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Clandestins en Israël


Mercredi, 18-Avr-2018
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Israël craint l'immigration de populations musulmanes noires qui pourraient poser des problèmes à long terme, car le pays veut rester le foyer national juif. Des décisions à la limite du racisme ont été prises dans ces sens, et elles heurtent la sensibilité de ceux qui sont sensibles à la misère humaine. La situation israélienne est la caricature de ce qui se prépare partout en Europe et en Amérique du Nord, l'avenir ne s'annonce pas rose.
 

Le sionisme, mouvement national juif

Le mouvement sioniste est un mouvement nationaliste comme les autres né à la fin du XIX ième siècle, qui s'est développé d'abord là où les juifs formaient vraiment un peuple à part, en Europe de l'Est, et dans les pays islamiques, et là où les troubles de l'histoire ont donné lieu à de grandes tensions antisémites.

Les drames du XX ième siècle, l'Affaire Dreyfus, la révolution Russe avortée de 1905, la montée des fascisme, du nazisme, du nationalisme arabe ont convaincu un nombre croissant de Juifs qu'en fin de compte, ils n'étaient en sécurité nulle part. En même temps, lorsque tout allait bien, les juifs ont tendance à disparaître en tant que tels et à s'assimiler à la population au milieu de la quelle ils vivent.

Face à la double menace de disparition, d'une part par l'épée et d'autre part par l'amour, les sionistes ont pensé qu'un retour sur la terre ancestrale était la seule façon de sauver le peuple juif.

État Juif ou état des Juifs

De grands débats agitent la société israélienne depuis l'indépendance, le pays a imaginé pour être le pays des juifs, celui où ils pourraient s'exprimer nationalement, parler leur langue, vivre selon leurs fêtes, et ne plus craindre l'antisémitisme. Il a toujours été admis que des non-juifs pourraient y vivre à égalité de droits avec les autres, et tacitement, on comprenait bien qu'ils devaient se faire discrets, et si possible ne pas être trop nombreux, en tout cas, jamais majoritaires.

Avec la montée de la religiosité, et des mouvements politiques nationalistes, des voix de plus en plus nombreuses se sont fait entendre pour qu'Israël soit vraiment un état juif, c'est à dire régit par des lois de moins en moins laïques, en résumé Israël deviendrait juif, comme l'Algérie est islamique. Cette idée ne peut convenir à l'importante minorité musulmane représentant près de 20 % des citoyens.

Pendant ce temps, tout va mal dans corne de l'Afrique

La guerre fait rage au Centre Est Africain. Le Soudan pays musulman immense est divisé et souffre d'une guerre civile endémique, une révolte est écrasée dans le sang dans le Darfour, et on a accusé le chef de l'Etat Omar El Bachir de génocide. Le Sud chrétien et animiste a entamé une longue révolte, qui s'est terminée par la création d'un nouveau pays où les conflits tribaux ont continué, provoquant crimes sur crimes dans aucun espoir de stabilisation sur fond d'une misère incalculable. La Somalie n'a quasiment plus d'État, les milice djihadistes font ce qu'elles veulent, ce qu'elles peuvent, et le peuple ne vit que grâce à la drogue et par la grâce de Dieu. l'Éthiopie est prise dans les conflit et tente de surnager, ses provinces d'Érythrée ont pris leur indépendance en 1993, mais cela n'a pas calmé la situation, et Wikipédia décrit le pays comme une  prison à ciel ouvert.

Les Betas Israël, juifs d'Éthiopie

Il y avait une communauté juive en Éthiopie, datant probablement du premier temple, et arrivée par le Yémen tout proche, ils furent exfiltrés vers Israël à partir de 1984 avec l'aide de Tsahal, une fois en Israël, les juifs éthiopiens ont eu du mal à se faire reconnaître comme juifs par le rabbinat, ils tenaient à leur culture propre qui était plus ancienne que le talmud. Lors des opérations (voir revue de presse jointe), des israéliens ont du faire le tri, seuls les juifs étaient acceptés en Israël, or la misère était telle en Éthiopie, que refuser un passager était pour lui quasiment une condamnation à mort.

