à dire respectent la pudeur, l'alimentation est surveillée par les bons rabbins, les affiches sur les murs sont typique, par exemple, ici, on lit un appel à la générosité pour les pauvres, et un appel du conseil rabbinique de tous les rabbins de la ville, qui s'est réuni d'urgence pour lancer un appel afin de sauver un mikvé (bain rituel) .... 
Comme d'habitude, sur les affiches, cherchez la femme ! pourtant comme pour les maisons de retraite, ce sont surtout des femmes qui fréquentent les "mikvé"

 


       On remarque par plusieurs signes que la ville est peuplée de personnes religieuses, par exemple, il est interdit de jeter le pain, aussi certaines personnes laissent sur des murets les tranches non consommées, qui peuvent servir de festin pour les oiseaux, les chats... et s'il y en avait les rats et les souris. Je n'en ai pas rencontré à Beith Shemesh !

Dans le magasin de téléphone, situé dans un box du parking situé au sous sol du super marché "Yesh" vous pouvez acheter à un prix raisonnable tous les téléphones cachères du monde, à un prix raisonnable, (divisez par quatre les tarifs affichés pour avoir les prix en €uro)... les smart phones, comme les télévisions n'ont pas leur place dans les familles très strictes, on risquerait d'y voir quelques fesses baladeuses, ou de lire des textes blasphématoires.

Cette contrainte n'interdit pas de téléphoner  !  voir de regarder son smartphone !


Il est très facile de se procurer des smart phone, on en vend plus qu'on en donne dans le vieux Beith Shemesh et ses nouveaux centres commerciaux ultra modernes.  Les jeunes israéliens comme les jeunes français en sont fans  !

Cependant, on voit beaucoup de monde emporter avec eux des livres religieux, soit pour faire ou continuer la prière pendant leurs déplacements, soit pour étudier. Ici, c'est à un arrêt d'autobus, et le jeune homme continuera sa lecture dans le bus qui le mènera peut-être à Jérusalem, Beith Shemesh est une ville de la grande banlieue de Jérusalem, il y a un bus toutes les dix minutes, mais à cet arrêt passent aussi de nombreux bus urbains. On est étonné de voir le nombre d'enfants et leur indépendance. Beaucoup voyages seuls en bus. En France, les parents sont beaucoup plus protecteurs. Les petits enfants israéliens semblent généralement indifférents au monde des adultes, jamais quémandeurs, rarement polis, ils vivent leur vie.

Le ministère de la santé a donné des directives pour éviter les insolations, les jeux pour enfants sont désormais couverts pour la plupart.

Comme tous les enfants du monde, les enfants de Beith Shemesh ont aussi leur smartphone  !  Toutefois certains jeux sont trop grands pour être couverts par des bâches.

Un petit tour à l'Université hébraïque

La ruse a payé, notre fille qui suit quelques cours de formation permanente en psychologie à l'université de Jérusalem a réussi à nous faire entrer à l'université. Le peloton de militaires qui gardait l'entrée était impressionnant, et en nous laissant passer, le responsable nous a bien fait remarquer que cette faveur était tout à fait exceptionnelle.

L'université est située sur le Mont Scopus, "Har Hatsophim", la montagne des éclaireurs ou des vigies, car du haut on domine toute la ville. Riche en histoire, c'est là qu'on a ont installé la première université hébraïque, et l'hôpital Hadassa. Le projet a été monté dès 1884, soit avant même le congrès fondateur du mouvement sioniste politique, l'université fonctionnait bien avant la guerre de 1914.   La colline a résisté aux forces arabes pendant la guerre d'indépendance, si bien qu'entre 1948 et 1967 la montagne a été une île israélienne en territoire arabe. Aujourd'hui, l'Université Hébraïque de Jérusalem fait partie des meilleures universités du monde, on y vient des États Unis, d'Europe d'Asie et d'Amérique Latine si bien que certains cours sont en anglais. Plusieurs prix nobel en sortent.

Nous ne sommes pas rentrés dans les salles de cours pour ne pas déranger, mais on nous a assuré qu'elles étaient super. Il y a de nombreux bâtiments et de nombreuses oeuvres d'arts offertes par des sponsors en général des États Unis

 

Les bâtiments sont modernes, et bâtis dans un écrin de verdure. Dans les grands hall, des marchands tentent fortune en vendant tout ce qui peut servir à des étudiants et étudiantes, en particulier des habits. On y trouve aussi des stands culturels, et une très belle librairie. Malgré son petit nombre de locuteurs, l'édition israélienne est très riche.
Les étudiants sont jeunes et beaux, comme partout dans le monde, les étudiants arabes sont nombreux, leur accès à l'université est favorisée, et ils profitent d'une discrimination positive.

 

 

 

     

Les jardins sont de véritables jardins botaniques, on y voit de belles plantes de toutes sortes.


 

Je ne peux pas vous montrer toutes les merveilles que nous avons vu en Israël mais j'ai quand même vu la mer, et on m'a photographié alors que j'hésitais..

J'étais en terre sainte, alors que faire ?  devais-je attendre que la mer s'ouvre, ou m'élancer pour marcher sur l'eau ?   ?

Qu'auriez vous fait à ma place ?

Michel Lévy