Plus tard, en Israël, les Betas Israël ont milité pour qu'Israël fasse venir aussi les falashmouras, d'autres éthiopiens convertis au christianisme par la force au début du XX ième siècle.

L'intégration de cette population africaine n'est pas facile, car ils ont vécu dans un univers culturel très éloigné des normes israéliennes, et la misère qu'ils ont subi n'a pas favorisé un haut niveau culturel. Les noirs israéliens se retrouvent dans les petits métiers, beaucoup travaillent dans la sécurité, dans l'armée où ils occupent les postes subalternes dans des entreprises de nettoyage. Le gouvernement fait des efforts importants, mais le prix du logement les a poussé loin des zones où il est facile de progresser.

Des musulmans et des chrétiens africains sont entrés clandestinement

Le départ des juifs vers Israël a donné des idées aux musulmans du Darfour, du Soudan, d'Erythrée, de Somalie ou d'Ethiopie, dans ces pays trop souvent en guerre civile ou étrangère la misère est telle qu'y rester est s'exposer à un grand risque, y militer contre la corruption vous met automatiquement en danger de mort.

Alors, on a vu des hommes, des familles se mettre en marche, depuis le Darfour au Soudan, depuis l'Erythrée, depuis le Sud Soudan... de toute la région, ils ont pensé que les juifs avaient du coeur. Ils connaissaient l'errance des juifs traqués pendant la shoah, ils avaient parfois vus des humanitaires israéliens très dévoués, ils savaient que les beta Israël étaient plutôt heureux en Israël, ils s'imaginaient les juifs riches et accueillants, et ne croyaient plus la propagande antisémite diffusée par les affreux de la région, Omar El Béchir où les milices djihadistes Shebab ou autres.

Les autorités israélienne se sont montrées très hostiles

L'idée d'accepter des immigrés noirs et musulmans ne plait pas du tout aux responsables politiques marqués "nationalistes", donc à la majorité au pouvoir depuis de longues années en Israël.

Si l'hôtellerie et un certain nombre d'entreprise ont profité d'une main d'oeuvre payée au noir et exploitée, rien n'a été fait pour régulariser la situation des demandeurs d'asile, mieux encore, des personnalité de droite insultent les migrants et déclarent que parmi eux, il n'y a que des réfugiés économiques. Ils en sont sûrs, car ils n'ont jamais étudié les dossiers.

L'Union européenne a reconnu les demandes d'asile de 90 % des Erythréens qui demandent le statut de réfugié et de 56 % des Soudanais, selon l'European Stability Institute. Israël a reconnu le statut de réfugié pour un Soudanais et 10 Erythréens, sur des milliers de demandes d'asile, soit un taux d'acceptation de 0,056 %, selon la Hotline des Refugees and Migrant Workers.

Cette attitude a crée de grands malaises au sud de Tel Aviv

Ce rejet a-priori s'est traduit par une absence d'accueil, qui a entraîné un afflux de malheureux sans emplois ni avenirs dans les quartiers les plus pauvres de Tel Aviv, et l'absence de moyens légaux de vivre a bien sûr favorisé les trafics en tous genres, la prostitution, la drogue et l'insécurité. Les voisins sont excédés, et exigent qu'on nettoie le quartier.

Des manifestations violentes ont eu lieu, de véritables ratonnades, dont certains juifs noirs ont aussi été des victimes collatérales.

La droite nationaliste au pouvoir flattant son électorat populaire a eu les yeux de Chimène pour les manifestants anti émigrés qui ont allé protester à Jérusalem, devant les lieux de pouvoir.

Le trois janvier 2018 le gouvernement laisse le choix entre le départ ou la prison

Une loi décidait que tous les immigrés clandestins célibataires auraient le choix, entre frecevoir 3500 $ et un billet d'avion pour un pays Africain, on suppose l'Ouganda ou le Rwanda. Ces pays recevraient aussi 5000 $ par immigrants reçu. En cas de refus, il serait condamné à vivre en prison indéfiniment.

Cette fois les réactions ont été contrastées, alors qu'une majorité d'israéliens soutenaient ces mesures, des solidarités actives et importantes se sont manifestées envers les immigrés, plus de 20 000 personnes ont défilées à Tel Aviv, et les communautés juives des États Unis se sont fortement mobilisées. Le desespoir a frappé les africains qui vivaient depuis des années en Israël, où ils avaient souvent établi des bonnes relations avec la population. On a compté de nombreux cas de suicide.

Devant le tollé, les états africains qui devaient recevoir les expulsés se sont rétractés. La cour suprême considéré qu'on ne pouvait pas maintenir en prison des innocents, inexpulsables car les pays sensés les accueillir refusaient d'ouvrir leurs frontières.

La proposition de Dov Maïmon

Dov Maïmon explique qu'Israël ne peut pas accepter ces immigrés, car ils feraient venir leur famille, et de 40 000 ils deviendraient des centaines de milliers. Or Israël a pour vocation d'être le pays des juifs, et il est déjà bien plein à cause d'une croissance démographique très forte (surtout des religieux juifs ou musulmans). Il faut donc laisser de la place au cas  où de nouvelles vagues d'immigration en provenance d'Europe ou des États Unis viendrait. Enfin, il ne faut pas faire des appels d'air, car une immigration noire et musulmane n'est pas facilement acceptée, et on risquerait une montée du racisme, comme on le voit en ce moment en Europe.

Donc, Dov Maïmon refuse d'intégrer tout le monde, il refuse aussi d'expulser tout le monde, il suggère d'intégrer le tiers des émigrants sur critère humanitaire, de favoriser l'installation au Canada d'une fraction des autres grâce à un partenariat avec la communauté juive locale, de former en Israël des spécialistes en toutes sortes de métiers très demandés sur le marché mondial, puis de créer une agence internationale de l'emploi chargé de caser ailleurs les diplômés, enfin de profiter des fermes expérimentales qu'Israël possède en Afrique, pour y installer des africains préalablement formés à une agriculture moderne.

Que peut-on prévoir ?

 

 

Israël n'est qu'un exemple d'un problème mondial. Les peuples sont inquiets devant la rapidité avec laquelle la mixité ethnique se développe. Partout en Europe les natonalistes et les partis xénophobes gagnent du terrain, et on voit bien que nous courrons au clash. En effet, la misère et les guerres ne cessent de ruiner les pays africains et musulmans, et les tyrans, parfois impérialistes passent pour de bons dirigeants, car ils évitent l'anarchie.

Toutes les personnes sensées savent que la solution n'est ni en Israël, ni en Europe, ni en Amérique du Nord, mais dans la stabilisation et l'enrichissement des pays d'où viennent les migrants. Ces régions pauvres ont souvent tout pour devenir riches, une population intelligente, des terres fertiles, des ressources naturelles, mais elles sont dirigées de façon calamiteuse, et des puissances étrangères, politiques ou économiques profitent égoïstement de la situation pour s'enrichir encore davantage.

L'idéal serait que les grandes puissances favorisent la prise de pouvoir d'une élite locale incorruptible et clairement préoccupée par le développement économique et humain de leur pays, mais ce n'est pas le cas, occidentaux, chinois ou russes se partagent les zones d'influence, et sont prêts à encourager n'importe qui, par n'importe quel moyen, pour empêcher d'autres de profiter de la situation. Des idéologies pernicieuses comme l'islam radical et l'antisémitisme sont cultivées afin de servir d'alibi à l'incompétence de dirigeants corrompus, alors que les nouveaux impérialismes turcs ou iraniens n'hésitent plus à provoquer des guerres pour asseoir leur soif de domination.

On ne peut pas être optimiste. les peuples continueront à souffrir, et les malheureux pour survivre seront prêts à affronter mille morts, tandis que les puissances stabilisées fermeront leurs portes et leur coeur.

On ne peut pas non plus être heureux tout seul, l'Afrique et le monde musulman ont aussi besoin d'avoir accès au bonheur et à la liberté.

Miche Lévy

Voir revue de presse et documents joints ici